i; li
Où je liens l;i teste ;i|iiiiiyée :
Je suis dans mou liel sans niouvoii , Pour mieux ta douceur recevoir, Douceur dont la peine est noyée, llasle-toy, Sommeil, de venir :
Mais ([ui te peut tant retenir?
Rien en ce lieu ne te retarde, Le chien n'abbaye icy autour.
Le coq n'annonce point le jour, On n'entend point l'oye criaide.
Lhi petit ruisseau dou\ coulant A dos l'ompu se va loulant.
Qui t'invite de son murmure ; El l'obscurité de la nuit, Moète, sans chaleur et sans bruit, Propre au repos de la nature.
Chacun, fors que moy seulement, Sent ore quelque allégement Par le doux etFort de tes charmes :
Tous les animaux travaillés Ont les yeux fermés et sillés.
Seuls les miens sont ouverts aux larmes.
Si tu peux, selon ton désir, Combler un homme de plaisir Au fort d'une extrême tristesse.
Pour monstrcr quel est Ion pouvoir, Fay-moy quelque plaisir avoir Durant la douleur qui m'oppresse.
Si tu peux nous représenter J.e bien qui nous peut contenter.
Séparé de longue distance, 0 somme doux et gracieux !
Représente encor à mes yeux Celle dont je pleure l'absance.
Que je \oye encor ces soleils, Ces lys et ces boutons vermeils.
Ce port plain de majesté sainte; Que j'entr'oye encor ces propos, (Jui tei\oient mon cœur en repos, Ravi de merveille et de crainte.
Le bien de la voir tous les jours Autrefois estoit le secours De mes iraicts, alors trop heureuses :
Maintenant (|ue j'en suis absant, Ucii-niny ]iar un songe plaisant Tant de délices amoureuses.
ni A NE.
Si tous les soiiycs ne simiI rien, O'esl tout un, ils me plaisoiU bien ; J'ainio une telle ti'oinporie.
llasli'-loy (l(ine, pour innii conloil ; Ou le ilil frère de la Moil, Tu seras iieic <lc ma vie.
Mais, las! je te vay appelani, Taudis la luiicL eu s'euvulaul l'ail place à l'auroi'c vermeille :
0 Amour! tyran de mon cœin-, C'est loi seul qui par ta rigueur Empesches que je ne sommeille.
Hé! quelle eslrauge cruauté!
Je l'ay donné ma liberté, Mon cœur, ma vie et ma linniirc, Et lu ne veux pas seulement Me donner pour allégement Une jiauvre nuict toute entière?
Yeux, qui guidez mon ame en l'amoureux voyage, Mes célestes llambeau-\, bénins et gracieux, C'est vous qui fournissez de traits victorieux Amour, ce grand archer, seul dieu de mon courage.
C'est vous qui me rendez contant en mou servage, C'est vous qui m'enseignez le beau cliemin des cicux. Vous purgez mon esprit de pensers vicieux El retenez mon cœur autrefois s; volage.
Vous pouvez d'un clin d'œil faire vivre et mourir, Faire au mois de janvier un doux |)rinlans fleurir, Voire au fort de la nuict la lumière nous rendre.
Vous estes le soleil qui me donnez le jour, Et je suis le pliœnix qui se brûle alentour; Puis, quand.je suis briilé, je renais de ma cendre.
Au saint siège d'Amour, des grands dieux le vainqueur, Jay fait venir plaider cesle beauté rebelle. Et l'accuse, en pleurant comme une criminelle, De vol, d'ingratitude et d'injuste rigueur.
Ilelas ! Amour (ce dy-je , elle a voilé mon cœur Et ne reconnoist point mon service fidelle ; Elle m'a traversé d'une lleclie mortelle Et me fait consommer en cruelle langueur.
Je ne te puis prouver comme elle me tourmente. Mon cœur en est lesmoin : qu'elle le représente. Tu verras, le voyant, sa rigueur et son tort.
El, si tu crains tiop fort les traits de son visage, Ne donne pas sentence à son dcsadvantage, Mais fay tant qu'elle et nioy nous demeurions d'accord.
Si vous voulez que ma douleur finisse Et que mon cœur, qui vous est destiné, Soit de son mal doucement guerdonné, Et que mon ame en brûlant s'esjouysse;
Si vous voulez qu'à jamais je bénisse L'heure et le point qu'à vous je me donne, Et que l'ennuy qui me suit obstiné, Comme un ombrage en l'air s'esvanouysse;
Sans grand travail soudain vous le pouvez, La guarison en vos mains vous avez Du mal d'amour, qui jusqu'au cœur me louche.
Car, s'il vous plait de le l'aire cesser, 11 ne vous faut seulement prononcer Qu'un doux ouy du cœur et de la bouche.
CHANSON
Un doux trait de vos yeu-x, ô ma fiere déesse!
Beaux yeux, mon seul confort.
Peut me remettre en vie et m'osler la tristesse
Qui me tient à la mort.
Tournez ces clairs soleils, et par leur vive llame
Relardez mon trespas :
Un regard me suffit : le voulez-vous, madame?
iVon, vous ne voulez pas.
Un mot de voslre bouche à mon dam trop aimable,
Mais qu'il soit sans courroux, Peut changer le destin d'un amant misérable,
Qui n'adore que vous.
H ne faut qu'un ouy, meslé d'un doux sou-rire
Plein d'amours et d'appas :
Mon Dieu! que de longueurs, le voulez-vous point dire?
Non, vous ne voulez pas.
Roche sourde à mes cris, de glaçons toute plaine,
Ame sans amitié.
Quand j'estoy moins brûlant, tu m'estois plus humaine
Et plus prompte à pitié.
ro<;snn!S donr il(> rniinor, cl, pour wn\<. m liislriiirc,
Toiminns aillcins nos pns.
M:iis ppiil-il ostro vray (ni(>,Jo li> viiiillc liiiic'' ^011, ]o no lo veux pas.
Cil ANSdN
.I(^ 110 voux JMiiiais pins ponsrr [lo voir un jciiir i('((iiii|ionsor 1.0 mal qu'on aimanl jo snppoilo, l'uis ([HO ccllo qui tionl iiioii pfoiir Mo iiionstro iino cxlronio li^uour, l'aniiy l'amour qu'ello me porlo.
Mais pourroy-je esporor aussi Qu'ello eust jamais do moy mercy, Voii qu'à soy-mosmo ollo osl ciuollo, Se privant des jilus doux plaisirs, lyeiutrissant sns propres dosirs Kl perdant sa saison nouvelle?
Cruelle, où avez-vous les yeux '.' Voyez ce printans gracieux ; Voyez ceste belle verdure, Vn jour des prochaines chaleurs Fera languir toutes ces fleurs, Ores beautez de la nature.
Si le tans léger et coulant Dévore tout en s'envolant, S'il rend toute chose cllacée.
Est-ce pas trop de cruauté, De laisser perdre ime beauté Si chère et si soudain passée ?
Si c'est la peur qui vous retient, Pensez que la crainte ne vient Qu'à faute d'amitié parfaite.
Amour est une vive ardeur, Et la crainte est une froideur.
Soudain par vraye amour desfaile.
Si ma foy vous fait différer, Qui vous en pcîut mieux assouror Que vostre œil qui lit dans les amc> ' Uelas! aimay-je ai-danlement?
Quand je parle à vous seulement, Il sort de ma bouche des liâmes.
Si vous m'aimez, faites le voir.
Sans plus mes douleurs decevoii', Les cuti eloiianl d'espérance ;
LFVr.K II.
On hipn, si vous no m'aimpz pas, >ie retardez plus mon trespas ; lo. le prendray pour recompensp.
Depuis que sous vos lois mon ame est retenu r-, L'an (les.jà quatre fois s'est veu recommencer : Et ma foy, que le tans n'a jamais sreu fausser, Mieux que le premier jour n'est de vous recognut'.
Si pour voir vostre sein j'abaisse un peu la veuë, Si j'ose vostre main de la mienne presser, Ou baiser vostre gant, je vous voy courrousser. A tel heur, en quatre ans, ma fortune est venue !
Les propos plus communs tpi'il vous plaist m'affermer, C'est que vous n'aimez rien ny ne pouvez aimer, Et qu'il ne faut de vous attendre autre asseurance.
Donc, si par vostre advis je pren de moy pitié. Changeant mon amour forte en commune amitié, A sçavoir si l'on peut m'accuser d'inconstance?
Helas! chassez ce vouloir obstiné!
Helas! changez ceste estrange nature.
Et n'éteignez, faute de nourriture, Mon foible espoir, aussi-tost mort que né.
>i'cst-il pas tans que je sois guerdonné? ÎS'est-il pas tans qu'une heureuse advantnrc Donne allégeance au tourment que j'endure, Et de clietif me rende fortuné ?
Si vous sçavez que ma foy soit certaine. Si vous voyez la grandeur de ma paine. Si vous pouvez mes langueurs secourir :
Que vous sert-il que je sois misérable ': Las ! hastez-vous de rn'estre favorable, Ou vous liastez de me faire mourir 1
Que trop d'amour me seiche et me dévore ainsi. Devant vos yeux cruels embellis de ma paine; Que je m'aille appastant d'une espérance vainc, Plus pour aigrir mon mal que le rendre adoucy;
Que je ne trouve en vous ny pitié ny mercy. Que je meure de soif au bord de la fontaine :
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Non, il 11 Vn soi'a rion, l>oaulé Irop inlnimaino, J'ay soin iIp mon salut, dont vous n'avoz soncy.
Par vos l'cinlos doucpurs ne sorlans jioinl do l'amo, Quand vous m'avoz rendu loiU do sonll'ro et do llaiiio, Vous pensez-vous mocquer d'Amour et de ma (by?
Mais vos deguisom(>ns forcent ma patienre, Vosire IVoid mon ardeui', les loiiinicns ma eonstance : Je ne puis cstre ù vous si vous n'estes à inoy.
Vous le voulez, et j'ay trop de coustume De vous servir pour ne le faire pas : Sors, traistre amour, tourne arrière les pas ; Tu me brûlois, le dédain te consume.
Si jamais plus vostro beauté m'allume.
Yeux ([ui ploiivez des traits et des appas. Ma llammc estcinte, et qui seulement fume, Revive encor pour mon cruel trespas.
Malgré ma dame et malgré que j'en ayo, Qu'à chauds bouillons tousjours saigne la iilaye Qu'elle me fit à ses pieds estendu.
Je sens ma braise en glaçons convertie, Mon cœur tout sien comme elle elle a rendu : Tousjours le tout se suit de sa partie.
Encor aucunefois, cet archer décevant Au combat me desfie et tasche à me reprendre Avec des yeux trompeurs, qui, sous ma vieille cendre, Font revivre des feux brûlans comme devant.
Mais la nnict solitaire, à rnon aide arrivant. Fait qu'en moy je retourne et me mets à comprendre Le mal qui m'est prochain : parquoy, sans plus attendre, Tous ces brasiers je plonge en Lethés bien avant.
Comme un petit oyseau j'approche de la pioye, Puis la peur des gluaux me fait prendre autre voye. J'y revien, je la laisse, et fay maint et maint lour.
J'ose et je n'ose pas, je m'arreste et galope ; Bref, j'ourdis une toile ainsi que Pénélope, Dont je desfay la nuict ce que j'ay fait le jour.
Puis que mon plus bel âge, en servant despensé. Puis que ma loyauté, mon ardeur, ma tristesse,
Mon teint palle et ma voix, mon œil pleurant sans cesse, N'ont sçeu clonter un cœur qui se disoit forcé :
Espoir, que tant de fois loin de moy j'ay cliass(-, Comme une idole feinte, et vaine, et tromperesse. Vers quelque autre abusé désormais trouve adresse. Je ne puis en tes rets estre plus enlacé.
Les cieux ny les enfers n'ont de toy connoissance, Les humains seulement font joug: sous ta puissance, Qui desseins sur desseins ne cessent d'enfiller.
Tu n'es qu'un songe faux des veillans misérables, Tu repais les esprits de chansons et de fables. Et, te cuidant tenir, on te voit envoller.
Je ne suis point jaloux ny ne le veux point esire, Quand un plus fortune sera de vous reçeu ; M'appercevant trop tard que je me suis deçcu, Je cesseiay de suivre un enfant pour mon maistre.
Bien que vostre beauté mon désir ait fait naistre, 11 fust mort toutesfois aussi-tost que conçeu. Sans l'espoir tout riant qu'en vos yeux j'apperçeu, Qui ma flamme a nourrie et l'a fait ainsi croistre.
J'ay sur vostre constance assis mon bastiment : C'est une éternité, s'il a bon fondement; Sinon, au premier vent, adieu l'architecture.
Si ce malheur m'advient, saintement je promets Qu'aux sermens et aux pleurs je ne croiray jamais, Ny qu'au cœur d'une femme une seule amour dure.
Belle et guerrière main apprise à la victoire ', Jamais de l'arc d'Amour un seul trait ne perdant Main qui de son beau char les resnes va guidant. Quand il retourne en Cypre, orgueilleux de ta gloire
Main dont le blanc esclat obscurcist tout yvoire. Qui fais de ta froideur naisire un désir ardani Qui le sceptre et Testât des amours va gardant Qui m'escris en l'esprit la loy que je veux croire
Tradudion d'un sonnet italien qui débute ainsi :
O bella rnan, clie'l fren del earro lieni, Quando Anior col liionpho à Cipri torna, .Man liianca. nian lepgiadra, niano adorna, Cbe r Jureo sceltro suo reggi e nianlieni.
82 111 A Ki:.
Miiiii (|\i! mi' 1rs lii'.nilf/ Ms r.iil Id'il onviiMix, Main (lui srais tiidiiiplicr des |ilns ;iu(l;irii'ii\, Kl nui rens de mon cnnir Ifs loinposlps sficiiios :
l.as! 110 t'ii|)i>oso point, ô licUe cl hlanciii» main, Quand je i-Ium'cIip, embrasé, le secours de mes peines, Qu'une ingrate me caclie en la bouche et au sein.
Chassez de voti'e ervur l'injuste crnauté Qui vous rend contre Amour liùrement obstinée, Kt n'estimez jamais qu'inie dame bien-née Puisse avoir sans aimer (piclipie l'elicité.
Mais que vous servira cesle llnni' de beaulr, De jeunesse et d'amour riehement couronnée, Si, sans estre cueillie, elle devient l'ennée F.t perd sa désirable et cliere nouveauté'/
Il ne suflist d'avoir un ilianip gias et fertile, Car, s'il n'est labouré, c'est un fritlie inutile; La terre en devient dure et ne rapporte rien.
Celle qui ne se sert de sa belle jeunesse Fait comme un usurier, ([ni cache sa richesse F.t se laisse mourir sans user de son bien.
X X \- il
Si vous m'aimez, madame, liclas! si vous m'aitnez, Et si le trait d'Amour comme moy vous entame. Donc ainsi comme moy vous sentez dedans l'ame. Aux esprits et au cœur, cent fourneaux allumez.
Hé! pourquoy souffrez-vous que soyons consumez, Servans de nourriture à l'amoureuse llame'/ W'est-ce une grand' rigueur, si vous pouvez, madame, Modérer cette ardeur qui nous tient enllamez '!
Nous sentons bien tous deux une égale soulfiancc, Mais de nous en sortir seule avez la puissance ; Encor vous ne voulez nos langueurs secourir!
C'est estre en mesme tans cruelle et misérable, De nourrir un tourment dont on se peut gnarir, F.t, pour n'aider antrny, ne s'estre secourable.
XXYIll
Hé! que n'est-il permis, aussi bien qu'à mes yeux, A tous mes a\itres sens d'exercer leur puissance'.' l.'accez (pn" m'affuihlil peidroit sa violence.
HZ
Et sans plus dépiter je beniroy les cieux.
0 jour bien fortuné ! jour clair et radieux, Où de tant de beautez mon œil eut jouyssaiice, Que le seul souvenir chasse au loin ma souflrancc, Et d'un homme mortel me rend égal aux dieux.
Je vey dans un beau sein, sur deux fraises nouvelles, Amour, comme une abeille, errer d'un vol soudain, Laissant dedans les cœurs mille pointes mortelb's.
Je le vey, le méchant, le meurtrier, l'inhumain! Oh! si l'on m'enst permis d'y mettre un peu In main, Je l'eusse bien puny de mes peines cruelles.
SONf.E
Celle que j'aime tant, lasse d'estre cruelle, Est venue en songeant la nuict me consoler : Ses yeux estoient rians, doux estoit son parier, Et mille et mille amours voloient à l'entour d'elle.
Pressé de ma douleur, j'ay pris la hardiesse De me plaindre à hauls cris de son cœur endurcy, Et d'un œil larmoyant luy demander mercy, Et que mort ou pitié mist fin à ma tristesse.
Ouvrant ce beau coral qui les baisers attire. Me dist ce doux propos : Cesse de soupirer, Et de bs yeux meurtris tant de larmes tirer, Celle qui t'a blessé peut guarir ton martii-e.
0 douce illusion ! ô plaisante merveille ! Mais combien peu durable est l'heur d'un amoureux. Voulant baiser ses yeux, hclas ! moy, malheureux ! Peu à peu doucement je sens que je m'éveille.
Encor long-tans depuis, d'une ruse agréable, Je tins les yeux fermez et feignois sommeiller : Mais, le songe passé, je trouve au réveiller Que ma joye étoit fausse et mon mal verilable.
l'.YMES TIERCES
Pleurs et soupiis, je vous ouvre la porle, Allez trouver la beauté que j'admire.
Plaignez sa peine et ma douleur trop forte ;
Faites luy voir ce que Je n'ose dire : Puis que le ciel envieux et contraire îie. me permet ce que plus je désire.
Plaignez l'ennuy qui fait que je n'espère Pour tout salut qu'une mort souhaitée.
Heureux i-epos de ma longue misère.
SA
l-as! quand innn ame csl plus fort lourmonlùe, C'est (inanil jo suis joypiix en apparenn», Couvrant son diu'il (riiiio jnye euiprunli'c 1
Et tuntosl'i)is avec sa violance, Bien que ma jiaine en ma face soiL jiainle, Aucun pourtant n'en a la connoissance.
Helas! je n'ose alléger d'une plainte Ni d'un soupir mes malheurs déplorables, Que je retiens d'une force contrainte.
Cessez vos cris, amoureux misérables :
Tous les tourmens de l'amoureuse llame A mes tourmens ne sont point comparables.
C'est un grand mal de couver deilans l'ame Le chaud désir et la vive eslincelle.
Qui se nourrit des beaux yeux d'une dame.
C'est un grand mal de la servir cruelle, Et tûutesfois, pour le mal qu'on supporte. On a jdaisir quand on la voit si belle.
C'est un grand mal d'aimer de telle sorte. Qu'on n'ose pas descouvrir son martire.
Tour un respect que la grandeur apporte.
C'est un grand mal, et qui ne se peut dire. Que d'cslre serf d'une dame volage, Qui sans repos la nouveauté désire.
C'est un grand mal, voire une extrême rage. Quand Jalousie avec Amour s'assemble.
Troublant les cœurs d'un violant orage.
Et toutesfois tous ces maux mis ensemble IS'approchent point de ma griéve tristesse, Qui seulement à soy seule ressemble.
Las! ma douleur seulement ne me blesse, L'ire du ciel n'en seroit assouvie, Mais la douleur de ma belle maistresse.
Celle qui m'est plus chère que la vie Est (ô regret!) durement aflligée D'un faux jaloux, plein de haine et d'envie.
Et ce qui rend mon ame plus chargée, C'est que son mal de mon malheur procède. Sans que je puisse, en la rendant vangée, Vanger ma mort et luy donner remède.
COMPLAINTE
La terre, nagueres glacée, Est ores de vert tapissée ; Son sein est enibellv de fleni's.