‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 84 sur 193 · X.'un ni fautre ne veut s'embrasser le premier · texte numérisé non relu

X.'un ni fautre ne veut s'embrasser le premier

Étrange ambition qui n'aspire qu'au crime,

Où le plus furieux passe pour magnanime !

Le vainqueur doit rougir en ce combat honteux ;

ment tout ce qui est commun et familier. Racine , en quelques endroits de cette magnifique scène, se laisse aller à des négligences qui annoncent la précipitation du travail. La Thébaïde fut presqu'un impromptu : Racine la composa slans ■pede in uno ; l'auteur avoit , pour faire des vers , une malheureuse facilité dont Boileau le corrigea.

(1) D'où -vient ce sombre occueil et ces regards fâcheux ?

Fâcheux n'est pas le mot propre. Le public n'étoit pas aWrs très-délicat sur le choix des expressions : le goîit n'étoit pas encore entièrement formé. Boileau et Racine ont fait pour la langue poétique , ce que Pascal et Nicole ont fait pour la prose.

(2) Et qu'affectant l'honneur de céder le dernier , L'un ni l'autre ne veut s'embrasser le premier?

Ce tour est pénible et embarrassé : le second vers est môme un galimatias ; premier et dernier forment une opposition puérile. Je répète même ici , que par égard pour Racine et pour les lecteurs , je n'ai pas relevé toutes les fautes de langage qui défigurent ce coup d'essai du plus pur et du plus correct de nos poètes. Cette série de critiques grammaticales seroit tout à-la-fois inutile et fastidieuse. Je serai plus sévère pour les ouvrages où les fiiutes sont plus rai'cs.

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