‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 83 sur 150 · I.XXAl · texte numérisé non relu

I.XXAl

•Iherc et chaste déesse, honneur de ce» bas lieux, Orient de mon aine, astre de ma pensée, F'ourquoy tant de saisons tenez-vous éclipsée Sur mon seul horizon la clairlé de vos yeux?

Quel horiible péché me fait hayr des cieux .' Qu'ay-je l'ait, qu'ay-je dil pour vous rendre olfensee? Ah 1 s'il m'cstoit permis, j'ai l'ame si pressée, Que je maudirois tout, et déesses et dieux.

Apres m'avoir purgé de toute amoui- volage, Apres avoir marqué mon cœur de vostre image, Connne estant trop à vous, vous l'avez rejette.

Fut-il onc dans le ciel deïté si cruelle, Qui i)eut avoir en haine un cœur n'adorant qu'elle Kt mespriser le tenijile où son nom C'^t chanté?

0 foy ! qui dans mon anie as choisi la retraitle, fse trouvant autre part nul séjour asseuré En ce siècle iulidelle, où le monde égaré Avec rage et mespris t'ofl'ence et te rejette;

Si durant que le ciel plus rudement me Irailte, El quand je pers le bien par mente espéré. Mon esprit de constance est plus fort remparé Et rend à sa vertu la fortune sujette.

Déesse, en ma faveur, veille soigneusement A conserver ma (lamme ardant incessamment! Kay qu'elle s'entretienne et ne soit consommée ;

Car, quand le feu d'amour dedans moy s'esleindra, Ma vie au mesme instant tout à coup delaudra : Dans ce tison fatal ma Parque est enfermée.

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l.n iiioy soûl la ildulciu' au Unis l'ait rosist.iiicc, Kl lors qufi jiar raisou je tàdio à la douter, Aiusi qu'un f,'ianil tiiir(>nl que l'on prnse ariTstor, Elle roui|il la cliaussre et croist fii violance.

Poignauto, aspro, importune et (lerc souvpnanii', Veux-tu donc, nuicl et joui' mon esprit tominenlcr.' Tour Dieu ! cesse un petit, sans me représenter Un bien dont jionr jamais j'ay iierdu l'espérance !

Et toy, mon triste co^ur, d'infortunes comblé, -Vaguere si serain, maintenant si troublé, Voy comme en Ions nos faits l'inconstance se joue!

Apres l'aise et le liieii, les ennuis ont leur tour. Ueconfoite toy donc, apprenant que d'Amour, Non inoins que de Fintune, est le^rere la roui;.

Je ne puy par mes pleurs flécliir voslre coiii âge, <,'M une erreur l^en leyero a remlu courroucé, Erreur naissant d'Anionr, dont je suis si pressé (Jue souvent do raison il m'ostc tout usage.

Vous me voulez punir comme si j'estoy sage, El vous le sçavez bien, j'ay l'esprit offençé ; l)oit-on avoir égard à un homme insensé, ijuand durant sa folie il fait (luelipie dommage.'

J'estoy en mon accez, la fureur me lenoit, El de vous seulement ce transport ino venoit : M'y ])rcnez donc jioint garde, 6 ma belle adversaire I

Sinon, qu'avançez-vous? je suis si mal traité, l'icsné, brillé, navré, désolé, tourmenté, Que plus de nouveau mal vous ne sçauriez me faire.

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