‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 79 sur 150 · I.lll · texte numérisé non relu

I.lll

Enfin, l'Amour cruel à tel point m'a rangé, Que ma tiiste dépouille en cendre est convertie; El votre cruauté ne s'est oncq' amortie, Que mon cœui' jiar le feu n'ait esté saccagé.

Au moins pour le loyer de m'avoir outragé, Faites ainsi que feit la royne de Carie, Non jiar amour comme elle, ains pleine de furie : Beuvez le peu de cendre en quoy je suis changé.

La soif de me tuer s'éteindra dans vostre ame, Et ma cendre, qui couve une éternelle tlame. Fera que vos glaçons se fondront tout soudain.

Mais ce qui plus rendroit ma douleur consolée, Seroit de me voir clos dans un tel mausolée. Fut-il onc monument si beau que vostre sain ?

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Ces pleurs lirez du cœur je l'offre en sacrifice, Pour fléchir ton courroux, Parque au cœur indonté. Las! pardonne à ma dame, et par ta cruauté Ne fay point que d'Amour la puissance finisse.

Si tu désires tant d'exercer ton office, Passe moy de ton dard d'un à l'autre costé Et de cette déesse espargne la beauté.

Sans appauvrir nostre âge avec tant d'injustice.

Mais, si mon ardanl cry ne te peut escliaufîer, - Et que, quoy qu'il en soit, tu vueilles Irionfer De sa grâce divine et de sa forme estainte.

Sans oster aux mortels leur plus riche ornement, Helas! contente-toy de frapper seulement Celle que dans le cœur je porte si bien painte '.

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