‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 10 sur 150 · I.XXIV PHILIPPE DESPnRTKS · texte numérisé non relu

I.XXIV PHILIPPE DESPnRTKS

Si tous li's soii^'cs ne soiil licri, C'esl tout un, ils me plaisoiil l)ion : J'aime une telle lromi)eiie.

llasle-loy donc pour mou conroii :

Oh le dit frère de la mort, 'lu seras pure île ma vie.

Mais, las! je le vais appelant, Taudis la nuit en s'envolant Fait place à l'aurore vermeille.

0 Amour! tyran de mou cœur.

C'est toy seul qui, par ta rigueur, Km|)esclies que je ne sommeille.

lié! quelle étrange cruauté!

le t'ay doimé uja liberté.

Mon cœur, ma vie et ma lumière, Kt lu ne veux pas seulement Me donner, pour allégement, l'ne pauvre nuit tout entière'

A-l-on rien fait de mieux depuis Despoiles ? A-l-oii jamais donné au vers français une allure plus vive, pins facile, plus moderne? La prestesse, la rapidité du uKiuveuient dislingue en général ses strophes et leur communique une yrAce particulière. Lisez, pour preuve, ce début que l'on chante presrpie malgré soi :

Douce liberté désirée.

Déesse, où t'es-lu retirée.

Me laissant en captivité?

Hélas ! de moy ne te détourne !

Itetonrne, ô liberté! retourne, lielourne, ô douce lil)erté!

Ton départ m'a trop fait connaître l.e bonheur où je soulois être.

Quand douce tu m'allois guidant, Kt que, sans languir davantage, .le devois, si j'eusse été sage, Perdre la vie en te perdant '.

On ailmire la même rapidité, la même souplesse de marche dans la pièce qui commence par cette strophe, et qtie sa lonyueur nous einpéche de reproduire ici :

Fay que je vive, ô ma seule déesse ! Fay que je vive, et change ma tristesse

En plaisir gracieux; Change ma mort en immortelle vie,

I Vovez la cli.-insoii !oul entière, jiage (27

ru IL HT E Dt SI' DUT lis. LVXV

tt fay, mon cirur, f|i:e mon anic ravie S'envole entre les dieux '.

Voulez-vous entendre des noies i)lus graves, mais soilies également du cœur, avec toute l'élorpience et toute la mélodie naturelle des sentiments vrais, qui communiquent leur allure spéciale aux mois dont on fait usage pour les exprimer? Ces stroplies majestueuses vous donneront une haute idée du poêle:

0 bienlient'iix ! qni peut passer sa vie Entre les siens, Iranc de haine et d'envie, Parmy les champs, les foresls et les bois, Loin du tumulte et du bruil populaire.

Et qui ne vend sa liberté pour plaire V^^ Aux foux désirs des princes et des rois

Il n'a souci d'une chose incertaine, H ne se paist d'une espérance vaine.

Une faveur ne le va décevant; De cent fureurs il n'a l'ame embrasée, Et ne maudit sa jeunesse abusée, Quand il ne trouve à la fin que du vent.

Il ne frémit, quand la mer courroussée Enfle ses flots, contrairement poussée Des vents esmus, souftians horribleinenl : Et quand, la nuict, à son aise il sommeille. Une trompette en sursaut ne l'éveille Pour l'envoyer du licl au monument.

L'ambition son courage n'attise,

D'un fard trompeur son aine il ne déguise,

Il ne se plaist à violer sa foy.

Les grands seigneurs sans cesse il n'importune;

Mais en vivant content de sa foi tune,

Il est sa cour, sa faveur et son roy.

Je vous rends grâce, o déilez sacrées

Des monts, des eaux, des foresls et des prées.

Qui m'exemptez de pensers soucieux,

Et qui rendez ma volonté contente,

Chassant bien loin la misérable attente

El les désirs des cœurs ambitieux.

L'amour, qu'il exprimait d'iialiiludc avec loiilcs !es suljlililés, reclierclies et pointes méiidionales, |irenail sous sa plume de la grâce ou de l'éloiiuence, de la force et de la vivacilé, dés qu'il abindonnail la lausse rhétorique des Italiens. On a Irés-

Suher, pa

lAXvi l'iiiiii'i'i; Il K si'(iiiTi;s.

|ii>lriiH'iil ;i|i|M'lr l'iilli'iiliiiii (lu IcctiMir ^ur liuis picccs cluiiiiKiiitt'.s. l.M Mll.mi'lli' ipii ili'linlc par cps mots :

l;(i/(>lli\ |i(iiir un |irii (l';il)sence, elc. ';

1,1 spuiliiclli' cliansi}!) dos .\niiiiirs ilc liane :

lii doux liail de vos yens, ô \n:t li'TC déesse, ulc. -;

ni le sixirinc soiiiiol clos Hrri/rrr :

Ali! iiinii Hieii, je me lueurs! il ne laiil |dus ;illeiidre, ele.

(Ml aiiinil pu ou signaler hoaiiconp d'aulrcs où ro,--piiT la iiiome vorilo, (pii inarclioiil avec la même prestesse et la mémo (losiiivolluro. Quoi de plus charmant que ccscouplcls :

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