‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 23 sur 150 · XXV II · texte numérisé non relu

XXV II

Elle plenroit, loulo pallo de crainte, Eors que la Mort sa moilié inonaçoil, Et tellement l'air de cris romplissoit, Que la Mort mosme à pleurer oust contrainte.

llelas! mon Dion, que sa grâce étoit sainte! ■ Que beau son teint, qui les lys effaçoit! Ee trait d'Amour cependant me blessoit, Et dans mon ame engravoit sa com[)laiiite.

I/air, en pleurant, sa douleur témoigna, Ee beau soleil de pitié s'éloigna, Ees vens esineus retenoient leurs baleines; . .

Et sur la terre où tombèrent les pleurs Do ses beaux yeux, amoureuses fontaines, fout s'émailla de verdure et de fleurs.

•le lie me plains de vostre cruautô A mes désirs injustement contraire; Je ne me plains que tout me desespère, .Ny que le tans cède à ma loyauté.

Je ne me plains du vol que j'ay tente, Jeune Dédale, aux périls téméraire; Quoy qu'il en soit, j'auray de quoi me plaire, Fondant aux rais d'une telle beauté.

Je ne me plains que l'etfort des jaloux De moy me prive en me privant de vous; Je ne me plains que tout me fasse craiiiilns

Mais, en souffrant tant de punitions, De desespoirs, de morts, d'alllictions, Las ! je me plains que je ne m'ose plaindre !

Si c'est aimer que porter bas la vue, Hue parler bas, que soupirer souvant, Que s'égarer solitaire en rêvant, Brûlé d'un feu qui point ne diminue;

Si c'est aimer que de peindre en la nue. Semer sur l'eau, jetter ses cris au vaut. Chercher la nuict par le soleil levant, Et le soleil quant la nuict est venue;

Si c'est aimer que de ne s'aimer pas, Haïr sa vie, embrasser son trespas, Tous les amours sont campez en mon aine;

Mais nonobstant, si me puis-je louer Qu'il n'est prison, ny torture, ny tlame. Qui mes désirs me sreust l'air.' avouer.

Las! que me sert, quand la iloulcnr me blesse, l"t que mon feu me cuit plus vivement, Que je proteste et jure incessamment -^ De jamais plus ne revoir ma princesse !

Si chaud désir m'aiguillonne et me piesse, f.'uittant ses yeux, trop beaux pour mon tourineul, ','u'oubliant tout, et douleurs et serment. Je cours au lieu que jamais je ne laisse. •

Des jeunes cœurs, l'enchanteur dangereux --

iiiam;.

V liciil cai'lli- (lurlipii' rli.u iiir .iiiicuiicnv l.liii nrciisorcolli' et icinl iiinii riiin' Inlli'. Je veux lousjimis la suivre et l'ailoici', Kl, sans riiMi voir (lui iiift facii es|ier<'r, Mdii ti'il s'y loiinic et iikjii iionsor y vcillf.

Je II' ooiil('!->(', Aiiiiiiii', ji' II' suis rcilovaliln, M'ayaiil l'ail aujduril'luiy ilo laiil il'lii'ui- ,iiiuys.s;iiil ; l'^l, si lu m'as trouve l'crMu; ru l'olii'ïssaut,, J'en suis iccouipeuso d'un lieur iutuui|iaraljic.

Sur la jilus grand' clialcur de ce jour dosiral)!^, La l)eauté (|ui me blesse et me tient languissant, Nonclialannuent sus nioy sou iwau rlierai)aissaul, S'est laissée assoupir d'un sonuii(>il agréable.

Ah ! Dieu ! ((ne de clarté/, sur son Iront reUiisoieul ! Hue les lys blanciiissans de son S(Mn me plaisoient ! Hue de fleurs, que d'œillels, que de roses vermeilles !

Que de cœ\u's prisonniers dans ses dorez cheveux ! Tu devois faire, Anioiu', favorable à mes vœux. Hue je fusse lout œil ikiiu' voir Innl de mei'veilles.

X \ \ il

Marchands, ipii leciierclir/. louL le rivage njorc |iu fi-oid seplenirion, et (|ui, sans reposer, A cent mille dangers vous allez exposer. Tour un gain incertain, qui vos esprits dévore,

Venez seulement voir la beauté que j'adore, Kt par ((uellc richesse elle a sçeu m'attiser : Et je suis scur qu'après vous ne pourrez priseï Le plus rare trésor dont l'Afrique se dore.

Voyez les filets d'or de ce chef blondissant, L'éclat de ces rubis, ce coral rougissant. Ce cristal, cet ehene, et ces grâces divines,

('et argent, cet y voire; et ne vous contentez (Ju'on ne vous montre eticor mille autres raielez, .Mille beaux dianians et inille peiles linr's.

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