‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 94 sur 193 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

A N T I G o N E seule.

A QUOI te résous-tu, princesse infortunée? (i) Ta rcère vient de mourir dans tes bras ; Ne saurois-tu suivre ses pas, Et finir , en mourant , ta triste destinée ?

(i) A quoi te résous tu, etc.

Yoici des stances , et des stances fort longues : c'étoit alors H mode. Les poètes dans de pareils morceaux étaloient tout leur esprit pis accumuloient les pointes , les jeu. de mots les concetti, toutes les antithèses les plus propres a flatter le .nauvais goût. C'est pour de pareils morceaux que les acteurs véservoient leurs plus savantes grimaces, leurs tons les plus enflés et les moins naturels. Racine n'avoit alors que trop de penchant à se livrer à ces débauches de l'imaginat.on ; et dans les stances d'Antigone , il s'étoit tellement abandonne a sa ver^-e qu'il fut obligé d'en sacrifier plusieurs: sacrifice qm fut T,our lui très-douloureux. On n'a pu recouvrer qu'une de ces stances , laquelle méritoit bien assurément d'être retranchée j .nais le nom de son auteur donne du prix et de l'intérêt même aux plusanédiocres bagatelles sorties de sa plume , et les lecteurs nous sauront gré de leur remettre sous les yeux ce morceau dont les fautes ont été expiées par tant de chefs-d œuvre :

Cruelle ambition , dont la noire malice

Conduit tout le monde au trépas , Et qui feignant d^ouvrir le trône sous nos pas ,

INic nous ouvre cju un précipice , .

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