‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 111 sur 193 · J28 J U G E BI E N T · texte numérisé non relu

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surtout rapproclier du style de la Théhaïde , celui des ouvrages que le grand Corneille produisoit à la même époque (i) , on sera étonné de l'extrême supériorité de B.acine. C'est donc rcladvement à ses clicfs-d'œuvre, que son coup d'essai paroît si médiocre ; mais à côté des produciioas de Quinault et des deux Corneille qui occupoi 'lit alors la scène avec succès, ce coup d'essai est l'ouvrage d'un grand poète. ,

Le défaut essentiel tic la TlicLaïde , c'est le défaut d'intérêt : les deux frères ont la même couleur, et sont également odieux-; Jocaste est monotone; les scènes ne sont qu'un tissu de longues conversations. Il faut en excepter quelques endroits où les interlocuteurs s'interrogent et se répondent vers par vers , quelquefois par des liémisticlies : sorte de dialogue serré et hrillant , très-familier à Sénèque , à Corneille , et dont les poètes grecs ont même fait beaucoup d'usage. Le rôle de Créon est froid et dégoûtant; ses amours sont insupportables, et ses folies à la fin de la pièce auroient suffi pour la faire tomber, si elles n'avoient été sous la sauve-garde particulière de la galanterie et du mauvais goût qui dominoient alors* Quelques tirades d'Etéocle et de Polynice , certains mor^ ceaux de Jocasie , et surtout la scène de l'entrevue dei deux frères au quatrième acte , scène qu'on peut regarde) comme la seule qui soit vraiment dramatique; enfin récit du combat des deux frères , voilà ce qui est dignér de la jeunesse de Kacine , ce qui n'eût pas désbonoré sort âge mûr, et ce que n'ont pu égaler ceux même qui, dé^puis Racine, ont fait sur le même sujet une tragédie meilleure que la sienne.

(i) Œdipe j Pcrlharite ^ Sophonisbe ^ elc.

Ce

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Ce sujet est fort ingrat pour nous , et n'inspire pas assez de terreur pour suppléer à l'intérêt. Cette affreuse famille éioit tragique pour les Grecs, elle n'est qu'odieuse pour des Français ; et c'est avec raison que Boiicau , eu parlant des qualités que doit avoir le héros d'un poème épique , recommande qu'il ne soit pas tel que Poljnice et son perfide frère.

Ces deux fils d'Œdipe et de Jocaste ne sont vraiment que deux misérables objets du courroux céleste, lesquels n'ont par eux-mêmes aucune qualité qui puisse engager le spectateur à plaindre leur sort ; ils ne montrent qu'une aveugle férocité, quele barbare instinct d'une haine atroce dont la nature est révoltée. Les deux frères sont deux bêles farouches toujours prêtes à se dévorer : il n'y a point là de quoi faire une tragédie dans notre goût et dans nos mœurs j il nous faut des seniimens et des passions plus nobles , de plus belles combinaisons de crime. Les Grecs aimoient à voir sur la scène les désastres de leurs anciennes familles royales ; leurs yeux se repaissoient avidement du spectacle de ces grandes infortunes, où senibloit triompher la rigueur inexorable du Destin. Ces étranges catastrophes inspiroient à la fois la pitié pour d'illustres malheureux, et la crainte des dieux auteurs de des calamités.

Euripide a traité le sujet de la Thébafde sous le litre des Phéniciennes, et on ne peut lui comparer aucun de ceux qui sont venus après lui : il est même bien supérieur à Eschyle, le plus ancien des tragiques qui nous restent. Eschyle a considéré sa matière eu guerrier plus qu'en poète : il n'a vu dans l'inimiiié des deux frères que le siège de Thèbes; il n'a peint que des opérations mili- TOME I. T

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taires. Sa tragédie intitulée les Sept Chefs devant Tliehes, est presque tout en récits, en descriptions, en détails de la tactique des sièges ; elle offre quelques grandes pensées , quelques traits admirables de l'eniliousiasme militaire. Tout le monde connoît ce morceau terrible cité par liOngin et traduit par Boileau :

Sous un bouclier noir sept chefs impitoyables Epouvantent les dieux de jermens effroyables ; Près d''un taureau mourant qu'ils viennent d'égorger, Te us, la main dans le sang, jurent de se venger : Ils en jurent la Peur, le dieu Mars et Bellone.

Le portrait de ces sept chefs , leur armure , leurs emblèmes , leurs devises rappellent souveiît l'idée de nos anciens clievaliers. Enfin, cette pièce composée dans l'enfance de l'art, où la rudesse et la barbarie se joignoient encore au sublime, est un ouvrage à part, qui n'a rien de commun avec les autres tragédies sur le même sujet; et Racine n'en a rien emprunté. Il est inutile de s'arrêter davantage à cette ébauclie. Ce qui mérite d'être considéré, c'est l'excellente tragédie d'Euripide, qui fut couronnée avec justice sur le théâtre d'Atliènes. Ce poète, le plus tragique de tous, au jugement d'Aristote, a trouvé le secret d'émouvoir puissamment la pitié pour des objets qui sembloient ne devoir inspirer que l'horreur : il a offert un tableau vraiment pathétique de tous les malheurs de cette déplorable famille, i-assemblés sous un seul point de vue. Il j a dans la pièce beaucoup de spectacle , une grande variété. L'exposition est très-vicieuse, puisqu'elle ne présente qu'une histoire d'Œdipe racontée par Jocaste, qui décline le nom de tous les personuages j mais

s UR LA THÉB AIDE. j^j

ce défaut est bientôt répare par une scène admirable nnuée d'Homère. On voit Antigone sur un balcon du' palais d'où l'on découvre le champ de bataille ; un vieux esclave cpx l'acoompagne lui nomme tous les chefs de 1 armée ennemie, illui montre Polynice, et cette tendre sœur, a l'aspect d'un frère chéri, fait éclater les senti mens les piustouchans. Le Tasse a. aussi imité cette scène dans la Jérusalem délivrée, et c'est un des beaux morceaux du poème.

le coup de maître d'Euripide, c'e.t d'avoir rendu PoI^u.ce .u,eressam : le .en.iment de sou ,„„||,eur, sa loule fienc, la juslice de sa cause contras.eut mer. eilleusèment avec la férocité, la perfidie et la rage amlntieuse dE eoele Cest uu priuce iulortuné, chassé du trône par un Irere , banni de sa patrie et de sa famille ; il vient ré clamer ses droits et sou patrimoine; Etéocle n'est qu'un usurpateur et un tyran. Rotrou, et Racine à sou exemple ont fa,t tout le contraire d'Euripide : ils ont donné a Poljntce un caractère encore plus dur, plus féroce et plus inexorable que celui d'Etéocio ; et par-là ils ont etou.fe tout le germe de l'intérêt. L'entrevue d'Etéocle et de Pol^utce est au second ace, parc. qu'Euripide a jdes matertau. suffisans pour remplir l- reste de sa pièce. Racine a fa,t paroitre souvent les deux frères , ce qui l'a engagé dans dos répétitions .^stidieuses. La scène unique d Eurtptde en est par là ,né,ne beaucoup plus précise e.kaausstplus d'action, plus de mouvement théitrai.' ^ outrée de Polynice es. frappante: il paroi, i'épée à la -=...; la trève ne peut le rassurer contre la perfidie de •0" re,-e; l'amour de la patrie et le désir de voir s, '"'"''•' '°'" ™Po«ésur ses justes craintes; la vue de

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Jocasie dissipe ses alarmes ; l'accueil que lui fait sa mère est très-pailiéiique. Je ne sais pourquoi Euripide 1 a faite si vieille. Peut-être a-l-il cru la reudre encore plus touchante: ce seroiile contraire dans nos mœurs. A l'aspect de Polynice (Acte ., Scène II)., elle s'élance vers lui

en criant : ^ «^ i^

« C'est donc toi , mou fiU ! Je te revo.s après un s.ecle „ de souffrances ! Viens, mouenfant, <jue je le serre contre „ mon cœur ! Presse do ton visage chéri mes ,oues s.l- „ lonnces par les larmes ! Laisse flotter ta clrcvclure sur „ mon sein ! Polynice, est-ce toi que j'embrasse .Faveur „ inattendue! Jour que je n'osois espérer ! Que d.re , que „ foire pour exprimer ma joie! Je n'ai point de paroles, „ point de caresses assez vives ! Je m'agite, je me con- ., sume, et mon âme ne suffit pas au sentiment du bon- „ Leur que j'ai retrouvé. (.) O monfils, on ta force d „ «.'abandonner ; l'injustice d'un frère t'a batnn de tes „ foyers! Que de regrets pour tes amis! Quel demi pou „ ,a patrie! Depuis ton exil j'ai coupé mes cbeveux; ce, ,. voLs lugubres, ces tristes vétemens de la douleur sont „ nra parure; je vis dans les ténèbres et danskshrmes.

f , 1 Le texte dit même que Jocaste saute de joie autour de son

s;: es hardies paroiLnt en français dénu.es du rhytW de l'harmonie et de tous les charmes de la -^'^^«P'^ -^^'^■ i demande grâce pour ces essais: avant <1; - ^^ ^^ ' qu'on les compare avec ce qu'ont dc,a fa.t les aut.es ducleurs.

SUR LA T H E B A I D E. l53

» J'entends au fond de ce palais les cris du mallieureu:: » vieillard privé de la lumière, privé de ses eafans ! (i) » Dans son désespoir, laniôt il saisit un glaive pour se j) percer le sein , tantôt il prépare un nœud fatal pour » étouffer un souffle de vie qui lui reste encore. Ses ré- » raissemens sont mêlés d'imprécations contre ses fils 5 et, i) comme s'il manquoit quelque chose à nos maux, j'ap- )i prends que mon cher Polynice a goûté avec une femme j) étrangère les premières douceurs de l'hymen : il s'est » choisi loin de nous d'autres parens, une autre famille, 3) une autre patrie ! O douleur insupportahle pour une 3) mère! Ma main n'a point allumé le flamheau nuptial ! }) Le fleuve Ismène n'a point reçu dans ses ondes ta nou- » velle épouse ! Thèbes n'a point retenti des chants d'hv-. )) menée! Périssent les lances argiennes! Périsse votre fu- » neste discorde ! Périsse la maison d'Œdipe, objet du » céleste courroux, et dont tons les fléaux ont retombé » sur moi !

POLYNICE

» Ma mère , j'ai peut-être été imprudent quand je suis 3) venu au milieu de mes ennemis (2) ; mais j'ai cédé )) au désir de revoir la patrie , désir si naturel à tous les 3) hommes. Que la patrie est chère aux malheureux ban- ))nis! Ils l'accusent en vain, leur cœur se tourne vers » elle. J'avoue qu'en entrant dans ces murs j'ai redouté la

CO J'ai été obligé de retrancher ici quelques idées accessoires qui refroidissent la scène.

(2) Le texte offre ici un sens équivoque : on ne sait si Polynice veut parler de sa retraite à Argos^ ou de son enirée r]ans. la ville où commande Etcocic.

« perfidie de mon frère; j'.ai tire' mou e'pe'e, ei je marcliois j) avec défiance, tournant de tous côtés des regards in- 3) quiets; mais la trêve et ma confiance en vous ont dis- )) sipé mes alarmes. Me voilà donc revenu au séjour de )) mes pères ! Mes yeux se remplissent de larmes à l'asî) pect de ce palais, que je revois après une si longue )) absence ! Je reconnois ces autels de nos dieux domesti- )) ques , ces gymnases où je fus élevé , les bords chéris de )) la fontaine de Dircé. Hélas, injustement chassé de ma •>■> terre natale, j'habite une ville éti'augère; et, pour comî) ble de douleur , je vois ma mère plongée dans l'afflic- » lion et dans le deuil! O mère infortunée, qu'il est cruel )) de ne trouver que de la haine dans le cœur de ses amis )) naturels ! Qu il est difficile de réunir des parens deve- » nus ennemis ! Que fait mon malheureux père habitant )) des ténèbres? Que font mes sœurs infortunées? Sans » doute elles pleurent mon exil.

3> Un dieu cruel , mon fils , a perdu notre famille : les « plus saints devoirs, les plus augustes fonctions delà na- » lure sont devenus pour nous des crimes. Mais écartons « des souvenirs affreux, soumettons-nous à la volonté su- » prème des dieux. Mon fils, je brûle de vous interroger, )) mais je crains de vous affliger. Permettez-vous à une » mère d'épancher son cœur dans votre sein?

POLYNICE

» Parlez ; vos désirs sont les miens : découvrez-moi )) vos sentimens.

)) Eh bien, mon fils, je commence par ce qui m'inié^

SUR LA THEBAIDE. 10^

» Ycsse le plus. Vous avez bien souffert daus votre exil?

POLYNICE

» J'ai souffert des maux que l'on seat mieux qu'on ne » peut l'exprimer.

» Dans votre situation, qu'avez-vous trouvé de plus i) douloureux?

POLYNICE

)) De n'être pas libre.

» Quoi, mon fils, pour être exilé est-ce qu'on devient » esclave ?

POLYNICE

)) On devient le flatteur du prince qui vous donne un M asile.

» Qu'il est dur de supporter et de partager des folies )> qui nous déplaisent !

POLYNICE

)) On est asservi à l'intérêt , à la nécessité.

» Les exilés, dit-on, se repaissent de belles espérances.

POLYNICE

» Oui, elles sont belles, mais qu'elles sont lentes à s'ac- )) complir !

» Et le temps n'a-t-il pas fait reconuoître combien » elles sont trompeuses ?

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POLYNICE

)) Le malheureux y trouve toujours un cliarme secretç

)) Mais avant que l'hymen vous offrît une ressource , » comment avez-vous pourvu aux premiers besoins de » la vie?

POLYNICE

)) Souvent je me suis vu réduit aux dernières extré- }) mités de la misère, (i)

» Quoi , vos amis , vos hôtes

POLYNICE

» Ah , dans l'infortune il n'y a point d'hôlcs , point )) d'amis; il n'y en a que pour les heureux! »

De là, Polynice s'engage dans le récit de ses aventures à la cour d'Argos: récit très-intéressant pour une mère, et qui seroilinsupporiahle sur un théâtre français. Les Gi'ecs, amis de la nature et delà vérité , croy oient qu'ils dévoient entendre avec plaisir ce qui intéresse .Tocaate, puisque c'est pour Jocaste et non pas pour les spectateurs (jue Polynice est censé parler. Les Grecs avoiont peu d idée de ce que nous appelons noblesse et dignité théâtrale ; ils ne la fai-

(i) Ces détails paroissent indignes d'un prince, et d'un prince tragique. Les princes de ce temps-là éloienl bien près de l'humanité ; et les princes tragiques paroissoicnl plus touchans quand ils se rapprochoient de la nature. Dans nos romans français, comme dans nos tragédies, le malheur de n'avoir pas de quoi vivre n'est jamais compté pour quelque chose j dans le monde, c'est le plus grand de tous.

SUR LA T H É S A I D F. loy

ùent pas consister dans les mêmes choses que nous; exiiemement sévères sur ce qui concerne la pudeur des femmes et les bienséances du sexe , ils ne regardoient ja-^ mais comme ignoble dans les seniimens ce qui est simple, naturel et vrai ; ils pensoient qu'un béros peut avouer sans s'avilir qu'il a éprouvé la misère. Polynice ne rougit pas de convenir que les richesses sont plus nécessaires à r homme que la gloire ; que la noblesse sans argent n'est lien, et que s'il revient avec une armée, c'est pour recouvrer son patrimoine autant que son troue. Ce n'est pas le beau idéal: un chevalier français qui parleroit ainsi seroit sifflé. Jamais personne ne s'est avisé de songer si Tancrède proscrit, rentrant dans Syracuse, a de quoi payer son diner : il y pense encore moins lui-même. Jamais tous ces grands guerriers n'ont besoin d'argent; et ils sont toujours assez riches quand leurs maîtresses sont Cdelles. C'est ici qu'il faut de la philosophie. Les Grecs ne pensoient pas comme nous. De quel c6:é est le tort? Des deux côtés : ils étoient trop naturels; nous ne le sommes pas assez. Il s'agiroit de savoir quel est le moindre tort , d'être trop près de la nature, ou d'en être trop loin.

Le Polynice grec du moins est intéressant; et notre Polynice français , le Polynice de Eacine, qui parle toujours comme un héros de Corneille, n'intéresse point du tout avec son grand ton et son air de conquérant. Le Polynice grec est honnête: il ne demande que ce «lui lui appartient; c'est avec douleur qu'il se' voit forcé d'assiéger sa patrie , pour contraindre Etéocle à lui céder la place au tronc de ses pères ; li n'étale aucune de ces maximes cruelles et lyranuiques du Polynice français; et si l'on a quelque chose à lui reprocher, c'est pout-êire d'être plus ver.

tueux et plus aimable qu'il n'appartient à un fils d'Œdipe. Eléocle , au contraire, est dur et ierocc: il ne se donne pas même la peine de colorer son injustice ; il ne déguise point son ambition ; le trône a pour lui trop d'appas pour qu'il consente à l'abandonner à son frère. « Je le ), garde pour moi,dit-il, (Acte 2, Scène III), etjeserois .) un lâche de me dépouiller moi-même du bien que )) je possède. Et d'ailleurs , quel opprobre pour moi de )) me laisser ainsi arracher mon sceptre par la force des )) armes ! Quelle honte pour Thèbes de paroître trera- » bler devant les lances de Mycène 1 Ce n'ctoit pas à main M armée qu'il devoit venir traiter de la paix : pour ter- ; miner un différend, la parole n'est pas moins puissante » que le fer. Qu'il établisse, j'y consens, son séjour à .> Thèbes, mais qu'il ne se flatte pas de me voir jamais n son esclave, dans les mêmes lieux oh je puis être son )> maître. Ainsi, que les feux s'allument, que le glaive .) brille ; attelez vos coursiers , hérissez la plaine de chars : « je n'abandonne point mon trône. Si jamais on peut vio- » ïerla justice, c'estpour régner qu'il est beau d'être injuste; » dans tout le reste Û faut être vertueux. » (Maxime fameuse que Jules-César avoit toujours à la bouche et qu'il a si bien pratiquée. )

Jocaste prêche son fils sans pouvoir le convertir. Cette respectable mère enseigne une excellente morale sur l'égalité, sur la justice, sur la médiocrité; mais ce genre de philosophie est déplacé dans un pareil moment : Etéocle n'est pas capable de l'entendre. Cette partie du discours de Jocaste est peu théâtrale. Les Grecs aimoieut les raisonnemens , les discussions subtiles ; en cela ils avoient un mauvais goût. Les froides réflexions de Jo-

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