I.MX
l*iiis riu'on vont i|iir l'iiuMijo on inmi rrrni' si liiou prinle S'cn.iic avec, le laiis ('(iiilrc ma vulinih'', Ji' |ii(Mi eoiij;é (le vous, ù diviuo licaiili'l (.lui rclcnicz iiKin aine licuriMisoTiirnl coiiti aiiil(\
Kn nioy loiilc autre ardeur dosoruiais soil élainlc, Tout ospoii-, toiit (iosii-, toute félicité ! Arrière, ù t'uilile Amour' qui lais place à la crainte; Adieu tlauiheaux el traits, adieu captivité;
Adieu lut, compagnon de mes tristes pensées. Adieu nuicts en discours comme un songe passées, Désirs, soupirs, regards si gracieux et doux;
Douleurs, soucis, regrets, saisiront vostre place; Car, puis (pie nuiu amour )iar la crainte s'edace, 0 plaisirs ! pour jamais je jiren congé de vous.
DIALOGUE
DESPOIITES.
Amour, ame des cœurs, esprit des beaux espris. Je te conjure, entant, par ta mère flypris, Pai' Ion arc, par tes traits, par ta plus cliere flame, Par ces yeux où, si lier, tu siez en majesté. Par les cris et les pleurs, fruits de ma loyauté. De dire à ce départ un adieu à ma dame.
AMorn.
Que veux-tu que je die? lié! te vaut-il pas mieux, Toy-mesme, en distilant ta douleur par tes yeux, La baiser doucement, et prendre congé d'elle? Tes pleurs, ta contenance, et la triste langueur Qui se lit sur ton front, contraindront sa rigueur, Si son cœur n'est cruel autant comme elle est belle.
DESrOr.TES.
Las! Amour, je ne puis. Le coup que je reçoy, M'éloiguant de ses yeux, me met si hors de inoy, Que ma langue ne peut former une parole. Je ne fay que crier, gémir et soupirer. Les petites douleurs se peuvent déclarer, Mais non le desespoir qui rend mon ame folle.
AMOI 11.
Bien donc, puisqu'il te plaist, je m'en vay la trouver. Mais je me veux armer, afin de n'esprouver
Ses yeux, qui, tant de fuis, m'ont ja pensé contiaiiiili'p. Tes tourmens me font peur d'essayer leur effort. Conte moy cependant quel est ton déconfurt, Et de quelles rigueurs pour toy je me dois plaindre.
Amour, roy des esprits, à ton gré flechissans. Qui luy peut mieux conter les douleurs que je sans Que toy, qui les fais naistre en mon ame captive? Qui luy peut mieux monstrer ma constance et ma foy Que sa rigueur extresme? et qui peut mieux que toy Amollir ceste dame, ains ceste roche vive?
Dy-luy le desespoir où je me voy réduit, Or' qu'un départ forcé loing d'elle me conduit Et qu'une mort prochaine est ma seule espérance. Apres conjure-la, par ma ferme amitié Et par ses doux regars qui promettent pitié, Qu'elle ait aucunesfois de mon dueil souvenance.
Comme aussi de ma part je ne veux rien penser. Entreprendre, inventer, parfaire ou commencer. Exilé de ses yeux, qu'en sa seule mémoire; N'écrivant un seul vers qui n'ait pour argument Mes désirs sans espoir, ma constance au tourment, Sa vertu, ses beautez, son mérite et sa gloire.
Amour, tu luy diras, pour mes maux enchanter, Qu'elle a mille moyens de se représenter Quelle sera ma vie en ténèbres laissée : Soit en voyant le ciel, l'air, la terre ou les eaux. Soit oyant dans un bois le doux chant des oiseaux. L'image de ma peine en tous lieux est tracée.
Est-elle en un taillis à l'écart quelquefois? Qu'elle pense me voir, au plus secret d'un bois. Découvrant mes ennuis aux buissons et aux arbres. Voit-elle un haut rocher ou un vieux bastiment? Qu'elle pense me voir, par mon dueil véhément. Attendrir de pitié les rochers et les marbres.
S'il pleut aucunesfois, pense aux eaux de mes pleurs; Et, quand l'esté bouillant nous cuira de chaleurs, Pense au feu plus ardant qui me brûle et saccage; Si le ciel de tonnerre ou d'orage est noircy. Pense que mon cœur trouble est esmeu tout ainsy D'ennuy, de desespoir, de tempeste et d'orage.
Bref, que ses yeux si clairs ne puissent plus rien voir Qu'aussi-tost ma douleur ne la vienne esmouvdir Et n'arrache un soupir de son ame cruelle. Car si, par son départ; je doy tant endurer.
Quoi ]>irn, |>oiir mon salut, puis-jo, holas! dosircr, Kois (|u'ill(' ail scntiineiil du mal que j'ay pour elle?
l'I.Al.NTi:
Si\s! sus! iiidii lui, il'iiii arcoit pitoyalilo, IMains lo ilcparl (pii me ii'uil niispral)l(', r.t sur 1(> tou couvciialilc aux (io>il(Miis, Tiisicnient doux, snh^muiso mes plouis;
Et vous, nios veux, coupahloï do uips pciuos, Dt'li(iiid«'z-V(ius, clianfrrz-vous m foutaiups; Mais, ])(iur plfurci' des iiialhi'urs si iiui-.aiis, l.cs ypux d'Ai ^;iis ui' st'ioicnl suflisaiis.
Il ne laut plus (jue j'aye aucune attente De voir jamais d'objet ipii me contente. Relirez-votis, o jdaisirs |ieii ((iiisl.ins! Les desesjioirs maiiilcnaiit ont leur tans.
Las! à (piel liieu l'ant-il plus que j'aspire? Mon iieau soleil maintenant se retire, y.l le llamheau qui souloit m'éclairer Trahist ma veuë et me laisse égarer.
Ces doux attraits, pleins de chaste rudesse, f.es vives (leurs d'une belle jeunesse, L'œil de la cour, son printemps gracieux, 0 ciel cruel ! se desrobe à mes yeux.
Maudit Amour, aveugle à ma souffrance, As-tu donc fait que j'aie eu connoissance De ses beautez, pour rendre, en m'en privant, Mon cœur aux maux j)lus sensible et vivant?
Toute rigueur m'estoit douce auprès d'elle : De ce seul trait la plaie estoit mortelle. Je ne crains idus Jupiter courroucé, Le ciel sur moy tout son pis a versé.
Le triste jour qu'elle me fut ravie, 11 falloit bien que je fusse sans vie. Et que ce coup m'eust d'esprit dénué.
Car autrement la do\ileur m'eust tué.
Las ! ne vivant qu'en des nuicls solitaires, A quoy, mes yeux, m'estes-vous nécessaires? Et, n'oyant plus un langage si doux.
Oreilles, las! de quoy me servez-vous?
lleuieux oiseau dont l'Inde est renommée, L'œil au soleil ta vie est consommée : l'ûurquoy du ciel n'eus-je un destin pareil, Mourant aux raiz de mou divin soleil?
COMPLAINTE
Puis que le ciel cruel, trop ferme en mes malheurs, S'obstine à me poursuivre et jamais n'a de cesse, Donnons à sa rigueur des sanglots et des pleurs, Les pleurs et les sanglots sont fleurs de la tristesse.
Puis que j'esprouve tant de divers changemens, Et qu'un seul à mes maux n'apparoist favorable, Pourquoy veux-je languir d'avantage aux tourmens? Il vaut mieux n'estre point que d'estre misérable.
Puis que mon clair soleil sur moy plus ne reluit, Et que de ses rayons la France est despourveuê, Fermons nos tristes yeux en l'éternelle nuit : « A qui ne veut rien voir inutile est la veuë. «
Puis que mes vrais soupirs n'ont jamais sçeu mouvoir Les cieux à divertir cette cruelle absance, Las! croiray-je qu'Amour dans le ciel ait pouvoir, Et qu'il range les Dieux sous son obéissance?
En vain deçà delà je vay tournant mes pas, Mon œil ne choisist rien qu'objets qui le tourmentent; Je me cherciie en moy-mesme et ne me trouve pas, Et plus je vay avant, plus mes malheurs s'augmentent.
Comme celui qui voit, au printans émaillê, Un jardin bigarré de diverse peinture, >'e le recognoist plus quand il est despoûillé. Par l'hyver mal plaisant, de grâce et de verdure;
De rnesme, en ne voyant, ainsi que je soulois, Tant de douces beautés de ma chère maistresse. Je ne recognois plus tous ces lieux où je vois, Et m'égare en resvant sans voie et sans addresse.
J'erre seul, tout pensif, ignorant que je suis; Ma face, estrange à voir, d'eaux est tousjours couverte; Tous les jeux de la cour me sont autant d'ennuis, Servans de refraichir ma douleur et ma perte.
Quand je voy ces combats dressez pompeusement, A l'espée, à la hache, à la picque, à la lance, Las ! ce dy-je, qu'Amour me bat bien autrement ! D'un mortel contre im dieu foible est la résistance.
Tout ce qui s'offre à moy ne me fait qu'offenser Et redoubler l'eniniy dont mon arne est atteinte; Seulement je me plais, me mettant à penser Que jusqu'à ton oreille Amour porte ma plainte.
0 Dieul s'il est ainsi comme je croy qu'il est. Que j'estime ma peine un repos agréable !
Que mon soiiry inVst doux, quo mon Irospas me plaist ' I.a niorl, en liien ainianl, esl tousjoiiis liouoiahlo. Chanson, cesse ta ]ilainle el sois d'aveeqne inoy l'onr trouver la l)eanté dont je pleure l'alisance; Oy-luy que le malheur ne )ient rien sur ma foy, Va que j'ai plus d'amom, (piand j'ay moins d'espi'rance.
COMPLAINTE
Or' ' quo je suis absent des beaux yeux de ma dame, Or' que je vy sans cœui-, sans esprit et sans aine, lit (|ue les plus clairs jouis ine sont obscures nuits, Afin (pie tout le monde étonné la révère, Jus(prau moindre arbrisseau de ce bois solitaire. Je veux chanter sa gloire et pleurer mes ennuis.
0 sommets orgueilleux des montagnes cornues ! Portez, portez son nom jusqu'au plus haut des nues : Mais il est toutesfois assez cognu aux cieiix; Car, dès l'éternité, les trou|>es immoilelles La firent au patron des Grâces les plus belles, Afin qu'elle embellist ce monde vicieux.
Le Dieu qui dans le ciel a fondé son empire Ne voit par tout là-haut, lorsque Pliœbus retire Ses chevaux du labeur, un astre si divin : Hardy, je l'en défie, et ne crain qu'il y mette Celle qui changea d'ourse en luisante idanette. Et sert aux mariniers de guide en leur clieiiiin.
Qu'on vante du soleil la chevelure blonde. De ce qu'elle esjouït tout l'endos de ce inonde Et l'enllame au dedans de désir et d'amour ; Je dy que ce n'est rien, si la nuict couslumiere Empesche les efi'ets de sa belle lumière Et la moitié du tans luy dérobe le jour.
Où ma dam.e tousjours, lousjours dure en sa gloire; Soit que le jour se monstre, ou la nuict. la plus noire. Le feu de ses beaux yeux heureusement reluit ; Elle ne disparoist pour une obscure nuë; Ains peut, en se jouant d'un seul trait de sa veuë. Allumer un beau jour au plus fort de la nuit.
Quelque part ([u'elle arrive, il y croist des fleurettes, Et de ses doux regars naissent les amourettes Qui, de leurs aiguillons, peuvent tout esmouvoir; La terre sous ses pieds s'éinaille de verdure,