DIX-SEPTIÈME MOTIF
La liberté des Indiens doit naturellement consolider la puissance de Votre Majesté dans les Indes.
Il est incontestable que si les Indiens se voient affranchis de tous les liens du vasselage et de la servitude personnelle, ils aimeront Votre Majesté comme on aime un libérateur; ils se tiendront pour des sujets fort heureux , en pensant qu’ils sont destinés, eux, leurs femmes et leurs enfans, a être incorporés pour toujours à la grande famille et au patrimoine royal de la couionne.
Ils acquitteront avec plaisir les tributs qui leur seront imposés, parce qu’ils n’en auront pas d’autres à payer ; et si des circonstances extraordinaires obligeaient le gouvernement à les doubler , ils obéiront encore sans se plaindre, parce que le souvenir de la pauvreté et de l’esclavage leur rendront insensible cette nouvelle charge.
Votre Majesté n’ignore pas que rien ne garantit la solidité des gouvernemens qui ne sont soutenus que par la terreur, et que c’est au contraire l’amour qui en est l’appui le plus solide. Combien n’est-il pas plus glorieux pour Votre Majesté de régner par ce sentiment que par la crainte ! Quelle stabilité ce régime salutaire ne donnera- 1— il pas à sa puissance .