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ODE A PRIAPE

Foutre des neuf ^garces du Pinde, Foutre de l'amant de Daphné, Dont le flasque vit ne se guindé Qu'à force d'être patiné !

C'est toi que j'invoque à mon aide, Toi qui dans les cons d'un vit roide Lances le foutre à gros bouillons :

Priape, soutiens mon haleine, Et pour un moment dans ma veine Porte le feu de tes couillons! (1)

Que tout bande, que tout s'embrase ;

Accourez, putains et ribauds.

Que vois-je ! où suis-je !... ô douce extase!

Les cieux n'ont point d'objets si beaux.

Des couilles en cercle arrondies,

Des cuisses fermes, rebondies,

Des bataillons de vits bandés,

Des culs ronds sans poils et sans crottes,

Des cons, des tétons et des mottes

D'un torrent de foutre inondés.

(I) Dans le manuscrit des Stromatci de Jamct le Jeun*, cnltt strophe commeme ainsi :

Vieux cous où séjourne la cra>» , Cons moisis do morpions foutu-.

Muses, restez sur le PUBMM A. gratter vos bougres de culs-.

C'est toi que j'invoque à mon aide

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Restez, adorables images, Restez à jamais sous mes yeux ; Soyez l'objet de mes hommages, Mes législateurs et mes dieux.

Qu'à Priape on élève un temple Où jour et nuit l'on vous contemple Au gré des vigoureux fouteurs :

Le foutre y servira d'offrande ; Le poil des couilles de guirlande, Les vits de sacrificateurs.

Aigle, baleine, dromadaire , Insecte, animal, homme, tout, Dans les deux, sous l'eau, sur la terre, Tout nous annonce que l'on fout.

Le foutre tombe comme grêle :

Raisonnable ou non, tout s'en mêle, Le con met tous les vits en rut; Le con du bonheur est la voie, Dans le con gît toute la joie, Mais hors du con point de salut.

Que l'or, que l'honneur vous chatouille, Sots avares, vains conquérants ; Vivent les plaisirs de la couille Et foutre des biens et des rangs !

Achille aux rives du Scamandre, Ravage tout, met tout en cendre, Ce n'est que feu, que sang, qu'horreur ; Un con paroît, passe-t-il outre?

Non, je vois bander mon jean-foutre, Le héros n'est plus qu'un fouteur.

DE l'IUON 22T

Quoique plus gueux qu'un rat d'Église, Pourvu quar mes couillons soient chauds Et que le poil de mon cul frise, Je me fous du reste en repos.

Grands de la terre, Ton se trompe, Si l'on croit que de votre pompe Jamais je puisse être jaloux ; Faites grand bruit, vivez au large, Quand j'enconne et que je décharge, Ai-je moins de plaisir que vous ?

De fouteurs l'histoire fourmille ; Le soleil fout Leucothoé, Cynire fout sa propre fille, Un taureau fout Pasiphaé ; Pygmalion fout sa statue, Le brave Ixion fout la nue :

On ne voit que foutre couler ; Le beau Narcisse, pâle et blême, Brûlant de se foutre lui-même, Meurt en tâchant de s'enculer.

Socrate, dites-vous, ce sage,

Dont on vante l'esprit divin,

Socrate a vomi peste et rage

Contre le sexe féminin :

Mais pour cela le bon apôtre

En a-t-il moins foutu qu'un autre?

Interprétons mieux ses leçons :

Contre le sexe il persuade 7-—^

Mais sans le cul d'Alcibiade

Il n'eût pas tant médit des cons...

rVRES BADINES

Nous voyons ce brave Cynique,

Qu'un bougre a mis au rang des chiens,

Se branler gravement la pique

A la barbe des Athéniens :

Rien ne l'émeut, rien ne l'étonné,

L'éclair brille, Jupiter tonne,

Son vit n'en est point démonté;

Contre le ciel sa tête altière,

Au bout d'une courte carrière,

Décharge avec tranquillité.

Jupin lui-même dans l'Olympe Perce des culs, bourre des cons ; Neptune, au fond des eaux, y grimpe Nymphes, syrènes et tritons.

L'ardent fouteur de Proserpine Semble dans sa couille divine Avoir tout le feu des enfers ; Amis, jouons les mêmes farces, Foutons tant que le con des garces Nous foute enfin l'âme à l'envers.

Tisiphone, Alecto, Mégère,

Si l'on foutoit encor chez vous,

Les Parques, vous, Caron, Cerbère,

De mon vit vous tâteriez tous;

Mais puisque, par un sort barbare,

On ne bande plus au Ténare,

Je veux y descendre en foutant;

Là, mon plus grand tourment, sans doute,

Sera de voir que Pluton foute,

Et de n'en pouvoir faire autant.

Redouble don: tes infortunes, Sort, foutu sort, plein de rigueur, Ce n'est qu'à des âmes communes A qui tu peux foutre malheur :

Mais la mienne que rien n'alarme, Plus ferme que le vit d'un carme, Rit des maux présents et passés.

On me méprise, on me déteste, Que m'importe ! mon vit me reste ; Je bande, je fous, c'est assez !

La plupart des éditions de l'Ode à Priape ne contiennent que les 12 strophes ci-dessus. Un amateur a bien voulu nous communiquer les 4 suivantes, écrites de la main même de Piron comparaison faite des écritures) sur la garde d'une édit. in-8° des Lettres philosophiques de M. de V

Tandis qu'à la gloire insipide

Alexandre s'ouvre un sentier,

Tandis que son courage avide

Engloutit l'univers entier;

Que la peur des oiseaux funestes

Devant les puissances célestes

Prosterne ce roi turbulent,

Diogène en paix dans sa tonne,

Sous les yeux du grand Dieu qui tonne,

L'emplit de foutre en s'y branlant.

Quelle importante raison brouille Achille avec Agamemnon ?

L'intérêt sacré de la couille :

Briséis, une garce, un con.

Sur l'illustre amour de la gloire,

L'amour de foutre a la victoire, Il traîne tout après son char :

Cette puissance à qui tout cède Devant le vit de Nicomède Fit tourner le cul à César (1).

Jeunesse au bordel aguerrie, Ayez toujours le vit au con.

En foutant Ton sert sa patrie ; Quand on est chaste, à quoi sert-on?

Il falloit un trésor immense Pour pouvoir de leur décadence Relever les murs des Thébains. Phryné le trouve dans ses coffres ; On sait quelles furent ses offres.

Que servit Lucrèce aux Romains?

Palais, trésors, honneurs, foutaise !

Oui, Crésus, toi tout le premier, Tu ne vaux pas, ne t'en déplaise, Irus qui fout sur son fumier.

Le sage fut un bougre en Grèce, La sage fut une bougresse ; Exemple qu'à Rome on suivit.

On y vit plus d'une matrone, Préférant un bordel au trône, Lâcher un sceptre pour un vit.

Tout se répare et se succède Par ce plaisir qu'on'nomme abus.

(4) Dans les Str ornâtes, ceue strophe commence ainsi : Antoine étoit bien aussi brave Que le vainqueur du Rubicon.

Qui le fait fuir devant Octave?

Cléopatre, une garce, un con.

Homme, oiseau, poisson, quadrupède,

Sans ce plaisir ne seroient plus.

Le foutre est la base du monde,

Le foutre est la source féconde

Qui rend l'univers éternel ;

Et le grand tout que l'on admire,

Ce bel univers, à vrai dire,

N'est qu'un noble et vaste bordel.

Cette dernière strophe a été copiée sur les Stomates de Jamet le jeune, que possède la Bibliothèque Nationale.

PARODIE DE L'ODE A PRIAPE (i)

Foutre des saints et de la Vierge, Foutre des anges et de Dieu ; Sur eux tous je branle ma verge Lorsque je veux la mettre en feu.

C'est toi que j'invoque à mon aide, Toi qui dans les culs d'un vit raide Lances le foutre à gros bouillons.

Du Chaufour (2), soutiens mon haleine, Et pour un instant à ma veine Prête l'ardeur de tes couillons.

Que tout bande, que tout s'embrase, Accourez, putains et gitons ;

(i) Cette pièce, qu'on trouve Imprimés Clans Juliette ou les Prospérités du vice, du marquis de Sade, est attribuée par ce dernier au cardinal de Bernis.

(2) Tout le monde a connu ce héros d« la bougreric, publiquement brûlé en place de Grève.

Pour exciter ma vive extase, Montrez-moi vos culs frais et ronds.

Offrez vos fesses arrondies, Vos cuisses fermes, rebondies, Vos engins raides et charnus, Vos anus tout remplis de crottes ; Mais surtout déguisez les mottes :

Je n'aime à foutre que des culs.

Fixez-vous, charmantes images, Reproduisez-vous sous mes yeux; Soyez l'objet de mes hommages, Mes législateurs et mes dieux.

Qu'à Giton l'on élève un temple, Où jour et nuit l'on vous contemple ; En adoptant vos douces mœurs, La merde y servira d'offrandes, Les gringuenaudes de guirlandes, Les vits de sacrificateurs.

Homme, baleine, dromadaire, Tout, jusqu'à l'infâme Jésus, Dans les deux, sous l'eau, sur la terre, Tout nous dit que l'on fout des culs.

Raisonnable ou non, tout s'en mêle ; En tous lieux le cul nous appelle, Le cul met tous les vits en rut ; Le cul du bonheur est la voie ; Dans le cul gît toute la joie ; Mais hors du cul point de salut.

Dévots, que Tenter vous retienne,

Pour vous seuls sont faites ses lois ; Mais leur faible et frivole chaîne

DK PIRON 227

N'a sur nos esprits aucun poids.

Aux rives du Jourdain paisible, Du fils de Dieu la voix horrible Tâche en vain de parler au cœur.

Un cul paraît, passe-t-il outre ?

Non, je vois bander mon Jean-foutrc, Et Dieu n'est plus qu'un enculeur.

Au giron de la sainte église,

Sur l'autel même où Dieu se fait,

Tous les matins je sodomise

D'un garçon le cul rondelet.

x\les chers amis, que l'on se trompe!

Si de la catholique pompe

On peut me soupçonner jaloux ;

Abbés, prélats, vivez au large,

Quand j'encule et que je décharge,

J'ai bien plus de plaisir que vous.

D'enculeurs l'histoire fourmille ; On en rencontre à tout moment :

Borgia, de sa propre fille, Lime à plaisir le cul charmant.

Dieu le père encule Marie, Le Saint-Esprit fout Zacharie :

Ils ne foutent tous qu'à l'envers, Et c'est sur un trône de fesses Qu'avec ses superbes promesses, Dieu se moque de l'univers.

Saint Xavier aussi, ce grand sage, Dont on vante l'esprit divin, Saint Xavier vomit peste et rage Contre le sexe féminin.

Mais le grave et charmant apôtre S'en dédommagea comme un autre.

Interprétons mieux ses leçons ; Si de colère un con l'irrite.

C'est que le cul d'un jésuite Vaut à ses yeux cent mille cons.

Près de là, voyez saint Antoine, Dans le cul de son cher pourceau, En dictant les règles du moine, Introduire un vit assez beau.

A nuls dangers il ne succombe, L'éclair brille, la foudre tombe ; Son vit est toujours droit et long ; Et le coquin, dans Dieu le père, Mettrait, je crois, sa verge altière.

Venant de foutre son cochon.

Cependant, Jésus dans l'Olympe Sodomisant son cher papa, ; Veut que saint Eustache le grimpe, En baisant le cul d'Agrippa.

Et le Jean-foutre à Madeleine, Pendant ce temps, donne la peine De lui chatouiller les couillons.

Amis, jouons les mêmes farces; N'ayant pas de saintes pour garces, Enculons du moins les Gitons.

O Lucifer, toi que j'adore, Toi qui fais briller mon esprit, Si chez toi l'on foutait encore, Dans ton cul je mettrais mon vit.

DK PIRON 229

Mais puisque, par un sort barbare,

L'on ne bande plus au Ténare,

Je veux y voler dans un cul :

Là, mon plus grand tourment, sans doute,

Sera de voir qu'un demon foute,

Et que mon cul n'est point foutu.

Accable-moi donc d'infortunes, Foutu Dieu qui me fais horreur ; Ce n'est qu'à des âmes communes A qui tu peux foutre malheur.

Pour moi, je nargue ton audace, Quand dans un cul je foutimace ; Je me ris de ton vain effort; J'en fais autant des lois de l'homme:

Le vrai sectateur de Sodome Se fout et des dieux et du sort.

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