ACTE III^ SCENE IV
II n'a qu'à prononcer, j'obéirai sur l'heure; Et Thèbe^ me verra, pour appaiser son sort; Et descendre du trône , et courir à la mort, c R É o N.
Ah, Mënécée est mort, le ciel n'en veut point d'autre ! Laissez couler son sang , sans y mêler le vôtre ; (i) Et puisqu'il l'a versé pour nous donner la paix. Accordez-la, Seigneur , à nos justes souhaits.
Hé quoi, même Créon pour la pak se déclare ?
Pom- avoir trop aimé cette guerre barbare, Vous voyez les malhem^s où le ciel m'a plongé : Mon fils est mort, Seigneur.
ii T JE o c L E.
Il faut qu'il soit venf^é.
CRÉON
Sur qui me vengerois-je en ce malhem- extrême ?
Vos ennemis, Créon, sont ceux de Thèbes même; Vengez-la, vengez-vous.
CRÉON
Ah , dans ses ennemis
CO Loissez couler son sang , sans y mèicr le vôtrej
VARIANTE
Faites servir son sang, sans v joindre le voire. TOME J.
66 LES FREPiES ENNEMIS;
Je trouve votre frère, et je trouve mon fils ! (i)
Dois-je verser mon sang, ou répandre le vôtre?
Et dois-je perdre un fils pour en venger un autre?
Seigneur, mon sang m'est cher, le vôtre m'est sacré ;
Sercii-je sacrilège , ou bien dénaturé ?
Souillerai-je ma main d'un sang que je révère?
Serai-je parricide, afin d'être bon père?
Un si cruel secours ne me peut soulager ;
Et ce scroit me perdre au fieu de me venger.
Tout le soulagement où ma douleur aspire ,
C'est qu'aumoinsmes malheurs servent à votre empire.
Je me consolerai, si ce fils que je plains
Assure par sa mort le repos des Thébams.
Le ciel promet la paix au sang de Ménécée ;^
Achevez-la, Seigneur , mon fils l'a commencée ;
Accordez-lui ce prix qu'il en a prétendu;
Et que son sang en vain ne soit pas répandu.
Non, puisqu'h nos malheurs vous devenez sensible , Au sang de Ménécée il n'est rien d'impossible. Que Thèbes se rassure après ce grand effort: Puisqu'il change votre âme , il changera son sort.
(i) Je trouve votre frère , et je trouve mon lils ! Il manquoit k Crcou , pour se rendre tout-a-fait odieux, d'être hypocrite en pure perte : on sait qu'il n'aime pas son ftls Hénion qui est son rival , el qu'il déteste Polynice qui s'oppose à ses vues an.bilienses. Il y a une dissimulation, une profondeur de scélératesse qui est théâlrale ; mais 1 hy poçrisie de Créon est ignoble et froide.