‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 131 sur 150 · nivKRsr.s AMouns · texte numérisé non relu

nivKRsr.s AMouns

Sans rriR les dt^chilTrer jn s^ay (|u'ils veulrnt dire, C'est qu'à mes ducalons vous faites les douv yeux.

Quand je conte mes ans, Titlion n'est pas si vieux, Je ne suis désormais (piune mort qui respire; Touteslois vostre cœur de mon amour soupire, Vous en laides la triste et vous plai^mez des cieux.

Le peintre estoit un sot dont l'iynorant ca])i'ice Nous peignit Cnpidon un enfant sans malice, fiarni d'arc et de traits, mais nu d'accoustremens.

11 falloit pour carquois une l)0uise luy pendre, L'abiller de clinquans et luy faire respandre Unbis à pleines mains, perles et diamans.

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Ciarice aux blonds cheveux, qui send)loit eslrc nre Pour ravir les autels et la yloire à Cypris, Chère prison des cœurs, doux brasier des esprits, Kst nouvelle Angélique à l'ourque ' abandonnée.

Ce sont de tes beaux jeux, ô meschant liymenée. Qui l'emplis les amans tie sanglots et de cris! Le mérite et l'amour par luy sont à mespris, El la volonté libre en triomphe est menée.

Que de pleurs sans profit, que de dieux invoquez. Que de desseins rompus, que d'amours sullnquezl Elle, en ce desespoir, est un marbre immobile,

Reprochant sans parler au ciel sa cruauté, Et débat en son cœur : — Ha ! maudjte beauté, Tu m'es bien de nature un présent inutile!

ADIEU A 1,A l'OLOlGNE

Adieu, Poloigne, adieu, jdaines désertes, Tousjours de neige et de glace couvertes. Adieu, pays, d'un éternel adieu!

Ton air, tes mœurs, m'ont si fort sçeu desplaire, Qu'il faudra bien que tout me soit contraire, Si jamais plus je retourne en ce lieu.

Adieu, maisons d'admirable siructuie, Poisles, adieu, qui dans vostre clostiu'e Mille animaux pesle-mesle entassez.

Filles, garçons, veaux et bœufs tout ensemble !

' Monsire marin, dragon, larasque ; des mois italiens orcû et orni. qui ont tous les deux le même sens, à peu de chose près.

DIVERSES AMOUHS. 42.^

L'n tel mesnage à l'âge d'or ressemble,

Tant regretté par les siècles passez.

Qiioy qu'on me dist de vos mœurs inciviles.

De vos habits, de vos meschantes villes,

De vos espiits pleins de légèreté,

Sarmates fiers, je n'en voulois rien croire,

iNy ne pensoy que vous peussiez tant boire ;

l.'eussé-je creu sans y avoir esté?

Barbare peuple, arrogant et volage,

Vantenr, causeur, n'ayant rien que langage,

Qui, jour et nuict dans un poisie enfermé,

Pour tout plaisir se joué avec un verre,

Ronfle à la table ou s'endort sur la lerre.

Puis comme un Mars veut estre renommé.

Ce ne sont pas vos grand's lances creusées ',

Vos peaux de loup, vos armes desguisées. Où maint plumage et mainte aile s'estenri, Vos bras charnus ny vos traits redoutables, I-oui'ds Polonnois, qui vous font indomlables; La pauvreté seulement vous deffend.

Si vostre terre estoit mieux cullivée.

Que l'air fust doux, qu'elle fust abreuvée De clairs ruisseaux, riche en bonnes citez, F.n marchandise, en profondes rivières, Uu'elle eust des vins, des ports et des minières, Vous ne seriez si long-tans indomtez.

Les Othomans, dont l'ame est si hardie, Aiment mieux Cypre ou la belle Candie, Que vos déserts presque tousjours glacez; l'"t l'Alemand, qui les guerres demande. Vous dédaignant, court la terre l'Iamande, Où ses labeurs sont mieux recompensez.

Neuf mois entiers pour complaire à mon niaistre, Le grand IIenrv, que le ciel a fait naistie, Comme un bel astre aux humains flainl)oyai)l, Pour ce désert j'ay la France laissée, Y consumant ma pauvre ame blessée, Sans nul confort, sinon qu'en le voyant.

Fasse le ciel que ce valeureux prince Foit bien-tost roy de quelque autre province, Piiche de gens, de citez et d'avoir; Que quelque jour à l'empire il parvienne, rt que jamais icy je ne revienne.

Bien que mon cœur soit brûlant de le voir.

' Striées, rnniielées.

426 i> I V i: Il M> A M omis.

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MKDKCIN DU IIOV

AniiKii! niîs F/..4.vwrs s.i/.vrfcs

Amour, advisant cft porlniil, Tout souflain le perra d'un trail, Pour sn vanj^ei' des llamines saintes, Qui les siennes avoienl cslainles.

«Tu as mon ouvrage defTail, Dit le peinlie; Amour, (pi'as-lu fail, Laissant le vif, et ta sai.;('tte Perdant sur l'image muette? »

Amour icspond : « Je n'y puis rien; Rien n'y sert mon arc, mon lien; Si je l'approche, il tant me rendre.

Pour son art, ses vers et sa voix.

Au lieu d'un que je pense prendi-e, Je deviens esclave de trois. »

A M.\DEMOISliI,I-F. DE C II A ST E A U .N EL T '

Je ne veux désormais m'enquerir davantage Que lu peux avoir fait, larron malicieux, De tant de jeunes cœnis surpris en tant de lieux. Laissant rnesmes au ciel marque de ton outrage.

Tu nous les ravissois pour bastir cet ouvrage, Ce royal CHAsiEArNi uf, ton palais gracieux. Où lu vas reposeï-, las d'outrager les dieux, V retirant tes feux, les tiaits et ton cordage.

Devant ce CiiAbTKAUNEi'F, pour embellir le front, Tu i)ens les plus beaux co'urs, comme les cliasseurs fout Di s grands cerfs et sangliers qu'ù force ils peuvent pinidio.

Le mien s'y fust peu voir au plus haut lieu plani/' ; Mais pour ce que sans crainte il favoit résisté, 0 cruel, par despit tu l'as réduit en cendre !

SUll SON POr.TUAlT

A I. HE COLT, PEINTHE Dl' IlôV "

Tu t'al)uses, De Coui;, pensant représenter Du CiiASTEAuxEDF d'Amour la déesse immortelle;

1 Vovez la noie de l;i page 96.

2 Jean de Conr ou de Court, ailisle inaiiilenant peu connu. reiii|)lii(,a.

I.e ciel, peintre sravant, l'a portraite si IipIIp, Que son divin tableau ne se peut imiter.

Comment, sans t'esbiouyr, pourras-tu supporter De ses yeux llamboyans la planetle jumelle.' Quelle couleur peindra sa couleur naturelle, Et les grâces qu'on voit sur son front voleter.'

Quel or égalera l'or de sa blonde tresse ' Quels traits imiteront cette douce rudesse. Ce port, ce.teint, ce ris, ces attraits gracieux?

Laisse au grand dieu d'.^mour ce labeur téméraire, Qui d'un Irait pour pinceau la sçaura mieux pouriraire, Non dessus de la toile, ains dans le cœur des dieux.

POL'R .METTRE DEVA.\T U.N PETli.\UQUE

Le labeur glorieux d'un esprit admirable Triomphe heureusement de la postérité, Comme ce Florentin qui a si bien chanté Que les siècles d'après n'ont trouvé son sendjlablo.

La beauté n'est ainsi, car elle est périssable; Mais Laure avec ses vers un trophée a planté. Qui fait que l'on révère à jamais sa beauté, Et qui rend son laurier verdissant et durable.

Celle qui dans ses yeux tient mon contenlenient, La passant en beauté, luy cède seulement En ce qu'un moindre esprit la veut rendre iinuiorlellr'.

Mais j'ay plus d'amitié, s'il fut mieux écriv.iiit, Car sa Laure mourut et il resta vivant; Si ma dame mournil, je monrrnis avec elle.

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