‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 174 sur 193 · TOME I. T · texte numérisé non relu

TOME I. T

Il faut , s'il est vrai que l'on m'aime , Aimer la gloire autant que je l'aime moi-même, Ne m'expliquer ses vœux que par mille beaux faits. Et haïr Alexandre autant que je le hais; Il faut marcher sans crainte au milieu des alarmes ; Il faut combattre , vaincre , ou périr sous les armes. Jette , jette les yeux sur Porus et sur toi; Et juge qui des deux étoit digne de moi. Oui,Taxile, mon cœur, douteux en apparence ,(1) D'un esclave et d'un roi faisoit la différence. (2) Je l'aimai, je l'adore; et puisqu'un sort jaloux Lui défend de jouir d'un spectacle si doux , C'est toi que je choisis pour témoin de sa gloire : Mes pleurs feront toujours revivre sa mémoire ; Toujours tu me verras, au fort de mon ennui , Mettre tout mon plaisir à te parler de lui.

Ainsi je brûle en vain pour une âme glacée :

Andromaque:

Vil espoir si charmant me seroit-il permis ? AcT. I , Se. 4- Dans l'un et l'autre endroit , c'est une expression galante qui convient au roman plus qu'à la tragédie. (1) OiiijTaxile, mon cœur, ^o«fe«j: en apparence, Douteux ne peut signifier incertain , Jlottant , irrésolu: dans ce sens c'est un barbarisme.

(i) D'un esclave et d'un roi faisoit la différence.

VARIANTE

D'un lâche et d'un héros faisoit la différence.

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