‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 13 sur 193 · XXXIV VIE · texte numérisé non relu

XXXIV VIE

Mothe le Vayer. Boileau , dont les satires étôîetii un titre d'exclusion , reçut bien plus tard cet honr.eur. On attcndoit d'un académicien tel que Racine , un discours de réception digne de sa renommée. Tout le monde fut trompé : le récipiendaire parla d'une voix si foible , avec tant d'embarras et de timidité, que la harangue fut presqu'entièrement perdue pour les auditeurs. M. de Golbert, qui s'étoit l^endu à l'académie ce jour-là, pour jouir de l'éloquence d'un homme dont la poésie éloit si admirable, entendit à peine quelques mots. Le fait paroît presqu'incroyable. Goinnient un homme doué d'un organe aussi sonore et d'un si grand talent pour le débit, a-t-il pu être assez subjugué par la crainte pour perdre en un instant toutes ses facultés, à moins qu'on ne suppose qu une indisposition subite lui en ait ravi l'usage? Quoiqu'il en soit, ce discours n'existe pas ; c'est du moins un indice que l'auteur lui-même n'en fut pas content. Cependant ceux qui nous restent doivent nous faire regretter celui qui nous manque. L'orateur prit sa revanche en 1678 : le discours qu'il prononça au nom de l'Académie française , à la réception de M. l'abbé de Colbert , charma toute rassemblée.

Le grand Corneille étant mort le premier octobre 1684 5 il s'éleva une dispute entre le directeur de la veille et celui du lendemain, à qui seroit chargé du service funèbre que l'Académie étoit dans l'usage de faire, célébrer pour honorer la mémoire des académiciens. Racine étoit le directeur du lendemain, et prétendoit à cet gfîice, puisqu'il se trouvoit en charge au moment

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