CONTE MORAL
Pamour et au mystère.L'ameublement est l'ouvrage des Grâces, du goût et de la mollesse. On force la belle à l'admirer : elle laisse échapper un mot de reproche sur l'emploi du tems : une raillerie vive en est la réplique ; le dépit succède ; le jargon en triomphe ; des caresses emportées sont repoussées par des refus qui n'ont rien de naturel ; une f u^îeur aiTectée cède à une véritable e;Frouterie; enfin des désirs usés avant la jouissance mettent en œuvre toutes les ressources du libertinage. La*^ lassitude se fait sentir ; le dégoût la ^ suit et termine l'aventure.
Mercure n'est pas un Dieu novice; cependant il est scandai se; ce qu'il vient de voir lui semble une profanation ; il s'échappe.
A ce coup le hasard dirige ses pns# Une maison fort éclairée attire ses regards dans l'ombre de la nuit : il y va, mais sans espérance et presque découragé.
A la suite d'un souper, moins déli^-
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calque solide, une compagnie s'aban*donnoit à une joie ivre , sans senti-* mens et sans réflexion. Le Plaisir que cherche Mercure fuit également le ton précieux du beau monde, et la gaité bruyante de la cohue bourgeoise : il n'éloitpas dans cet endroit.
Enfin les ombres de la nuit se dissipent; Mercure, au lever de l'aurore, se trouve au milieu d'une campagne riante. Les seules beautés de la nature lui prêtent l'éclat et les agrémens qui s'y font remarquer La rêverie le porte vers un petit hameau : il entre dans une petite cabane couverte de chaume, comme entraîné par l'instinct. Il y trouve Démophon etMélite.
Démophon a passé cinq lustres :
Mélite voit encore à peine les quatrô 6'accomplir. La nature n'a rien formé de plus parfait pour le corps; il n'est pas sorti de la main des Dieux d'à mes plus sensibles et plus innocentes. Une passion aussi forte que tendre les uqit, et l'hymen va la couronner.
C O N T E M O R A L. loi
A la vue de Mercure, la pudeur les colore de son fard, le seul cpii ajoute à la beauté. Un teudre embarras s'empare d'eux; la crainte qu'on ne vint; les désunir alloit naître : Mercure la prévient en s'arrt'tant. Il a vu dans leurs regards la présence du Dieu qu'il chercbe : il ne faut pas l'effaroucher ; il s'agit de le guetter et de le surprendre.
Mercure s'éloigne d'un pas, et revient sur le champ. 11 trouve le Plaisir sur un lit de mousse et de roses; encore saisi d'un doux frémissement, il l'enlève , l'enchaine et le reconduit au ciel.
Le Plais'r n'a point abandonné pour toujours Démophon et Mélite : il habite souvent leur simple cabnne , et ne s'éloigne d'eux que quand ils sout séparés.
7omc m. F