‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 95 sur 193 · ACTE V; SCENE L ,oi · texte numérisé non relu

ACTE V; SCENE L ,oi

A de nouveaux mallieui's te veux-tu réserver? Tes frères sont aux mains, rien ne les peut sauver

De leurs cruelles armes.

Leur exemple t'anime à te percer le flanc ; Et toi seule verses des larmes, Tous les autres versent du sang, (i)

Que tu caches d'egaremens !

Qu'en d'étranges malheurs lu plonges tes amans I

Que leurs chutes sont déplorables '.

Mais que tu fais périr d'innocens avec eux ;

Et que tu fais de uiisérahlcs ,

En faisant un ambitieux .'

(0 Et toi seule verses des larmes , Tous les autres versent du sang.

Dans la foule des antithèses dont ces stances sont hérissées , celle-ci est la moins excusable; mais il est curieux d'observer <]ue dans ce mauvais genre Corneille a produit des stances capables d'embellir une ode , tandis que les meilleures de Racine n'offrent que des pointes dignes tout au plus d'au vaudeville. Ce qui est peut-être plus étonnant encore , c'est que l'écrivain qui a fixé le goiitet la langue poétique, se complaisoit dans ces misérables jeux de mots ; c'est qu'il les regardoit comme très-dignes de son talent. Tout en déplorant la nécessité de retrancher quelques-unes de ces stances , il avoit dessein de les mettre en réserve comme des morceaux précieux pour une autre occasion. « J'ai tantôt achevé ce que i> vous savez, dit-il k M. Levasseur, et j'espère que j'aurai « fait dimanche ou lundi. J'y ai mis des stances qui mesatis- » font assez : en voici la première ; je n'ai point de meilleure « chose à vous écrire, n

Cruelle ambition, etc. ( Voy. la note précédente.) Apres avoir rapporté la strophe entière, Racine ajoute : « C'est un lieu commun qui vient bien à mon sujet j ne le )) montrez pas. Adieu, je souhaite que ma stancevous tienne

Quelle est de mes malheurs l'extrémité mortelle ! Où ma douleur doit-elle recourir?

Dois-jc vivre? Dois-je mourir?

Un amaut me relient, une mère m'appelle,

Dans la nuit du tombeau je la vois qui m'attend;

Ce que veut la raison, l'amour me le défend Et m'en ôte l'envie.

Que je vois de sujets d'abandonner le jour ! Mtiis, hélas, qu'on tient à la vie, Quand on tient si fort à l'amour!

Oui, tu retiens, amour, mon ame fugitive ; Je reconnois la voix de mon vainqueur.

L'espérance est morte en mon cœur.

Et cependant tu vis, et tu veux que je vive. Tu dis cpic mon amant me suivroit au tombeau, Que je dois de mes jours conserver le flambeau

Pour sauver ce que j'aime.

Ilémon, vois le pouvoir que l'amour a sur moi: Je ne vivx^ois pas pour moi-même,

» lieu (l'une bonne lettre

u Je n'ai pas grandes nouvelles à vous mander : je n'ai fait )) crue retoucher continuellement au cinquième acte. Il est » achevé. J'en ai changé toutes les stances avec quelque regret. )) On m'a dit <|ue ma princesse n'étoit pas en situation de » s'étendre sur des lieux communs 5 j'ai donc tout réduit à » trois stances, et j'ai ôté celle de l'ambition , qui me servira j) peut-être ailleurs. »

Lettres XX f" If I et XXJX. adressées à M. Leyassew:

( Voy. dans le dernier volume de cette (iJitioa , le recueil à&i lettres de llaciuc à ses amis. )

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