‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 36 sur 150 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Laisse faire à mes yeux : ces ruisseaux que je pleuic Eslcindront le fourneau dans mon cœur allumé.

Mais c'est trop vainement qu'en espoir je me fonde, L'eau n'esteint pas l'amour : >'ciitune au creux de l'onde S'est trouvé mille fois amoureux et brûlant.

Sus donc, ardans soupirs, monstrez voire puissance, Rendez mon feu plus chaud, croissez sa véhémence. 11 en durera moins s'il est plus violant'.

?i le mary jaloux de la belle Cypris, Qui forge à Jupiter le tonnerre et l'orage, Forgeoit les traits d'Amour, il cust maudit l'ouvrage Et quitté, tout lasse, son labeur entrepris.

Car ce cruel volleur des cœurs et des esjiris, Nourry d'une tigresse en quelque lieu sauvage, De mille coups mortels ne contente sa rage. Et fait tousjours des cœurs sa victoire et son prix.

On perd tans contre luy de se mettre en défiance ; Un homme n'est pour faire à un dieu résistance. Mesure un dieu si puissant, qu'il surmonte les dieux.

Maudits soient tous ses traits et leur puissance forte .' llelas! j'en suis couvert en tant et tant de lieux. Que cet aveugle archer pour sa trousse me porte -,

Je sçay qu'ell' ont des yeux, les autres damoiselles. Pour rendre en regardant maint et maint amoureux, Mais non pas des soleils ardans et vigoureux. Qui remplissent les cœurs de flammes immortelles.

J'avoue et veux penser qu'il y en a de belles Assez pour travailler un esprit désireux : Mais quelle autre a ses traits si doux et rigoureux, Qui font gouster la vie entre cent morts cruelles?

' ImilK d'un sonnet iltilien qui commence par ces vers :

I.asso! non Ijasia cli' io aido? clie l' immunso l'ocq elle nie dislrusçe inforza ancora? Clie i sospir, clie sofUando escono ogn' liera, Il fanuo al suc furor più ferEiio e intenso.

' Imité d'un sonnet italien qui débute par celte strophe :

S' el zoppo elle al gran Giove i strali aftiua, Fabro fusse d'Amor, gia haveria Bronle K' gli .altri clie un solo occhio hannn in la fronle Per fasiidio lasciala la fuiiiia.

71 IIIA.M.

Oiii'llr iiiilir ,1 t' I <^|iiil i|ui II' iiiii'ii ;i cliiiniKt (!(•> |ir(i|Mi>, (■!•> ilixiiiiis (Idiil je lus liiiiisldiiiii'; '.' Ui'i sdiil hinl l^ll;ulll■l;(lll^. i1\mii(iui>;, di' Icux, de i^lacrb.'

Soull'iiiiiri iluiii; sans blasiiluMiii; un ('xlii'nic luiiniienl, Croyant qu'un ne s«;aur()il (lu'ainicr cxlii'incnionL Celle qui est exlrèine en licautcz cl en giaces '.

Malheureux que je suis ! je vous soulois ilcserire Mon naturel léger jamais ne s'arrestant, Prenant à grand honneur que je fuss(! ineonstani, Et, ti'l coniine j'estois, rnc plaisant à le dire.

Maintenant que vostrc œil sans pilié nie niarlirr, Ma nouvelle douleui' d'heure en heure augnienlanl, Je niaudy mou oll'eiviie, honteux et repentani, Lt trop tard ))()ur mon bien je cherelie à m'en dédire.

Ouel confort? quel remède? Amour, eonseillc-iiwy . l'ourra-l-elle jamais s'assurer de ma l'oy, M'ayanI connu devant si léger de courage?

Ilelas ! mou inconstance à sa gloire a esté, Car quel plus grand honneur que d'avoir arresté Celuy «lui s'asseuroit d'esti'e lousjonrs volage?

PI'.IF. i'.K ai: SdMMKlI.

Siiinnu', doux repos de nos yeux.

Aimé des honnnes et des dieux, Fils de la Nuict et du Silence, Qui peux les esprits délier, (lui fais les soucis ouhlici , Endormant toute violence.

Approche, o Sonnneil désiré 1 Las i c'est trop longtans demeuré, La nuict est à demi passée, Et je suis encor attendant Que tu chasses le soin mordanl, Hoste importun de ma pen,sée.

Clos mes yeux, fay-moy sommeillci', Je t'atten sur mon oreiller,

Tudiittioii dun buiiiicl lUdieii qui Uélnile pcir celle siroplie ;

Hamio beii gl' otchi, 1' allre Donne :nico elle, Di far gu.irdando innamorar le genli .

Ma non lian, conic qiiesla, i l'aggi ardenli. Ch'ucchinun son. nià tiamiiiegiaalislelle.

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