V.n diverses saisons départira son cours
l'ii fruid i>l juiis en chaud, on lonys et petils jours,
Kl la terre, ores laide, en avril sera belle.
Ce ^'rand llanibeau du ciel sans fin resplendissant. Œil visible de Dieu, lils aine de Nature, Tousjours dessous un signe immobile ne dure, Ains change et tait changer l'ùge pront (?t glissant.
Mais sa tliversilé n'esment mon cœur fidelle. Car rien plus de changeant n'y s(,'auroit arriver: I.a constance est ma forme, on ne m'en peut ]>river; F.Ue m'a donné l'estrc, et ne seroy sans elle.
Ce qu'est le mouvement au ciel (|ui tout dispose, La lumière au soleil, au plomb la gravité, La froidure à l'hyver, la chaleur ,à l'esté, Voslre cœur est à nioy toute une inesme chose.
Qu'on ne soit donc jamais en doute de ma foy. Car, devant que le tans nos deux cœurs desassemble, Un sujet recevra deux contraires ensemble : Cessant de vous aimer, je ne seroy plus moy.
J'ay couru, j'ay tourné, volage et variable. Selon que la jeunesse et l'erreur m'ont poussé. Et mon vol trop hardi jusqu'au ciel j'ay haussé. Dressant à mes désirs maint trophée honorable.
S'il y eut onc amant lieureux et misérable, Fasché, contant, jaloux, bien et mal carressé. Qui par tous les destours hazardeux ait passé. C'est moy dont le renom doit estre mémorable.
Rendu sage à la fm, je me suis retiré A vostre œil, qui de moy fut premier adoré, Ne trouvant autre part nulle llamme assez claire.
Vous seule à l'avenir ayez siu' moy pouvoir. Les amours de ce tans vostre foy m'ont fait voir : Un contraire est tousjours mieux veu ])ar sou confraii'e.