‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 88 sur 193 · ACTE IV, SCENE III. çji · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III. çji

Ne considérez point que je suis votre mère ;

Considérez en moi celle de votre frère.

Si de votre ennemi vous recherchez le sano-,

Rcherchez-eu la source en ce malheureux flanc.

Je suis de tous les deux la conunune ennemie ,

Puisque votre ennemi reçut de moi la vie ;

Cet ennemi, sans moi, ne verroit pas le jour.

S'il meurt, ne faut-il pas que je meure à mon tour?

N'en doutez point, sa mort me doit être commune;

Il faut en donner deux, ou n'en donner pas une;

Et, sans être ni doux ni cruel à demi,

Il faut me perdre, ou bien sauver votre ennemi.

Si la vertu vous plaît , si l'honneur vous anime ,

Barbares, rougissez de commettre un tel crime;

Ou si le crime enfin vous plaît tant à chacun.

Barbares, rougissez de n'en commettre qu'un. ' Aussi bien, ce n'est point que l'amour vous retienne

Si ^ ous sauvez ma vie en poursuivant la sienne : (i) , \ ous vous garderiez bien, cruels, de m'épargner,

Si je vous empêchois un moment de régner.

Poljnice, est-ce ainsi que l'on traite une mère? P o L Y N 1 c E.

J'épargne mon pays.

(0 Aussi bien , ce n'est point que l'amour vous retienne Si vous sauvez uia vie en poursuivant la sienne ;

VARIANTE

i Aussi Lien , ce n'est point que l'amitié vous tienne

! 5i vous sauvez etc.

; Le changement du premier vers ne rend pas la phiase plus élrganle , ni même plus claire.

ga LES FRERES ENNEMIS,

Et VOUS tuez un frère î

POLYNICE

Je punis un méchant.

Et sa mort, aujourd'hui , Vous rendra plus coupable et plus méchemt que lui.

POLYNICE

Faut-il que de ma main je couronne ce traître. Et que de cour en cour j'aille chercher un maître; Qu'errant et vagabond, je quitte mes états, Pour observer des lois qu'il ne respecte pas ? De ses propres forfaits serai-je la victime? Le diadème est-il le partage du crime?

Quel droit ou quel devoh' n'a-t-il point violé ? Et cependant il règne, et je suis exilé!

Mais si le roi d'Argos vous cède une couronne.... (i)

POLYNICE

Dois-je chercher ailleurs ce que le sang me donne?

(i) Mais si le roi d'Argos vous cède une couronne.... Racine avoit d'abord mis ce vers dans la bouche d'Hémon , de même que ceux— ci :

Qu''on le tienne , mon fils , d'un beau-père ou d'un père , La main de tous les deux vous sera toujours chère. En substituant seulement Seigneur à la place de mon fils, Hémon disoit Seigneur; mais le poète sentit depuis que ces vers convenoient mieux à la mère d'Etéocle et de Polj'nice ; qu'à un interlorutcur subalterne y tel qu'Hémon.

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