‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 53 sur 150 · J,ES · texte numérisé non relu

J,ES

AMIUIRS D'HTPPOLTTE

Icare est cheut icy, le jeune audacieux, Qui pour voler au ciel eut assez de courage : Icy tomba son corps degarny de plumage, Laissant tous braves cœurs de sa cheule envieux

0 bien-heureux travail d'un esprit glorieux, Qui tire un si grand gain d'un si petit dommage! 0 bien-heureux malheur plein de tant d'avantage, Qu'il rende le vaincu des ans victorieux !

Un chemin si nouveau n'estonna sa jeunesse, Le pouvoir lui faillit, mais non la hardiesse : 11 eut pour le brûler des astres le plus beau ;

11 mourut poursuivant une haute advauturc; Le ciel fut son désir, la mer sa sépulture : Est-il plus beau dessein ou plus riche tombeau '?

Quand je pouvoy me plaindre eu l'amoureux toiwuient, Donnant air à la llamme en ma poitrine enclose,

Imité d'un sonnet de Sannazar qui commence parce vers : Icaio cadde qui, qnesie onde il sanno, etc.

I, i:s A MOI' Il s I» iiirpoi, VTI-.

Jo vivois trop liomoux : l;\s ! iiiainIcn.iiU Je n'ose Alléger ma douleur il'im soupir soulomonl.

(l'est nip potirsiiivrc, Amour, trop li^oui'oiisrmont : .l'aimt', ot je suis contraint île feimlre imc autre chose; Au l'orl ifc mes Iraviux, je i|y que je repose, Kt monstre en mes ennuis un vray contentement.

0 supplice nmet, que ta force est terrible! Mais je me plains à tort de ma gesne invisible, Yen qu'un si beau désir fait iiaistre mes douleurs.

Puisj'ay ce reconfort en mou cruel martire. Que j'escry toute nuiet ce que je n'ose dire, Et, quand l'encre me faut, je me sers de mes pleurs '.

Venus cherche son (ils, Venus, tout en colère, Cherche laveugle Amour par le monde égaré : Mais ta recherche est vaine, o dolente Cythere ! Il s'est couvertement dans mon cœur relire.

Que sera-ce de moy.' que me faudra-t-il faire? Je irie voy d'un des deux le courroux préparé; Kgalle obefssance à tous deux j'ay jmé : Le fils est dangereux, dangereuse est la mère.

Si je recelé Amour, son feu brûle mon cœur; Si je décelé Amour, il est plein de rigueur r.L trouvera pour moi (juelque peine nouvelle.

Amour, tlerueure donc en mon cœur seureinent, Mais fay que ton ardeur ne soit pas si cruelle, l'.t je te cacheray beaucoup plus aisément '.

(,)uand je suis tout le jour de douleur agité. Que j'eusse au moins la nuict quelque douce allegence I Certes, la passion a trop de violence Qui lousjours continue en son extrémité.

Pensers, désirs, soucis pleins d'importunilé.

' Imité d'im sonnet italien qui commence par ces mots :

Fu lempo cli' io hebiji arrtir con lingua sciolla Dolermi e palesar finlenia pcna, (juando .^mor pria mi tenne in sua catenn. Che il fallo e da scus.ir per nna \olla.

* Iinili'td'un morceau lalin (le Sannazar, qui débute ainsi : Qu:erifnt hnc illuc raphun sibi r.ypria natuni....

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