‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 45 sur 193 · JOCASTE, ANTIGONE, CREON, OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE, ANTIGONE, CREON, OLYMPE

Qu'AVEZ-VOUsfait, Madame, et par quelle conduite Forcez-vous un vainqueur à prendre ainsi la faite? Ce conseil va tout perdre.

Il va tout conserver ; Et par ce seul conseil Tlièbes se peut sauver.

Et quoi, Madame, et quoi, dans IVtat où nous sommes , Lorsqu'avec un renfort de plus de six mille hommes, La fortune promet toute chose aux Thébains, (2) Le roi se laisse ôter la victoire des mains !

La victoire, Crëon , n'est pas toujours si belle ;

(i) Faites ce que j'ordonne , et venez sur mes pas.

D'après un ordre aussi formel , Créon devroit quitter la scène et suivre Etéocle. Il reste cependant j et ce n'ost qu'après une longue conversation , qu'il se souvient que le roi lui a commandé de venir sur ses pas.

(2) La fortune promet toute chose aux Thébains , Toute c/tose est bien foible.

La honte et les remords vont souvent après elle. Quand deux frères armés vont s'égorger entr'eux j Ne les pas séparer, c'est les perdre tous deux. Peut-on faire au vainqueur une injure plus noire , Que lui laisser gagner une telle victoire ? c R É o N.

Leur courroux est trop grand (i)

Il peut être adouci.

Tous deux veulent régner.

Ils régneront aussi.

On ne partage point la grandeur souveraine,

Et ce n'est pas un bien qu'on quitte et qu'on reprenne.

L'intérêt de l'état leur servira de loi.

L'intérêt de l'état est de n'avoir qu'un roi , (2)

(i) Leur courroux est trop grand

Ce dialogue serré est dans la manière de Corneille, que Racine s'efiorçoit alors d'imiter.

(2) L'intérêt de l'état est de n'avoir qu'uu roi,

Cette tirade , dans le goût de Corneille , est digne de Racine : elle est pleine de sens et de vigueur. La comparaison qui la termine , quoique très-belle , est ici uu ornement ambitieux , peu couYe^able au stjle tragique.

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