I.o saii^; il'iiiii' Kuiic
Do libre (|U(' j'c.sinis il m'a mis on i)risiiM, Il a chassé bien luin la ilivinc raison,
Qui coiuluisoit mon aine; M a ronclu nirs yiMiv cnnomis ilv mon cuinr; l'csiois homme ilc i liair, et oi' par sa rigueur
Je suis bonuiie île llamc.
Ah ! prez où je pieuois lanl de contcnteuicnt, Je sens en vous voyant, dans mou oiUeiidement,
Mille nouvelles bresches!
Las! vous me soûliez plaire et vous me tourmentez; Voslri' veni m'est obscur cl vos douces beiuUez
Me semblent toutes sèches.
0 vie heureuse et libre! ô mon plaisir passé! Hé! pourquoy si soudain m'avez-vous delaissi'
D'une fuite inconnue?
Il vous, chefs désolez de ma calamité, Itiles, mes tristes yeux, où est ma liberté?
Qu'esl-ell(' devenue?
Or' mon pauvre tioupeau gist maigre e( languissant. Sans boire et sans manger, bellant et gémissant
Pour l'ennuy que je porte; Mon ciialumeau n'est jilus dans ces bois entendu, Et mon triste rebec est demeuré pendu
A ceste branche morte.
Las! ils ne sont pas seuls qui plaignent mou mallienr : Les rochers l'ont pleuré, les oyseaux de douleur
En ont fait mille plaintes; l'an mesme en a gemy, ayant la larme à l'd'ij. Et les nymphes des bois en ont porté le dueil,
De tristesse contraintes.
Mais qui me fait rentrei' en ce dur souvenii', Qui rafraîchit ma playe et sert d'entretenir
Mon rigoureux martire?
Quoyl mon cœur, d'endurer n'es-tu donc pas lassé? Et toy, mon triste esprit, l'ennuy que j'ay passé
Te doit-il pas suffire?
CARTELS ET MÂSOUARADES
l'OUH LtS ClIEVAMKllS UU l'IlEMX
.\V\ D A SI E s
Sous le ciel plus serain, vers l'heureuse contrée D'où part le beau soleil refaisant son entrée, Et où d'un leu plus doux ses rais sont allumez, Nait l'oyseau merveilleux, dont nous sommes nommez. Miracle de nature et son plus bel ouvrage. L'or, le pourpre et l'azur s'esclate en son pennagc ; 11 s'engendre soy-mesme, et presque en un moment Se sent vivre au berceau qui fut son monument ; Car lors qu'il a passé dix siècles de sa vie, Et que le cours du tans, dont la force est ravie. L'a rendu plus débile, au soleil recourant, Et couché sur le haut d'un palmier odorant S'olfre, heiu-euse victime, à la flame céleste, Pour renaislre plus beau de sa cendre qui icstc. Avantureux oiseau! de qui l'embrasement Et la vie et la mort naist du ciel seulemenl. I.' Amour qui dans nos weurs loge et prend non; ri I me, <tiseau tant renommé, tient de ceste nature : Il ressemble au phénix, son destin est pareil. Ou'on les nomme tous deux les oiseaux du solerl ; Car de deux beaux soleils vient la llamme inniioi li Ile, Qui de sa pro])re lin nostre amour renouvelle, Lors (pie les longs travaux, le tans ou la rigueur De sa lurce première ont domté la vigueur.
loi >l A h g 11 Ali A m s.
ItOMC, O MlU.-, nos boll'ils, pui' ([lll >(IMl I l'I (IMI IKTS,
Avec, un seul rt>f^aril loules nos desliuoi^s,
Uni nous l'ailes inonrii' «-l rnnaislre à l'iuslant,
(IdUMiuiniiv. dans un l'on ilont l'cspi'il csl ((nilaiil,
Oi"i|ii(' la longue |)oin(' en aimant suppoi iéc
ho nos jounrs <l('siis a la lorci; niatlùe,
Kl (ju'il scinlilc, (prAnioiu' dcclino en vicillissanl,
Cliassez la pcsanlour cpii le rend languissant!
liajeunisscz sa vie, 6 llanilieanx salutaires!
A et's eiidiraseriuMis nous courons volontaires,
liivoquanl vos rayons alin d'estr(' liriilcz,
lit d'un feconil Ircspas nous voir renouveliez.
Tiop heureux de penser que la llamnie divini ,
l.lui nous doit consnnnncr, ail iidesle oiisinc'
l'om; r \K ma^hi, ai; ahi. i>k i'aimNes
Asscinljlez-vou's, ù deïLez sacrées, De ces taillis, de ces eaux, de ces précs! Assend)lez-vous en ce lien pracieux, l'our recevoir trois divines princesses, Trois belles sœurs, inonorlelles deess(!s. Oui vont semant mille amours de leurs yeux.
Dessous leurs pas naissent les lleurs diieloses, Leurs doux re^^ards font esjjanir les roses, i'e bois en prend une vive couleur; Chacun des vens son haleine rc'tire, Fors seulement le gracieux zephire, Qui de soupirs allège sa chaleur.
Les chauds désirs, la jeuiiessc agréable. L'espoir craintif, la constance immuable, L heureu.x repos, les douces cruaulez.
Oiseaux légers voilent à l'entour d'elles. Et doucement éventent de leurs ailes Les feux cuisans (|u'allumenl leurs beautez.
Amour, captif d'une si belle liande.
De tous les lieux, où v.iin(|iieur il commande, A retire ses Ihresors précieux Dedans ces trois, qui font aux dieux la i^uerre; Aussi, durant qu'elles seront en terie, l>e paradis ne sera plus aux cieux.
Mon cœur, saisi de tlammeches nouvelles. Est si ravy de tant de choses belles, Ou'il a idaisir eu son nouveau tourmeni ; lleuieux (uii soutire en leur obéissance,
M A^ g L'AI! A II ES. -Soo
Puis que \o mal esl douce recoiniiansi'. Et la douleur vaut tout contentement!
Tu as en vain ta clarté retirée, Soleil .jaloux, dans la mer azurée Où tu languis eu paresseux séjour; Car loin de toy les beaux yeux de ces dames. Soleils kiisans, chauds d'amoureuses liâmes, Chassent l'omhrage et nous donnent le joui'.
VKUS RECITEZ E^ U .\ E MASQUAT, A lii:
11 n'est point d'autre liberté.
Hue d'estre serf d'une beauté.
0 nuict, du ciel la lille aisnée, Guidant tant d'asires nompareils, Si' veil-il onc une journée Luisanle en si divins soleils?
H n'est point, l'Ic.
Qui voit une Uoupe si belle Sans (ju'Amour le vienne toucher.
Il est lils d'une mirse ci'uelle, Ou porte une ame de rocher.
Il n'est point, etc.
Que d'amours en leurs beaux visages, iju'en leurs yeux vivent de trespas!
\utrefois de moindres cordages Ont tiré les dieux icy bas.
Il n'est point, etc.
D'un regard disposer des âmes, Vaincre et commander en tous lieux, D'iui glaçon tirer mille (lames C'est le moindre eflbrt de leurs yeux.
Il n'est i)oinl, etc.
Sont-ce pas de douces cnnlramlrb Qiie de servir si longuement'.' Jatnais nous ne l'erons de plaintes, Languissans d'un si beau tourment.
Il n'est point d'autre liberté, Que d'estre serf d'une beautéi
4,Sfi MA.sC'l AU AliES.
l'OI 11 MONSlEir. l.K l)\u: l)■A^JOlI CLs m;iis FiiiDNr hixtTi;/, i;n i,a (i)Miiim: m; i. a. hk iaii '
l.ors que le preux Achille csloit nilrc les dames, D'un habil féminin déguisé linenieut, Sa douceur af;ieal)l(> en cet accouslremeut Alhnnoit dans les cœurs mille amoureuses liâmes.
En voyant ses attraits, sa laeoti naluri>lle, l,es beaux lys de son teint, son (larler gracieux, I.cs roses de sa joué et l'esclair de ses yeux, On ne l'eslimoit pas aulre qu'une pucelle.
Mais, bien (pi'il suri)assast la plus parl'aile image, Qu'il eust la grâce douce et le visage beau, Le teint frais et douillet, délicate la |)cau, Il caclioit au dedans un généreux courage,
Dont il rendit depuis mille preuves certaines. Faisant sur les Troyens les siens victorieux, Et s'acquist tel renom par ses faits glorieux. Qu'il offusqua l'honneur des plus vieux ca|iitaines.
Ainsi ceste beauté qu'on voit en vous reluire Vous fait comme céleste ;'i bon droit admirer; Amour dedans vos yeux s'est venu retirer. Et de là droit aux cœurs mille lléches il tire.
Mais, bien que vous ayez une douceur naïsve, Et que rien de si beau n'apparoissc que vous. Que vos yeux soient rians, vosti'e visage doux, Vous avez au dedans une aine ardente et vive.
Et serez comme Achille au milieu des allarmes. Foudroyant les plus forts, tuant et traversant; Et, tout ainsi qu'un ours se fait voye en passant. Vous passerez par tout par la force des armes.
Heureux en qui le ciel ces deux thresors assemble, Qu'il ait la face belle et le cœur généreux! Vous, l'honneur plus parfait des guerriers amoureux, Nous faites voir encor Mars et Venus ensemble.
STANCLS A \A r.OY.Ni:
ro'. Il u.N Ballet he hou^e de ses fu.leï
l'onze filles d'Afrique, honneui de leur contice, In (jui du plus haut ciel la jiuissance est nionsirée,
' L'Antignnc Je Sophocle, liadiiile et représenlée lmi 1575.
MASQIÎAKAIIKS. 4.S7
Dont les yeux inninent tout et ne sont jamais pris, Avoient fait un dessein de passer leur jeunesse, Tousjours en liberté, n'adorant )iour inaistresse Que la chasteté seule empreinte en leurs espris.
Villes, si vous voulez (leur dit la voix certaine De l'oracle d'Ammon) vostre foy n'cstre vaine, Et qu'un si beau désir finisse heureusement, Il faut aller en France, où le ciel vous appelle. Là toutes les vertus, dont la gloii'e est si belle, Cou\Tent leur deïté d'un mortel vestement.
La royne du pays, en beautez admirable, Est la chasteté mesme; et vive et remarquable, Elle parle en sa bouche, elle luit en ses yeux. Passez vostre bel âge à si digne service, Et luy brillez vos cœurs en dévot sacrifice; C'est estre en liberté que de servir les dieux.
Elles s'aclieminoient au destiné voyage.
Toutes pleines de flame et d'aise en leur courage; Le travail leur est doux, espérant si haut pris. Lors que douze geans qui n'ont dieux que leurs armes, Marchans pour les ravir, comblent leurs yeux de larmes, De frayeur leur poitrine et leur bouche de cris.
Tout espoir leur défaut et toute aide céleste, (Juand ces petits guerriers, dont la taille et le geste Est semblable aux amours, courent à leur support ; Et, bien qu'un tel secours causast peu d'espérance. Leur bras eut tant d'adresse et leur cœur d'asseurance. Que les monstres cruels furent tous mis à mort.
Depuis, par leur conduite et leur force incroyable. Elles ont surmonté maint danger effroyable, .4vaut que d'aborder à ce port désiré; Mais tant de maux soufferts et de peines passées Maintenant à souhait leui- sont recompensées, Voyant l'astre immortel en leurs vœux adoré.
lioyne, honneur de nostre âge et sa gloire première. Si vostre œil tout divin est leur seule lumière, Adorans saintement son pouvoir nompareil, Favorisez le zèle et la foy de leurs aines; Et pour humble présent, vous, le soleil des dames, Recevez de leurs mains l'image du soleil.