CHANT III
Inare, au fond d'une fosse dont la profondeur empêche que les gens demeurés sur le bord ne puissent lui donner du secours , éclate , tonne , fclisphéme , écume. Enfin , vers le milieu de la nuit, les paysans qu'on a été chercher arrivent avec des échelles et des cordes : on l'attache , on le retire , on le transporte sur un brancard dans un hameau qui étoit à peu de distance.
Un chirurgien arrive : on visite les contusions, on y met un appareil; les douleurs vives commencent à se faire sentir, la fièvre s'y joint ; mais de ces fièvres aiguës et violentes , telles qu'il s'en allume dans les tempéramens bilieux : l'impatience en précipite, eu aggrave les redoublemens.
Les courierspaiteut pour Tours, ils
ramènent avec eux les médecins de îa comtesse Mais le mal eut toujours sou période , et il fallut qu'lnare passât quinze jours dans une aussi désagréable situation , avant de pouvoir monter à cheval.
Une indisposition aussi sérieuse , aussi longue , auroit dii ralentir en lui la passion qui le portoit à chercher Ollivier ; mais quand la haine s*est logée dans une anie de cette trempe , elle s'y assied et s'y cramponne.
Etoit-il dans le délire, il ne parîoitqiie d'Ollivier; la fièvre lui donnoit-elle du relâche , il s'iuformoit d*Ollivier. En a-t-on des nouvelles à Tours ? Est-il arrêté ? Par oi^i s'estil enfui? Personne ne l'auroit-il vu passer ?
Il faisoit faire des perquisitions de toutes parts , et quoiqu'avare, répandoit l'or à pleines mains.
Un homme qui paie bien , est ordinairement bien servi. Les bateliers
qui avoient conduit Ollivier jusqu'à Nantes revinrent , lurent trouver Inare, et pour son argent, lui firent un portrait bien exact de l'homme qui avoit frété leur bâtiment.
Cette découverte valut au malade plus que tous les secours de la pharmacie : il recouvre ses forces et part sur-le-champ pour la Bretagne , ue doutant point que le duc Richard no dût se prêter à la vengeance du comte de Tours, son allié.
Les voyages d'Inare étoient des courses. Il est déjà aux portes de Nantes : la flotte que conimandoit Stenon venoit de mettre à la voile.
Le duc Richard et sa cour étoient occupés à voir un tournoi dont ce prince donnoit le plaisir aux dames; Rollond, le phis jeune de ses fils, nouvellement armé chevalier , en étoit le tenant.
Inare, instruit de cette nouvelle, fait tirer de ses équipages ses plu»
belles livrées, les fait prendre à Sd*
pages, se panache de plumes et cle rubans ronges et jaunes, arbore une soubre-veste chargée d'une large croix de mêmes couleurs , se présente à la barrière en faisant crier par sa suite : faitv^s place au seigneur comte Inare.
La foule s'écaite, la voix passe de bouche en bouche jusqu'aux hérauts cl*armes; de là dans les balcons, sur les amphithéâtres Place, place, crioiton , au seigneur comte Jnare.
On se demandoit, connoissez-vous M. le comte d'inare ? Il aura beau se faire annoncer, répondoit-on , il arrivera (ou'onrs incognito.
Il a pris la croix contre nous , di^oit Tun , est-ce qu'il nous prend pour des Turcs ?
Les femnies troiivoient que 1^ gros rouge et le gros iantie ces couleurs fortes, s'assoi tisso eut à mer\eille à la taille épaisse du cheval et du chevalier.
Cependant Innre étoit en dedans de la barrière , et la visière basse , une
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lance grosse comme une antenne sur la misse ; il atlendoit que le tenant vînt lui faire tête;' il n*eut pas le temsde s'impatienter ; Rollond parut.
Il avoit à peine dix-huit nns ; sa taille étoit aisée, légère et bien prise, il montoit un cheval plein de feu, qu'il manioit avec adresse.
La trompettesonne. Les deuxc hampions prennent du champ et courent l'un contre l'autre ; mais l'énorme cheval normand qui portoit Inare ne partit qu'au grand trot. Rollond fond sur le Tourangeau comme un éclair , évite le coup que celui-ci lui portoit, le frappe si adroitement qu'il lui fit perdre l'équilibre, l'enlève de la selle, et l'envoie à dix pas de sa monture.
B.o41ond, après ce beau coup, achève de fournir sa carrière avec la même aisance, et retourne se placer à la tête de la liceauprès des juges ducamp.
Inare se relève furieux , et ne trouvant point auprès de lui l'adversaire qui l'a terrassé, il s'en prend à sou
propre cheval, se rue sur lui et Passomme d'un coup de poing.
A ce trait, dans les balcons, en dedans , en dehors de la barrière , dans la campagne, tout le monde s'écrie, et tout-à-la-fois : vive, vive M. le comte d'Inare, il a fait un beau coup de poing !
Le Tourangeau roule des yeux hagards et furibonds : les juges du camp s'approchent de lui pour s'informer s'il ne se trouve pas incommodé de sa chiite; d'autres s'il n'aurolt pas faussé son gantelet. Innre perdoit patience ; lieureusement le duc Richard arriva sur la place, il avoit appris que le chevalier, aux dépens du(juel on plaisantoit, étoit le fils de la comtesse de l'ours; il crut devoir empêcher qu'on ne poussât le badinage trop loin ^ et pensant devoir des égards à ce nouveau venu, il s'empressa à hii faire oublier, à force de politesses, tout ce que cette journée avoit eu jusquelà de mortifiant.
Inare se remit un peu à Rapprocha du duc. Seif^neur , lui dit-il, le chevalier tenant est bien heureux que mon cheval m'ait manqué.
J'en suis persuadé, seigneur , lui répondit le duc; mais je vous prie de vouloir bien oublier cette petite disgrâce, et la pardonner à celui qui eu est la cause innocente. Si la fortune a donné à mon fils ce petit avantage sur vous , c*est Peffet d'un caprice; il ne doit rien ajouter à son orgueil, comme il n'ote rien à votre gloire. Venez , seigneur, et permettez qu'il se joigne à moi, pour m'aider à vous convaincre du cas que nous faisons delà valeur et du mérite dans le fils de l'illustre comtesse de Tours.
A ce compliment flatteur, le Tourangeau se retourna, par l'effet d'un mouvement habituel; il regardoit si le gouverneur qui jadis lui dictoit ses réponses , n'étoit pas encore derrière lui, et ne le voyant pas, il gémit du malheur d'être émancipé à vingt-
cinq ans ; et, sans proférer une parole, suivit, avec une démarche stupide, le duc Ricliard jusque dans le cliûLeau de Nantes.
La passion qui maitrisoit le Tourangeau , le trahit. Il laissa voir toute la bassesse de son ame à la première occasion qu'il eut d'entreleulr Je prince. Il s'exliala en invectives et en injures contre Ollivier, prétendit savoir que ce chevalier étoit venu chercher un asile à Nantes, que cet asile ne pouvoit être ignoré, et ajouta que Richard ne pouvoit se disj-enser fie lui remettre ce coupable entre les mains.
Je sais, repartit le duc, les justes raisons que le comte de Tours, mon allié, a de se plaindre de cet Ollivier, dont la recherche occasionne ici votre voyage. Je connois ce chevalier : il est frère d'armes de mon fils Stenon, et il faut convenii-, qu'avant la faute dans laquelle il vient malheureusement de tomber, il avoit la réputa-
tion d'un cavalier accompli, et que rien n'en démentoit en lui le caractère.
Inare entendoit impatiemment parler de son ennemi avec réserve, et même avec éloge. Un gentilhomme obscur, disoit-il. qui devoit son existence au comte Sigismond , dont il avoit été le domestique : un homme de cet élat, qu'un peu de bonheur et des préventions trop favorables avoient distingué mal-à-propos de la foule , s'oublier au point de commettre un pareil attentat ! Non, continuoit-il, il ne doit trouver de la protection nulle part, le droit des gens y est intéiessé.
Je ne suis, répondit Richard, ni son pation, ni son juge. Je sais, si son malheur vouloit qu'il se fût retiré sur les terres de ma domination , à quoim'obligeroient les devoirs de l'alliance et de l'amitié; mais on vous a trompé, seigneur; Ollivier n'est point à Nantes, ni dans toute la Eretagne.
Ce n'est pas un homme qui puisse y
demeurer obscur; cependant, si vous ne prenez pas assez d'assurance sur ma parole, voyez vous-même, informez-vous. Sigismond doit compter sur mon amitié , mes secours et mes services , quels que soient les motifs qui l'engagent à y avoir recours.
La réponse du duc auroit satisfait tout autre qu'Inare; mais le Tourangeau la prenant pour une défaite, persuadé qu'on traliissoit sa querelle en ne la servant pas avec toute la chaleur de la jalousie, du ressentiment et de la Laine, témoigna son méconlentement, et résolut de répandre des espions jusque dans le -palais, pour y vérilier les soupçons qu'il avoit conçus.
Cependant Richard continuoit dg le traiter avec distinction; et dans le dessein d'étaler son goût et sa magnificence, en faisant honneur au fils de Frédegilde , il annonça qu'il donneroit un bal 5 dont ce chevalier et la prin-
ressedeP.rotagne sa fille auroient tous les homietirs.
A^laé , fille d'un puissant souverain, princesse en qui Téclat des charmes et des vertus relevoit celui de la naissance, étoit l'objet des vœux de tous les rceurs faits pour aspirer à sa con- <piête. Mais qui pourroit peindre Pextravagant orgueil du Tourangeau , quand il se vit le héros dune semblable fête, et le chevalier d'une dam(3 d'aussi haut parage? Il ne vit plus fl'honneurs auxquels il ne pût raisonnablement prétendre, et résolut de tloimer, en sa personne, un amant d'importance à la princesse de Bretagne, et un rival redoutable aux douze pairs de France.
Les dépenses qu'il fit pour se montrer dans cette fête, firent paroître dans tout leur lustre son avare profusion et son mauvais goût. Les courtisans Bretons applaudissoient malignement ; Rolloud , fils du duc, ne fut pas le dernier à faire remarquer
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aux femmes de la cour qu'on ne se meftoitnulle part comme en Touraine.
L'ombrageux Tourangeau avoit la plus forte envie de lui rompre en visière ; mais l'assemblée étoit complette ; la cour étoit placée ; la symphonie se faisoit entendre ; il falloit ouvrir le bal. Inare se voit contraint à danser : il danse.
On voit cette masse pesante, inanimée , se traîner autour du salon, embarrassée de ses mains, le corps déhanché, la tête de travers, l'oreille au dépourvu, l'œil égaré, la bouche béante. On voit d'un autre côté la princesse de Bretagne, réunir à la précision, la grâce, l'aisance et la légèreté; mais bientôt on cesse d'admirer et de rire ; car le bal en commençant, prend fin par un événement aussi fâcheux que ridicule.
Inare, en s'approchant trop près, s'embarrasse dans la queue de la robe; . la princesse tombe : le Tourangeau trébuche lui-même , et fait une chute
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si lourrîe, que le salon en est ébranlé. On ac(onrt pour donner la main à la fille de Richard. Cependant Jn.ire se relevant avec la même mal-adresse, porte la parole à Ag,laé Te suis mortifié de l'accident. Madame; mais cVsl votre faute : vous n'auriez pas dû tourner si court.
Votre excuse ii't^sf pas valante , clieval.er , répliqua Rollond, cjui s'étoit avant é pour donner du secours à sa saur. Je la maintien-i vraie envers et contre tous, répond t Inare, d*ua ton bruscjue, et d'un air enflammé; en même tems il arrac lie par morceaux son pant , qu'il ne peut parvenir à se t^rer de la main , et le jette au milieu de l'assemblée.
Rollond ramasse le f^ant. f.e Tourangeau lui lance des regards menaçans. On s'empresse pour arrêter les suites d'une a'T'a re aussi étrange. Des seigneurs, cjiie leur dignité et leur âge meftoient eu droit déparier, veulâut remontrer au &Is de la couitessa
de Tours le travers qu'il va se donner, l'insulte qu'il fait à Richard; le furibond Inare n'écoute pas , il ne répond rien. Il cherche à rencontrer les yeux de son adversaire; je le lui soutiendrai, dit-il; nous nous verrons à pied, et j'aurai ma revanche.
Cependant on transporte Aglaé dans son appartement. Le duc se retire suivi de Rollond. L'assemblée se dissipe : on laisse le champ de bataille à Inare , qui se promenoit encore à grands pas dans le salon, en lançant au ciel des regards furieux, si les valets du château ne fussent venus pour éteindre les bougies et fermer les portes.
Enfm le Tourangeau se retire , et pensant, après l'insulte qu'il croit avoir reçue, ne devoir plus occuper un appartement dans le palais du duc Richard, il envoie ordre à ses équipages d'en sortir, et va chercher un logement dans la ville.
On prévoit la suite de cette aven-
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ture. Les écuyers sont en route de part et d'autre ; les cartels, les réponses vont leur chemin. Le combat devoit être seul à seul ; car où le fils de Frédegilde auroit-il pu trouver un second ? Le duc gémit de voir son fils engagé dans cette ridicule affaire, mais le point d'honneur est impérieux.
Le jour , le champ , les armes , les juges, tout est convenu; les combattaiis sont en présence; personne ne tremble pour Rollond. Au second coup cfue lui porte Inare , le prince Breton Tient au désarmement, lui saisit le poignet, lui donne le croc en jambe, et le terrasse. Alors Inare, que les passions les plus cruelles égarent , saisit un poignard dont il se trouvoit muni, contre la règle du combat, et cherche à en frapper son vainqueur.
Les juges du camp accourent, indignés de cette lâcheté , on sépare les combattans. Inare , déclaré indigne de la chevalerie , dépouillé de s^s armes, banni des Etats du duc, est
conduit par la garde hors des portes de la ville.
II faut avoir de l'ame pour mourir de douleur ou de honte. Le Tourangeau ne connoît point ces excès. C'est la fureur, c'est la frénésie, t'est la rage qui le dominent. Il traverse ea brigand la Bretagne, il insulte, il viole, il incendie; le cri des peuples porte bientôt auK oreilles du souverain des attentats dont son devoir l'oblige à tirer vengeance ; mais celui qui les a commis s'est dérobé, par la promptitude de sa marche, aux troupes qu'on envoie de tous côtés pour l'arrêter.
Au sortir de la Bretagne , il ne prit pas le chemin de Tours. Il congédie la plus grande partie de ses équipages , et dirige sa route par la Provence, résolu d'aller tenter fortune en Asie, s'il ne trouvoit pas à s'établir dans la Grèce; car il espéroit qu'il pourroit bien , en passant , se faire couronner à Bizance, ou tout au moins à Trébi- 2oade.
Comme il suivoit vivement l'exécution de ses projets, il eut bientôt traversé le Poitou , le Limousin , l'Auvergne et le Languedoc ; il passe le Rhôue, et de là , suivant le cours de Li Durance, il comploit prendre sa route par Cavaillon . pour se rendre au port de Marseille , lorsqu'il lit rencontre d'une dame éplorée qui lui demanda son assistance.
Levez-vous, Madame, ditinare, et faites-nous part du sujet que vous avez de crier si fort.
Ah ! seigneur, répondit la dame, ma sœur Alérie est mariée au cruel Talagon , maître d*Lin château que vous trouverez à quelques pas d'ici sur votre route. Il n'est point de jour que sur des soupçons mal fondés, il ne se porte aux dernières violences contr'elle. Aujourd'hui, segnenr, il semble vouloir consommer toutes ses barbaries; il Ta fait lier à un aibre et la déchire inhumainement de coups:
vous êtes à portée d'entendre les crij
que la douleur arrache à cette malheureuse victime.
En effet, j'entends, dit-il , beaucoup de bruit; c'est doue votre sœur qu'on fouëlte? Elle a le son de la voix:
aigre. L*a-l-on mise bien nue ? Il faut aller voir cela. Tout en parlant ainsi, notre homme laisse ses écuyers derrière lui, et pousse sa monture au grand trot.
Il arrive dans un bouquet de taillis assez touffu ; il voit que le rapport qu'on lui a fait n*est point infidèle, quant aux coups que recevoit Alérie.
Il juge que l'homme cjui les lui donne est Falagon , dont on vient de lui parler. Seigneur châtelain , lui dit-il, en lui faisant un signe de la main, que je ne vous dérange pas. Vous corrigez votre femme ? Et c'est très- bien fait. Continuez, si le cœur vous en dit; après cela vous me direz vos raisons.
Ealagon méritoit, à mille égards, le surnom de cruel que lui avoit donné la sœur d' Alérie : cependant la haran-
pue d'Inare lui parut tellement éloignée du Ion de la clievalevie , et si déplacée dans la bouche de celui qui la prononçoit ( s'il falloit juger de l'état par l'équipage) qu'il ne put s'empêcher de répondre brusquement au Tourangeau.
Chevalier , la personne que vous vovez , et qui vous est inconnue, est •.ans doute bien indigue de quelque ]irotection que ce soit, et mérite audelà du châtiment qu'elle éprouve :
je n'en suis cependant pas moins étonné que vous vouliez froidement en être le témoin. Je la châtierai sans doute , quand vous m'aurez délivré de votre présence.
Falagon étoit à pied, et sans autre arme pour sa défense que la courroie dont il se servoit pour frapper sur Alérie. Insolent, lui répondit Jnare , (en poussant contre lui son cheval, et en cherchant à le renverser du choc) je te ferai voir comme je traite les gcug de ta sorte.
Le châtelain , adroit et léger, évite la rencontre, court à l*arbre le plus voisin, se guindé sur le haut d'une branche fort élevée, embouche un cor d'argent qu'il portoit à la ceinture , et fait retentir les environs du son aigu qu'il en tire.
Inare descend de cheval, vient à l'arbre auquel Alérie éloit attachée, coupe les liens qui il retiennent; fon brutal de mari m'échappe . lui dif-il, mais je l'empêcherai de te maltraiter à sa fantaisie.
Cepen fiant le bruit du cor a voit rassemblé les vassaux de Falagon ; ils sortent en foule du château, qui n'étoit pas éloigné. Ils arrivent nrmés de tout ce qui s'est trouvé sous leurs mains.
Alérie, déjà libre, et qui s'apperçoit qu'Jnare est environné de toutes parts , se jette aux genoux du Tourangeau, comme ayant dessein de les embrasser pour lui témoigner sa reconnoissance, et mettant à profit le m.o-
meuC
ment cle surprise que ce mouvement occasionne à son libérateur, elle lui saisît adroitement les jambes avec un des liens dont il l'a débarrassée.
Inare tourne la tête au bruit occasionné par l'arrivée des vassaux de Falagon : il fait un mouvement pour remonter précipitamment à cheval; mais saisi par le lien, il perd l'équilibre et tombe de son haut avec ua horrible fracas; on le saisit, on le garrotte , on l'entraîne.
Cependant Philippe, à la tête des princes réunis pour faire triompher rétendardcle la croix, après avoir soumis Torlose , Antioche, Laodicée etCésarée, faisoit le siège de Damas, ville capitale de la Svrie.
Mélec Baaladin, Soudan de ceîte contrée, abbattu par ses défaites, obligé d'abandonner la campagne , se flattoit à l'abri des boulevards de sa capitale, d'arrêter les progrès des croisés, et de balancer leur fortune jusqu'à l'arrivée des secours qui lui