‹ Œuvres badinesChapitre 86 sur 128 · LE REVEIL · texte numérisé non relu

LE REVEIL

N'a pas longtemps qu'avisai Madelon Qui reposoit sur la verte fougère :

Un doux zéphyr entîoit son cotillon, Si que je vis presque à nu son derrière. A tel aspect, Amour, ce fis-je alors,

[Ga ŒUVRES BADINES

Le beau fessier! la chair blanche et polie ! Que Madelon cache à l'œil de trésors ! Lors m'approchant de la belle endormie, Tout bellement la pris entre mes bras ; Et d'une main qu'Amour rendoit hardie, Je découvris ses plus secrets appas.

Dormoit toujours la gentille pucellc, Ou le feignoit, car n'ouvroit la prunelle; Jamais sommeil ne fut plus apparent.

De l'éveiller me prit la fantaisie, Et me souvins qu'en cas peu différent, J'avois guéri femelle assez jolie De certain mal qu'on nomme pâmoison.

Peut-être encor c'est ce mal ; que sait-on? Or, quel malheur, si telle maladie Faisoit mourir sans secours Madelon !

Sans plus tarder, j'appliquai le remède : Prêt il étoit, et n'avoit besoin d'aide; Du premier coup la tirai du sommeil.

Lors, Madelon se frottant la paupière : — Bon gré, me dit, vous sais de mon réveil, Et grand plaisir m'avez-vous fait, compère. Viendrai dormir tous les jours en ce lieu, Puisque si bien savez comme il faut faire- Pas ne manquez de m'éveiller; adieu.

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