‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 67 sur 150 · XI · texte numérisé non relu

XI

Depuis deux ans entiers que j'aime une beauté, Perle unicque du inonde et sa lleur la plus belle, Trois fois tant seulement j'ay peu parler à elle; Voyez de mon malheur l'estrange cruauté !

tncor ce doux loyer, que j'avois acheté Par tant de passions et de peine immortelle. Trois fois m'est einpesché par la force cruelle Du malheur envieux, dont je suis surmonté.

C'est, peut-estre, mon bien dont je n'ay connoissance; Car, si son œil divin m'oste toute puissance, Jle ravit, me transporte, et me rend furieux;

S'il fait que sans espoir mon amour continue, Que feroient ses propos favorisez des yeux? Helas! pour me tuer, c'est assez de la veuë !

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Pour tant d'ennuis divers, tant de flamme et de glace, Qui font en mon esprit un si contraire effort, Pour mon repos perdu, mes pleurs, mon déconfort. Et pour tant d'autres mauxilont l'amour me menace :

Pour votre doux orgueil vainqueur de mon audace. Pour avoir conjuré des premiers à ma mort, Et fait que mon désir se maintienne plus fort, Quand plus le desespoir luy veut donner la chasse;

0 beaux yeux qui pleurez tant de feux et de traits! Je ne demande pas que m'accordiez la paix ; Que vous soyez plus doux, que jettiez moins de liâmes :

Pour tout bien je requiers, que, croissansen rigueur. Pour butte à tous vos traits vous choisissiez mon cœur, Et que vous dédaigniez de blesser d'autres âmes.

J'estoy dans une sale ombragé de la presse, Pour voir, sans estre veu, ma dame qui dansoit: Le peuple à l'environ tout ravi s'amassoit, Louant d'ame et de voix cette unique déesse.

En vain la voulant voir, sur les pieds je me dresse, Car mon foible regard assez ne s'avanfoit : Alais mon cœur, s'endammant ainsi qu'elle passoit. Remarqua sans mes yeux les pas de ma princesse.

Dieu 1 que j'aime mon cœur, bien que, mal conseillé.

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Il ;iil ro^'Pii l'iiiiKiur iloiit ,jo suis liaviiilli' .' I.i> plaisir qu'il lu'n l'ail mes ilouipurs rocoinpensp. Aussi biou mes lipux yeux couverts d'obscurili- N'ctisspnt [icu soustenir sa divine claité, Tant ils sont aveuglez île pleurer mou offense '.

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