‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 8 sur 193 · DE JEAN RACINE. XT · texte numérisé non relu

DE JEAN RACINE. XT

donnent aujourd'hui que des poètes durs, secs et tristes.

Racine ne se contentoit pas de lire les anciens , il les traduisoit, il les conunentoit, il en faisoit des extraits : c'est ainsi qu'on fait passer ses lectures dans sa substance. Il traduisit le Bancpiet de Platon, dont il nous reste un fragment , fit plusieurs extraits de Saint-Basile et d'un grand nombre d'auteurs grecs et latins. Ces cahiers, garàns de la solidité des premières études de Racine , se conservent à la Bibliothèque Impériale (*) ; je les ai feuilletés et parcourus avec une sorte de respect , comme des monumens du zèle et de l'ardeur que ce grand homme a mis à s'instruire dans sa première jeunesse. J'ai observé les caractères que sa main avoit ti'acés : son écriture m'a paru belle et nette ; il excelle surtout à former les lettres grecques ; ses manuscrits sont aussi beaux que des imprimés.

Les livres grecs et latins que lisoit R.acine , et qu'il a chargés d'une foule de notes marginales , sont aussi devenus des objets de curiosité et de vénération. Son tils a gardé précieusement ces exemplaires , con- .sacrés par l'usage qu'en avoit fait son père : la plupart ne sont que de mauvaises éditions de Bâle , toutes grecques , qu'il achetoit de préférence , sa fortune ne lui permettant pas de se procurer les

(*) Qu'il me soit permis de témoigner ici ma recomioissance auxsavans dépositaires de ce trésor, et nommément à M. Langlès, garde des manuscrits , lequel m'a communiqué les richesses qui lui sont confiées; avec cette honnêteté et celte politesse qui le caractérise.

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