‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 145 sur 150 · VI · texte numérisé non relu

VI

Tout le jour mes deu.Y yeux sont de pleiu's degoutans l'uis, quand la nuit paisible au repos nous appelle,

Imiîéil'iiii sonnet ilalieii qui débute ainsi :

Corne de dense nuhi esce lallior.i l.ntido lampo, e via raUo spariscc, f.osi r aima Li.Milil, per cui languisce Amor, s'nsii ilel suo bel cnrpn fora.

!■: i' 1 1 A l' Il I-: s . 4.ST

Ma doiilrui' r-'i^nveiiMiio el dcvienl si relieile, <ji|p (lu loiil Je mfi lasclio aux rogrels escl:ilnns.

Fn si pilous estai jo iles|)ense mon lans, M(^ paissant de num cœur, rpii sans fin ipiiouvcllc. Depuis que des liauls cieux l'ordonnance cruelle Des saisons de ma vie arraclia le printans.

Tel amas de tristesse en mon ame s'assemide. <Juc je n'y puis penser que d'horreur je ne Iremldi-. M'estonnant que mon cœur du fardeau n'esl donli'.

Mil despiteuse mort ! ah! rigoureuse viel L''\nie a presque eu naissant mon attente ravie, l.'antre icy me retient contre ma vidonté.

l'uis-je bien tant soiifliir mon ame esire caplivr. Pouvant rompre d'un coup sa caduque prison': l'iere loy des destins, injuste et sans raison De vouloir que par force un honmie en terre vive.

Quel espoir désormais faut-il plus que je suive.' .l'ay veu sécher mes Heurs en leur prime saison. Le doux miel de mes jours se changer en jioison, .Ma nef faire naufrage estant près de la rive.

0 mort! mon seul recours, qui t'esloignes de inoy I Las! si je suis mortel et subject à ta loy, .Ne m'espargne donc plus el me mets de Ion nombre.

La mort contre respond : « J'en ay l'ait mon devoij , .Mais sur les corps mortels seulement j'ay pouvoir, F.t ce qui fut ton coi'ps n'esl jihis maintenant qu'ombi !■

roMl'LM.NTI.

Contre I(î tans ma douleur se rend lorle, lit quand son cours toutes choses emporte. Elle y résiste el prend ferme racine Au lieu plus vif de ma triste poitrin(\

Loin tout conl'ort! .\u dueil qui me possède. Conseil, raison, espérance et remède, Comme ennemis mon esprit vous rejette, Car son angoisse à vos lois n'est subjelle.

Ue mes amis qu'un seul ne s'advanluie \ me parler fors d'une sépulture.

De sang, de mort, d'ombres noires et faillies, D'effroy, de cris, de soupirs et de plaintes.

Toute lumière est horrible à.ma veuë, lîien ue me plaist que l'ennuy qui nie tuë ;

-tSS Kl'll A rills.

I.a inurl in'ost jour, mon repos i'"(>sl ma pain •■. n;n\j'aimp mieux plus elle est inhumaine, o pauvre cdips ! jusiin'à ([uelle journée llelieudras-lii mon anie emprisormée F.n tanl lU' l'ers, la S'Ti'îml <pi'elle voile Api'es son liien, ilonl l'espoir me eonsole'.'

La seule mort a eansé ma tristcssr', La seule mort y pourra njeltre cesse, • j

Ne m'empesehanl |ilus lon;;uement de suivre» ' et autre moy, pour cpii j'.iimois à vivre. Toute (iouceiir de mon anie est bannie, .le me con.somme en langueur infinie.

Le eiel irie fasclie el rien u(> jieut me phiiii' Que de mon mal la mémoire ordinaire.

l'ier accident que sans lin j'imagine I Las! qui l'eustcrenl qu'une grâce divine, l'n port céleste, une beauté parfaite Si pronlenient par la mort bist desfaili'.'

Mais c'est l'erreur des oeuvres de naliiri'; Long-tans le beau sur la lei're ne dure, Le ciel jaloux aussi-tot l'en retii'C, Afin qu'en haut nos pensées il attire.

L'humaine vie ,'( bon droit se compare Aux vaines fleurs dont le jirinlans se pare, Au froid d'esté, an fueillage d'automne, El. au soleil quand l'hyver il rayonne.

Ta gloire, Anio>n', de tout )ioint est lombée ; La tiere mort ta trous.se a desiobée, llompu tes traits, dont ma playe est sortie, brisé ton arc et ta flamme amortie.

Ne vante plus ta puissance indontée; Toute victoire à ce coup t'est osiée.

fl'csl maintenant qu'aveugle on te peut dire. Ayant perdu l'astre de ton empire.

0 triste avril! à grand tort on l'appelh' Du plaisant nom d'Aphrodite la belle.

Mère d'Amour, par qui font prend naissance. Puis qu'en mon cœur tu meurtris l'espérance.

Las! que me sert la saison tant aimée, Oui le priutans est des autres nommée.

Si pom- serain ou pour chaleur qu'il face, le ne sens rien que nuages et glace?

Champs, prez et bois prennent tous eouleiu vr iIm, Seul p,ar le noii- je lesmoigne ma perte, Kt n'ay pour fW>urs, en mon ame ama.ssées, Que soncy double et fascheuses pensées.

EPITAl'UES. 489

lioiic que l'an change en saisons dilleiunles, Je seiay ferme et mes plaintes constantes; Et, quand le ciel sera plus clair de Haine, . Tousjours le dueil obscurcira mon ame.

COMPLAINTE l'OL'H LE ROI HEMîl 111

rSTA.NT A 1 MMAINEIILI AI , I.ILU Di; SA ^AlsfA^CI.

Lieux de moy tant aimez, si doux à ma naissance, Hochers, qui des saisons dédaignez l'inconstance,

Francs de tout changement; l'.fl'royahles déserts, et vous, bois solitaires, l'our la dernière fois soyez les secrétaires

De mon dueil véhément, .le ne suis plus celuy dont la grâce et la veuë llendoit reste contrée en tout tans si pourveué

D'amours et de plaisirs ; tjui donnoit à ces eaux un si plaisant inuniiure, Tant d'émail à ces picz, aux bois lant de verdure,

Aux cœurs tant de désirs.

Ma fortune amiable a tourné son visage, Mon air calme et serain n'est pins rien qu'un orage

D'ennuis et de malheurs; Mes jours les plus luisans sont changez en lenebres; Et mes chants de victoire en complaintes funèbres,

Mes plaisirs en douleurs.

Quand j'approche de vous, belles fleurs printanién Vostre teint se (lestrist, les prochaines rivières

Cherchent d'autres destonrs :

Je fay tarir l'iiumeur de ces fontaines claiies, Qui craint que de mes yeux les sources mortuaire--

Ne profanent son cours, l'ieust au ciel, dont les loix me sont si rigouieuses f)w je fusse entre vous, ô grand'smasses pierii'usci ;

l'u roclier endurcy ; Un dit qu'une Thebaine y tut jadis changée; lli'! pourquoy ne fait donc mon angoisse enragée

Que je le sois aussi !

Ilelas! je le suis bien : car se pourroit-U faire. !>i j'avoy d un mortel la nature ordinaire,

Que je peusse portei Si long-tans les ell'orls des enuuys et des peines'.' .Non, je suis un rocher, dont on voit cent foulaiut s

Noil el joui- deg()\iler.

l'Jfl

l: l'I I A l'IlKS.

J'iiy lo cu'iir si coiiihh'! d'aiiK rhunr ildUiiiucssc, Une, par cont;i;;ion, ji" rcns pleine df IiInIcsm'

r.eux (|ui pailoiU à moy; tl (pli p(Misi> adoucir le rn<;rpl (pu iji'ciil.diK , Seul on 1110 consdlant (;oiil(^r dedans son aine

la Irislcssc et l^^siiioy.

De Ions jdalsaiis discours iikhi conrayc s'oUciicc, lu mal tel (pie \c iiiicu estant sans espérance

Kst aussi sans confort; (',.■ (pii sonne plus doux à mes tristes oreilles, I . sont (lis de liibous, d'iiupoitiines corneilles

Kl d'oiseaux de la mort.

La in(U't est seule propre au ducil (pii me possède; Mon mal est venu d'elle, en elle est mon rciiicdi'.

0 \ous ! pleins d'aniili('', 1,'ui iilaiyiiez mes donleins, d'nnc main sccoiii aide Advancez mon Iresjias. Meurtrir nu miseralih-

C'est acic de pitié.

Que n'accourt à mes mes cris (pu l(pie liosli; saiiva^^c, (.•ni, d'excessive faim sentant croislie sa rage,

Me dévore les os.' .Mourant,, je heniroy sacrnaul('' nieiirtrieie ; (!ar l'heure de ma tin sera l'heure première

De mon plus doux repos.

Mmplies de ces forests, mes fidelles nouri'ices, 'l'onl ainsi qu'en naissant vous me fustes propices,

.Ne m'abandonnez pas, I 'n:nid j'achève le coins de ma triste advaiiture : V(nis listes mon Ijcrceau, faites ma scpullurc

Et pleurez mon trespas.

AD l'HILIPFUM PORT.ï:UM

Verf;iliiis lit li'iiis-, comis sic moribiis idem l's : Si legii le video, si rideoijuc Iciju.

Stepii. I'asciiasics

lilieiuie tasquiei-, qiio ses lullc.'> cniilje les jésuilus et ses divers ixnls 011 l'endw célèbre, nolr.mmeiil ses Heilicixlics de la Friinre-

Al) PH1LIPPU3I rORLEUM

UiiriiLUS hinc itTiis aller, lesliiilnte inulecnt- Ctjuune caiilis sibi coiicurreiitiit xtixo : 'l'cqnc lijrum puhaiile tiiuti itoviis aller lasan IIkmucus rcdi'it, ylaciali xonpcs ah Anio, Maijna vix referens sibi prxmia parla sititiqiif, //y,sr duplex regnum, dnpliccm tua tarba favoreiii. Ilot illier primum tibi Musa ftdelis hoiiorem Jure dedil, sibi quem non semnlus occiipcl aller.

Macle itjilnr fuie tu Lijr.ca, Poni/EE, fuleque Macle pix ment/s candore et simplice sensu. Qui semel admissos non fallcre novil am'icos.

Praxilelem memorant qiialem sit passas amoinu Depinx se, nec hue eelehralior alla labellu Quant sibi qux affeelnm dumiui prxferrel amanlix; Forsan cl exemplar, quem lu dcscribis, amoris Sumptus es ipse libi : sic et non improbus ille, El plus, et l'ormx lanliim mirulor honeslœ, Qualis eratdnm parriis eral simplexqiie Cupido, Nullaque purus adhiic nisi forte sororia libans (>\cula, et innocuasjacitlaus sine viilneir tlaiiiniiis, In vullu mentis conteniplubatiir honores.

ANAGKAMMATISSliMUS

'Ull.ll'l'lS l'ORT/EUS— l'Uri'I TALIS Olil'IlELS

Cijuneos fluclus dum prima carina securel, Heroas rcvehens jEmoniumqiie ducem.

Et concurrentum scopuloriim anyusta, vcl ipsum Terrèrent Tiphyn, ne perituru foiel,

l'roliiiii^ eccc lyram c iiii pixliiic cnrrijiH Orplirii.i.

Tiiiiffil el arijultc fila canuru lijne. Ntc mora : qiixjum se coU'ilrn' sii.ni punihaiil ,

El coll su cavae frinigerc tri ta trahis, Sic quasi dirin s pnebrrenl aiulil/un aures

(Ut quilivs aiiihtiii mollis ut ipue fiiil) Fixa xu a utrinquc Iocik cil roque ncc iiltro,

Siint proijresKa, per hxc sospes iilque ralis; Max/jiius hinc li hoiios, el yloria summa poelx,

Morti loi celrOres er^piiisse viras.

l'risca sed ill;i forent vit nunc crrdciula, recenlr.

Si lion siiit etiam lempoie micla fidcm. flaiiiqiie l'oliiiiiacis rediens Ileiiricus ab oris.

Aller lit /Esonides per marc telivoliim; Mille simili comités herouin e saiiffiiiiie diiceiis,

Mille per iiifesix cxca pericla V:X.

.\on modo per nipes, per lliictirorasqiie Clianjl/dca,

Sed mugis el duras riipe fieloqiie viros; Quiim jamjam classis possel periliira videri.

Et celui in piinclo vilaque morsque foret, ilicel hijmnisonuvi chelyn arripienle Phdippo .

Et medulaiitc animos edomiliira feras, Fixa velul querciis inox hnrbara corda mauebaiil,

lloslica nec poleruni lelu nocerc duci.

Qiiid ni diiini parent ad curm nu vatis

Ipsi homincs, qiiamvis peclore et arle rudes ? Ipsx etiam riipes, ipsx s.lvxqiie, feneque,

Porixe, modulis udsiupucre lijrx :

Alque ila per Hkeni, per sxva pericvlu pouli,

Perqite lot infestas liosie lalrone vias, Tertius Henricus Inplici diademutc d'ijnus.

Terlia cui cœlo certa corona manet, Sospes m, sospesqiie redit cum so pue classe

Aiiricomx referais veilera Ixlus oris, Aique sua sulvos procul a tellure redu.iil

Quolquol erant comités, qioilquot eruutque duces F.ryo Tort ic i major quum yloria vutis

Te, Porixe, luo sosp te reye, manet.

Testis iilrumquc limm nomen, quod numine crrin.

Omine pro cerlo sors I bi ctrin dedil : Qualis Jasonix puppi va'es suns Oiiriinjs,

Tu talis rti'Pi hey^s cl ipse lui.

Jo. AuiiATis ' , Poêla retiivs-

' Jejii Daiiiiit ou Dorai. Voyci la noie de l;i |>.i^e 2. La pit/tf pi est du mêim; aiiliiir.

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