SCENE IL
J o c A s T E seule.
jLJureront-ils toujours ces ennuis si funestes? ïsT'épuiseront-ils point les vengeances célestes ? Me feront-ils soufïrir tant de cruels trépas , (2) Sans jamais au tombeau précipiter mes pas ? O ciel , que iç.?> rigueurs seroient peu redoutables. Si la foudre d'abord accabloit les coupables !
(i) Si toutefois on peut l'être avec tant d'ennuis.
VARIANTE
Si pourtant on peut l'être avecque tant d'ennuis.
Les deux manières sont également défectueuses ; il sembla inême que la première étoit moins mauvaise j elle n'avoit que le défaut de faire avecque de trois syllabes ^ ce que l'usage autorisoit encore à cette époq'aej dans la seconde manière que Racine préféra , le vers manque de césure y ce qui est un vice plus considérable.
(2) Tant de cruels tre'pas , Trépas n'est pas usité au pluriel j mais peut-être n'y auroit-il pas d'inconvénient à lui laisser en poésie les deux nombres, pour la commodité de la versification. Cependant Racine , dans ses bonnes pièces, s'étant abstenu de cette licence, paroît l'avoir condamnée; et le plus sûr est d'imiter son exemple. Il faut toujours prendre garde d'encourager la négligence du poète , sous prétexte d'enrichir la langue poétique.