AU SECOND MÉMOIRE DE LAS CASAS
• L v doclrine que le vénérable Las Casas défendait en i542 auprès de l’empereur Cliarles-Quint est fondée sur les principes immuables de la raison éternelle. Elle trouvait un autre appui dans f histoire même des événemens qui s’étaient passés ; c’est ce que je me propose de faire voir dans la notice suivante, où j’expose rapidement les discussions qui s’élevèrent en Espagne sur la liberté des Indiens, les mesures prises à cet égard parle gouvernement, ainsi que les sophismes et les vaines allégations qu’on employa pour les rendre inutiles. J’ai pensé que ce travail jetterait un nouveau jour sur le mémoire de l’évêque de Cliiapa, quoiqu’il ne manque rien à cette pièce pour faire connaître avec exactitude les raisons essentielles et permanentes qui ont fait établir l’esclavage des Indiens et causé leur destruction. Je puiserai les principaux faits qui doivent me servir dans la chronique du fidèle historien des Indes, Antoine Herrera.
1492. — Les pouvoirs accordés à Christophe Colomb par la reine Isabelle de Castille sont du
Jy
17 avril de cette année, et le départ de l’amiral du port de Palos pour le Nouveau-Monde du 3 août suivant. Le 12 octobre Colomb découvrit une première terre, à laquelle il donna le nom de San Salvador. Son nom indien était Guanahami , l’une des Lucayes , dont les habitans, suivant ce navigateur , étaient doux et pacifiques.
ï493. — Le 4 janvier Colomb quitta File Espagnole pour revenir en Espagne rendre compte à ses maîtres de la découverte qu’il venait de faire d’un nouveau monde, du caractère de ses liabitans , et de la nature de ses productions ; il amena avec lui plusieurs Indiens pour donner une idée de cette nouvelle race d’hommes. Le roi et la reine d’Espagne confirmèrent alors leur traité avec Christophe Colomb , et instruisirent le pape Alexandre VI de ce grand événement. Ce pontife signa le 3 mai la fameuse bulle de la Ligne alexandrine en faveur des rois de Castille , et leur concéda la souveraineté sur toutes les terres qui seraient découvertes au sud et à l’ouest d’une ligne tirée d’un pôle à l’autre, à la distance de cent lieues des îles Açores et du cap Vert. Cette ligne fut établie plus tard à trois cent dix lieues vers le nouveau continent, à la suite d’une convention signée entre l’Espagne et le Portugal. Le pape imposa pour condition du droit qu’il accordait dans sa bulle aux souverains de Castille de faire prêcher dans tous ces pays la religion catholique, apostolique, romaine. Colomb partit de Cadix le 2 5 septembre pour retourner dans les
Indes, accompagné du père Jean Boil, religieux bénédictin , né en Catalogne, et nommé par le pape vicaire apostolique pour l’établissement de la foi dans le Nouveau-Monde : d’autres prêtres de différens ordres furent aussi de l’expédition , et Bartliélemi de Las Casas , a peine âgé de dix-neuf ans , y suivit son père Antonio, qui faisait le voyage pour la seconde fois avec Christophe Colomb. Les rois d’Espagne recommandèrent particulièrement à celui-ci de traiter avec douceur les Indiens , et de prescrire la même conduite à ceux qui seraient sous son commandement , afin de les engager à embrasser la religion chrétienne , comme on y était parvenu à l’égard des sept Indiens qui avaient été transportés en Espagne, et dont le roi et la reine avaient été les parrains à Barcelonne. Christophe Colomb arriva à Saint-Domingue le 26 novembre, et n’y trouva plus d’Espagnols : les uns avaient péri de la main des naturels , qu’ils avaient dépouillés de leurs biens, et outragés dans la personne de leurs femmes et de leurs enfans ; et les autres , divisés sur le choix d’un gouverneur après la mort de celui que l’amiral avait nommé, s’étaient fait une guerre cruelle dans laquelle ils avaient tous succombé.
1494. — Les Espagnols commencèrent cette année à tyranniser les Indiens. Le capitaine Alphonse d’Ojeda fit couper les oreilles à un Indien pour un motif qu’il jugea suffisant, mais qui était loin de justifier cette cruauté. Quelque temps après il s’empara par trahison de la personne de Canoabo , roi
d’une partie de file de Saint-Domingue , et le fit mourir; il continua son système d'oppression pendant plusieurs années , et mourut en Amérique avant d’avoir pu jouir des immenses richesses dont il avait dépouillé les Indiens.
1496. Don Barthélemi Colomb, adelantado
des Indes pendant l’absence de son frère Christophe ,
envoya trois cents habitans de l’île en Espagne. Il entendait qu’ils fussent traités comme esclaves , quoiqu’on les eût pris les armes à la main pendant qu’ils défendaient leur roi , leur pays et leur liberté: cette mesure était fondée sur ce que la reine Isabelle , informée que quelques caciques avaient tué un certain nombre d’Espagnols , voulait qu on envoyât en Espagne ceux des Indiens prisonniers -qu^on aurait convaincus de meurtre. -- V amiral ordonna que les Indiens , au lieu des tributs qu’ils avaient acquittés jusqu’alors , travailleraient dans les terres qui appartenaient aux Espagnols, comme ils le faisaient sur celles de leurs caciques : de là vint l’usage de distribuer des Indiens aux Espagnols, et de charger les caciques d’en fournir autant que le gouverneur en demanderait. Les Espagnols se crurent autorisés à punir de leurs propres mains les Indiens qui négligeaient de remplir leur tâche ou qui les trompaient. Les mauvais traitemens en obligèrent un grand nombre de fuir des villages dans les montagnes, et ce fut alors que les Espagnols , abusant de leur force , commencèrent à poursuivre les fuyards dans leurs
retraites, à traiter comme esclaves et à nommer ainsi lotis ceux qui tombaient entre leurs mains. L’amiral annonça aux rois catholiques qu’on pourrait occuper par ce moyen quatre mille naturels pendant toute lannee a la culture du bois du Brésil, pour le compte de Leurs Majestés, comme on employait à ce travail pour les rois de Portugal les nègres qu’on allait prendre dans la Guinée.
1499- - L’amiral forme des e'tablissemens d’Espagnols sur plusieurs points de l’ile de Saint-Domingue ; il distribue des terres à chaque colon, et leur livre comme commanderie (encomienda) un certain nombre d Indiens des tribus voisines , en les chargeant de les instruire dans la religion chrétienne, et leur permettant, pour récompense de leur zèle de les employer â la culture de leurs terres. Telle est 1 origine des commanderiez des Indiens. Christophe donne aussi d’autres Indiens aux Espagnols pour leur service particulier; plusieurs arrivent en Espagne 1 annee suivante avec leurs maîtres.
15°°. - La reine catholique désapprouve le partage qui a etc fait des Indiens; elle déclare qu’ils son libres , et sujets seulement de la couronne de Castille, comme tous les Castillans; elle veut une
Espagne soient remis en liberté , et renvoyés en Amérique ; nomme pour
BobadT C61 P'’yS, 16 C°mmandeur Francisco de J" *’ «lu>°rdonne de bien traiter les Indiens,
de rendre la liberté à ceux qui en ont été privés ,
. „».te résolution aux caciques , de
de faire conuanre c*« dontles femmes
s’assurer par eux s il y & les Espagnols ,
et les enfans aient e ^ les coupables ,
« “'fm ’âps-1" i-"-
attires par les b conçoivent une lieureuse
nent goût à leur soci > ^ ge disposent à l’ero-
idée de notre sainte re g > aucune des intentions
de la reine. Un de l’Amérique sera
gouverneur P°£f 1 * Maures et aux nouveaux
interdite aux Juifs , • ^ recevolr ,es esclaves
Xg'resqm sTronttés sous la puissance des chrétiens.
xBot.
ahusifettyranmque d pl y cela de leurs
eSetoyerlloinavec des fardeaux
ï:!;, et presque sans ahmens.
cette annee que 1 ^ éloignement serait
avec les Espagnols, conVon, ce quune
un obstacle a le de yes partager , soit
1 ^tuàthre de commandes, enge
comme , . aeea les souverains d hs
&rnr» — -
^’ih l’étaient, et non comme des esclaves, attendu qut/s ne l étaient pas- qu’ils leur fourniraient une nourriture suffisante, et leur paieraient le prix de leurs journées tel qu’il aurait été fixé par le gouverneur; qu ils feraient tous leurs efforts pour les con-
vertir , et témoigneraient une bonté particulière à ceux qu, auraient consenti à se faire chrétiens. Le nouveau gouverneur , Nicolas d’Obando, toléra les abus qu, s étaient introduits, et en permit de
minirTd da"S 16 'égime de 'exp'°itation des
"nols II dVT* *raVaUX deS e'tablisse“ens espas s. Il défendit en meme temps d’amener des
raÏntTa fd ’ 1“’*™» -«anque-
contracter des vices et des habitudes criminelles* Cette admmistratmn eut les suites qu’on devait en
d’en"' 7 ’ e flt tant ^ Pr°«rès 9u’on fut obligé
aussitôt^ T7 r°'S Catb0li(lUeS’ 1ui envoyèrent
sitôt 1 ordre au gouverneur des Indes de réta-
«lance65 efdTl ^ ^ ^ Prlmitif d’indépennce, et de les laisser jouir de la plus emière
liberté dans leurs familles et sur leurs ferres IZ
eur imposer d autre obligation que celle d’acquittfr
les tributs modérés auxquels les Espagnols Lient
soumis eux-mêmes ; d’établir dans chaque peuplade
nn cacique , uu alcade espagnol et un prêtre ch S
de es instruire avec douceur ; d’engager les Espf
no s a épouser des Indiennes, etlefffimuLZl
noles a se choisir des maris parmi les Indiens -et
-'se trouvait des naturels qui cohsentissLt T ir "
Il il
remettre exacteme rovale contenait d’autres
le- salaire. Indiens , à Va-
^^rUeAleurcWüisa^.
tait du cote de Varth»»e ’ • , des tribus
et en d’autres points A
d’I„dieus connus alors so (|(, Caraïbes,
lesquels , . Mro U S”»»
à manger de l a entsoumis, St commettre beauaux Indiens qui s moindre disposi
coup de désordres, et sans^ Les rols dlîsùon à entendre pre ^ ,n,eur ava;t annonce
pagne , persuade q ^ evmirent à leurs suétait conforme a . j vendre comme escla-
jets espagnols ^ ^1 ^dejen ^
ves les Indiens don 1 leg habitudes de la
les préparer , disaie * , ,a profession
domesticité , au ig rclne lsahelle mourut
du christianismes recommandé dans son
Indiens.
Colomb — do. tafa
r rirr- J -r.Wo, ,:,i..
donne lui-même un nombre considérable aux officiers de sa maison et à ses courtisans, en sorte que plusieurs de ces donataires afferment , pour ne pal quitter 1 Espagne, les commanderies qu’ils possèdent dans le Nouveau-Monde. — Nicolas Oband
esdavel ba,bIfeBd ^ rCCeV°ir dans les Iudes les esclaves barbaresques et ceux de l’Afrique.
i5o8 La population de Saint-Domingue était de, a tellement diminuée, qu’on fut obligé d’aller chercher quarante mille Indiens dans les8 îles Lu cayes pour les travaux des mines et des ! colons espagnols de l’île demandèrent ! u ro a propriété des Indiens pendant trois générations afin d’assurer leurs intérêts et de sauver ’
nai!re°s9' T Le 1 01 d EsPaSne renouvelle ses ordonnées relatives au traitement des Indiens afin
. : ' <» « leurs enfaus
zzvjr* srr Tr— a ™
11Clle> cIe fixante pour un écuyer
dans les mêmes circonstances , et de trente pour tout cultivateur marié, c’est à dire pour chaque roturier.
i5io. — Pedre de Cordoue , provincial de l’ordre de Saint-Dominique , conduit en Amérique un certain nombre de ses religieux pour fonder un couvent à Saint-Domingue. Cette opération procure au Nouveau-Monde une multitude de prédicateurs de la foi et de défenseurs de la liberté des Indiens.
La même année , Las Casas est ordonné pretre dans l’fle Espagnole , à l’âge de trente-six ans , et ce e re la première messe chantée qu’on ait entendue dansle
nouveau continent. - Le roi EerdinandV apprend
que la population indienne va s etemdre a Saint Domingue par les travaux des mines, quel e n peut supporter ; il y fait envoyer cinquante esclaves nègres pour l’exploitation de celles qui appartiennent au domaine royal. Il recommande de nouveau l’exécution des mesures de douceur déjà prescrites à l’égard des Indiens , et permet neanmoins d employer comme navorias, ou domestiques, et meme comme esclaves dans les mines , ceux qui auront etc faits prisonniers pendant la guerre : cette faculté donne lieu à une foule incroyable de fraudes et d’injustices, comme l’a déjà fait la distribution de Indiens, de plus en plus désastreuse, en faveur des officiers de la maison du roi, des — res des conseillers et d’autres employés , qui, “ns quitte l’Espagne, jouissent des revenus de ces etabb^e-
roens , qu’ils ont confiés à des majordomes ou a des
fermiers.
, l5".; JLe R Antonio Monlésino , le prélat et les religieux du couvent des dominicains de l’ile Espagnole commencent* déclarer dans leurs prédications <iue le roi d Espagne , ses ministres et ses conseillers marchaient a leur perte éternelle, ainsi que le gouverneur, îegue Colomb, ses assesseurs, ses lieutenans , les ,uges et tous les autres employés publics a cause du mal qu’ils faisaient aux Indiens et des’ obstacles quais mettaient à leur conversion. Cette conduite courageuse eut des suites importantes. Le prédicateur revint en Espagne et parla au roi, mai convoqua a Burgos une junte composée d’un nombre considérable de grands seigneurs, de conseillers e junsconsultes et de quelques théologiens. Le’ P. Monlesmo devait y exposer l’état de la colonie et es raisons en faveur de la liberté légale et absolue’ des Indiens, et Alphonse d’Espinar, moine franciscain, envoyé de ce pays, représenter au contraire qui serait impossible de convertir les Indiens et d en former des sociétés organisées et libres s’ils n étaient assujettis! d’une manière ou d’une autre au gouvernement et à la puissance des Espagnols son comme esclaves, soit comme nu.olf ou comme sujets de commanderies , et cela pendant 1 espace de deux ou trois générations consécutives.
•ke roi ordonna à la mnte d ctaKli,. „ • •
les Indiens devaient être libres et bien trahés^dV
«fut conlre m®me <'u *es *ament de la reine Isabelle.
des anc °“ t,eridn,it la main à 'exécution
Indien T”65 T'1'65’ 6t qU’Ü S6rait Pe™is aux Indiens de citer leurs oppresseurs devant les tribu-
Jf r I :
«aux; et afin que la justice fût régulièrement administrée, l’assemblée opina qu’il fallait creer^ tribunal supérieur d’appel sous le nom d audience royale. Elle pensa aussi qu’il conviendrait de ira porter dans l’fle Espagnole des nègres de la Gumee, parce qu’un seul de ces esclaves ferait autant de travail dans les mines que quatre Indiens ; e a l’égard des Caraïbes qui se seraient réfugiés da les montagnes , on pourrait marquer a la cuisse ceux qu’on ramènerait pour ne pas les confondre ave L autres naturels , dont on n’aurait aucune raison
de se méfier.
l5l3 Les dominicains insistent auprès de la
junte di Burgos pour quelle prenne une résolution
définitive. Elle a lieu en effet ; mais elle ne clian aemutiv . On établit seulement un
rien au fond du système, ui
réglement dont les articles portent: .-Qu on ne pourra employer les Indiens dans les mines que pendant cinq Lis de l’année, g" Qu’on ne leur fera plus porter des charges aussi considérables quau «fois, puisque les bêtes de somme sont communes dans la colonie. 3' Que nul colon n aura le d de les maltraiter à coups debàton , ni d aucune aut
côté de leurs éiabbssermm^
ôte.- tout espoir d’y trouver un asile s,;js ava;ent envie de quitter leurs maîtres. -Le licencié don Bartbelenu de Las Casas est si estimé des naturels de 1 de de Cuba, que lorsque le gouverneur envoie des fonctionnaires dans l’intérieur ils voyagent en surete en montrant aux Indiens une lettre de leur ami dans laquelle il leur recommande de ne rien
espagnols.61 ^ reCeV°lr C°nflanCe
i5i4. - Le roi d’Espagne fait remettre à Pedre Arias Davila, gouverneur du Darien, des instrue-
ZZT C°ndU f ^ doit tenir »vec les Indiens,
cei avec don Juan de Quevedo, religieux
conform m * dp CeUe Province- Elles sont
conformes a 1 avls de Semblée de Burgos ; mais
un article ajoute défend aux colons espagnols de faire a guerre aux Indiens , si ce n’est dans le cas d’une ] ste defense , et ordonne expressément de s’assurer ‘ est traité comme esclave a été réelle-
ment pris les armes à la main, attendu qu’il est parvenu au gouvernement qu’il se commet beaucoup
de fraudes a cet égard. La même année on établit
m repartidor des Indiens : Rodrigue Alburquer-
n:r:plu premier f°“s ■>
* Pourdeux générations, i !;U ement a ceux qui laisseront en mourant des enfans pour en hériter.
noi5 e5m~ K e’1qUe dU DaHen fait ‘Nffands efforts P empecher le capitaine Francisco Bezerra de
réduire à la condition d’esclaves un grand nombre d’indiens, parce que cette entreprise lui parait injuste. Las Casas s’élève avec force dans la chaire contre une distribution de naturels qu’ Alburquerque vient de faire. Les donataires et les employés royaux deviennent ses ennemis. Il s’embarque et vient plaider auprès de son roi la cause des ma eu reux Indiens : il prouve que le régime adopte pour les gouverner blesse la justice et ne produit aucun bien ; que Sa Majesté , ainsi que son conseil, ne l a sanctionné que parce qu’elle a ete trompée par e faux rapports arrivés du Nouveau-Monde.
l5l6. — Barthélemi de Las Casas va trouver le roi à Plasencia dansl’Estramadure, et l’entretient de la situation de l’Amérique : sa commission n est p encore remplie lorsque ce prince meurt. pens se rendre en Flandre auprès du nouveau roi, Charles d’Autriche; il en est détourné par le cardinal Ximenez de Cisneros , régent du royaume , qui convient cependant avec son collègue , e cai ma Adrien, d’envoyer dans leslndes quelques religieux de l’ordre de Saint-Jérôme avec d’amples pouvoirs pour s’assurer de l’état des affaires et or ®e
qui conviendra. Leurs instructions , tre e ’
portent entre autres choses que les co ons”® ^ ront plus se servir des Indiens pour transpor effets et leurs marchandises ; qu ils n en emp qu’un tiers aux travaux des mines, et eP , de vingt ans jusqu’à celui de cinquante; établi un protecteur des Indiens , qu
Las Casas est chargé d’en remplir les fonctions partira pour l’Amérique avec les religieux nommé commissaires par le roi. La même annl fe
dZl déf ™X V6 ViCDS de Parler &entpublier
p ff DSes Pour des motifs bien différons .
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Prouve' l’utilité de cette mesure ^1™"“ ,Tnt dune négligence à cet “2d ’Sp* T™611*
traite des nègres était défendue, et aucun “1™ ’ ^
- »— « « rrÆ sïïr
«bôfâ LTrir, T'Ù] i«
*ttsr aitrrt
conduite des juges royaux de Saint-Domingu^û l’indignation de Las Casas , qm les accusa publique
ment de favoriser l’esclavage des ^tureb jar ava
rice , et afin de conserver ceux dont ds s eurent em
parés. Celte attaque fut suivre de scandales ,
Casas, poursuivi et en danger de peit re a vr r obligé de quitter Saint-Domingue , a rev Espagne porter ses justes plaintes au pied du
lr<Las Casas ne tarda pas à s’apercevoir que les ministres flamands qui étaient venus e* Espagne avec le nouveau monarque n’étaient pas favorables ^la^ berté des Indiens : cefut a ors qu d essay ,
par des moyens indirects à cette belle cause ' en ach tantla permission de faire transpo, -.eraSam -Dom ^
rssssî! c fxw « w* •
au’il ne serait pas accordé de nouveau privilège
v» r.. KST--X. . -■>« *
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de Saint-Jerome V d>envoycr des cultiva-
fort avantageux a lEspag J Nouveau-
— « la, „„a„
«ascssw»»---
ves, réparèrent autant qu’ils purent le mal q„’on
leur avait cause, et revinrent en Espagne.
i5i8. -Le roi accorda un grand nombre de permissions semblables à celle que Las Casas avait
T1’11 avait P™ 1 We
, ri | ■ ■ , E ri ’ ce religieux obtient du roi
que Rodrigue de Figueroa soit envoyé en Amérique apres avoir entendu les religieux hiéronimites et les Espagnols les plus recommandables pour leur sagesse et qui ne possèdent rien dans la colonie avec la faculté de rendre complètement U n '
~ rr- i,pkn
au’tls ^ 3 °lme’ Sl nen ne 1 empêche de croire
Is o,VSetntdV1Vre.en Chré‘ienset sous l’empire
~ Jo.s, et, dans le cas contraire, d’en livrer -V ceux qui n exerceront aucun emploi au nom du roi en prenant toutes les précautions nécessaires po^ que ces concessions ne tournent nas an l • et au malheur des habitans P ‘ de*nmeDt
deslabo, metm P" ~ Emmener
religieux , et rassembler dais la pr^Med^C™ ^ des Indiens de son choix , ainsi réunissant les conditions qu’il désire S’'"’ ses a passer dans les colonies. Son dessein est dV rmer trois etablissemens propres à servir de modele aux autres , et à prouver la possibilité de aviser, de soumettre et de convertir les Indiens sans y eI”Pl0yCrdeS S0ldats' « l'a» part de son p “
roi dans la ville de Barcelonne. L’évêque du Darien , don Juan Quevedo , soumet aussi ses vues au monarque devant une assemblée de conseillers d état et d’autres personnes éclairées choisies pour en délibérer. Le roi , à la veille de partir pour aller tenir les cortès de Castille et de Léon dans la ville de la Corogne , ne prend aucun parti relativement aux affaires de l’Amérique. Sur ces entrefaites Rodrigue de Figueroa fait mettre en liberté tous les Indiens de Saint-Domingue ; mais le régidor , Michel de Pasamonte , ancien favori du roi , et alors son trésorier dans l’île, réclame aussitôt contre cette mesure auprès du gouvernement de Castille ; il appuie son mémoire sur des témoignages qu’il s est procurés à prix d’argent , et même sur des présens qu’il envoie à la cour.
1020. — Le projet de Las Casas est approuvé. Il retourne à Saint-Domingue pour y préparer son voyage à Cumana : il doit y prendre des religieux et deux cents laboureurs , qui seront vêtus de blanc et porteront la croix de Calatrava 5 afin que les naturels les prennent pour des missionnaires. Des circonstances indépendantes de la volonté de Las Casas font échouer ce projet > qui coûte la vie à un religieux et à quelques autres personnes , et met en danger celle de son auteur. Celui-ci prend l’habit de Saint-Dominique en 1621.
ï 52 2. — De nouveaux ordres sont envoyés pour que les Indiens soient traités avec humanité; mais on
nechange rien au système des commandes e tde dépôts; on permet aux colons de réduire à l£ clavage les Caraïbes et tous ceux des Indiens fait, prisonniers dans la guerre. *
1523. - Le plan de conquête adopté à lWd du Mexique fait défendre à Fernand Cortès paÎ J gouvernement de distribuer, comme à Saint- Domingue, les Indiens de la Nouvelle - Fsn aux soldats qu’il commande; il lui est même' ÎT donne de rendre la liberté à ceux qui seraient d "' soumis au régime des commander! attend 4 a ete décidé par les conseillers de Sa M ■ u/lu d
la conquête, a moins que les événemens n’oblte" J PPorterï“clque changement. En conséquence on remet en vtgueur toutes les ordonnances Lora-
i5^4. — Le roi sanctionne une résolution de! ai,
dience royale de Saint-Domingue, par laaueïl
certain nombre d’indiens ^ ' i 1f^uelle Un
u mcliens , amenés de la Terra
le premier objet dont il s’occupe par ordre du roi c’est la question de la liberté des Indiens.
,525. L’empereur, d’après l’avis de son con-
seil deslndes, ordonne que les Caraïbes soient réduits
à la condition d’esclaves , et que les autres Indiens dont les commandeurs sont morts jouissent a l avenir d’une liberté entière , en attendant que des renseignemens plus positifs permettent de régler le sort de ceux qui sont actuellement esclaves sous des maîtres.
1&26. — Il est résolu, qu’il n’y aura plus dans la Nouvelle - Espagne d’esclaves nés dans cette grande province; qu’aucun des habitans de ce pays ne pourra être marqué ni sur lé visage ni sur aucune autre partie de son corps, sous peine de la vie pour les contrevenans ; que tous ceux de Guaxalcmgo, sujets des commandeurs , qui n’ont pas fait la guerre, seront déclarés libres comme les Espagnols ; que les Indiens confiés à titre de dépôt ne seront plus employés, à moins qu’ils n’y consentent, aux travaux des mines, ni dans les métairies des Espagnols, et qu’on leur paiera leurs journées comme aux hommes libres ; que , vu l’oubli dans lequel sont tombées les ordonnances royales relatives à la liberté des Indiens, les prélats des maisons de dominicains et de franciscains des Indes seront autorisés par ba Majesté à déclarer libres tous les Indiens désignés dans ces mêmes ordonnances , et à affranchir egalement tous ceux qui seraient maltraites par leurs
commandeurs, ou forrv's
mines et dans les fermes. ! avai ^ Je<
i52S. — Le gouvernement prend de „„ u mesures favorables aux Indiens^ il nrd “
autres choses de ne plus traiter comme esdavesemre comme marques pour l’être, même possesseurs affirmeront qu’ils ont été 1Z n mers dans une guerre d’insurrection ou achT' comme tels depuis longtemps, à mois "S sou bien prouvé que leur servitude remonm 1 ” époque où elle était permise II rl,
indiens est confié à don Sébastien Ramir des de Saint-Domingue. ^ ’ evéïue
i5ag. 11 est décidé qu’aucun emnlowî u ne pourra posséder des Indiens à quelque ^
sous quelque dénomination que ce soit ni Pn ?
rir par l’office et l’entremise d’unt^s" M eneT gager librement et pour de l’argent à son Tous les navorias seront réunis dans la maùon commune, et la municipalité leur déclarera T scmt entièrement libres, et qu’ils peuvent quitte, ’ Instant meme leservicedeleurs maîtres pour sW ler a d autres, ou pour prendre tel autre parti qu’il
nrra
leur conviendra. L’empereur convoque à Barcelonne une nouvelle assemblée de conseillers, de Jurisconsultes et de théologiens pour résoudre dune manière définitive la question de savotr s il convient de supprimer ou de conserver les commandenes, les dépôts et les navorias des Indiens, qui sont depuis le commencement une source de débats interminables entre les conquérans de l’ Amérique elles missionnaires. La junte est d’avis qu’il faut détruire tous ces établissemens, et ne retenir comme esclaves que les Indiens qui, après s’être soumis et avoir reçu le baptême, se sont révoltes et ont e te faits pn sonniers dans quelque guerre. Cette resolution n es nas mieux exécutée que les précédentes , parce que les conquérans font valoir leurs services, et prelen- W» lia, de chercher un remède ...» *>« on se plaint dans la ruine de leurs intérêts, d suffit de punir tout commandeur coupable d avoir opprime les Indiens et négligé leur instruction religieuse , e système que l’on propose ayant pour but évident de grossir les revenus du fisc aux dépens des auteurs de la conquête, sous prétexte de smteresser a la liberté des Indiens et à leur conversion. Ces reflexions, soutenues par l’intérêt de quelques pourtisans, rendent inutiles les bonnes intentions du roi et ses efforts pour terminer cette importante question.
,55, . j)on Sébastien Ramirez de Fuenléal, eveque de Saint-Domingue et président de l’audience royale de Mexico, commence à prêcher que tout mauvais traitement exercé sur les Indiens est un
péché morte] , non seulement à cause du précepte dmn qu, nous ordonne d’aimer notre prochain mats encore parce que rien n’est plus proLe à leur
rrr ud rùt pour ia f°; ^ijne^z^r
dmsurrecuon, et qu’il a été fait prisonnier Enfin ce digne eveque prend des mesures si & * üi aux Indiens , que les chefs d^c • adorables v- • ’ 4 es cnets des provinces n ont mi’i
1 imiter pour mettre fin aux maux qui ]es accahlen,
C est parce qu’ils négligent de le de que LasÎsas «foitpuhherses mémoires , dans lesqod on "ouvera i eloge le plus intéressant de ce vertueux wT
Won content d’indiquer la route qu’il faut suivre’
Ramirez parvient à obtenir de Charles I" l’ahnl V ’
entière et radicale de l’esclavage de mus ,eg Séri"
de la servitude, et reZl ^ Z ZSVT * çant d châtimens les plus sévères raient d y mettre opposition. 4
E^^dd^tslaNo“^-
«e^ice que les bêtes de charge lorsque 27™ ne sont pas en nombre suffisant" tous Ts effo ns du gouvernement pour ]a destr.^t' j ** 1 du
avaient été sans résultat — TTn °? ° C®1 abuS
*t. Un ordre royal pour-
voit à ce qu'aucun ecclésiastique n’ait des Indiens à son service , afin que le mauvais exemple ne détruise pas l’effet que doit produire leur prédication : une autre disposition oblige les commandeurs séculiers de s’engager par serment à bien traiter les Indiens, et permet à ceux-ci de remplir dans leurs villages
les fonctions de maire.
j Barlhélemi de Las Casas , alors religieux
dominicain à Saint-Domingue , va voir le cacique don Emique, avec lequel on a été longtemps en ouerre à cause des cruautés des Espagnols, et qui a consenti à faire la paix après avoir reçu une lettre du roi d’Espagne ; il s’insinue dans son esprit par des paroles pleines de douceur et de paix, et parvient à convertir et à baptiser un grand nombre d’indiens révoltés : le succès de Las Casas confirme l’opinion favorable qu’il a des Indiens. Cependant le conseil des Indes ne suit pas constamment les mêmes principes ; il décide cette année que les Indiens de l’fle de la Trinité subiront la condition d’esclaves , parce qu’ils ont fait la guerre aux Espagnols et qu’ils s’opposent à la propagation de 1 Evangile On peut douter que les philosophes chrétiens de nos jours voulussent approuver ces raisons.
i535.— La vice-royauté de la Nouvelle-Espagne est confiée à un premier vice-roi qui est Antonio de Mendoza. Il lui est recommande dans ses instructions de faire connaître au gouvernement quels pays de la Nouvelle-Espagne pourraient eu e
donnés à ceux qui en ont fait la conquête comme setgneunes féodales , avec le droit de juridiction en première instance, et de perception d’impôts en concurrence avec le fisc. 11 est autorisé en outre établir des commanderies s’il pense que cette donUp6 ri0'1 p0nneeJ ulile- L’adelantado de* Cariarie,
ftculté, T3 eZdeLUg°’ re?0it ^es mêmes Ped è r fUr PTnCeS de Sainte-Marthe, et
et de vïtTTr' de réduire en
et de vendre les Caraïbes de Panama , de Veraeua
et de plusieurs autres parties de l’Amérique. §
r0i fah C6SST 16 SCrvice Pe~l des
t els dé N COmrmd<‘UI'S accabie« 'es nantie s de Nicaragua, de Guatemala et de plusieurs
autres provi malgré la défense qu’on leur a
‘ d avoir des esclaves; mais les conque'rans et
e colons opposent une si forte résistance, que le
de tow ^ A-
i538. Charles I" signe de nouvelles ordonnances pour fixer la quotité du tribut que les Indiens
auront a payer a leurs commandeurs ; il est défendu
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defense de posséder des commanderies, soft diœc.ement, soit indirectement.
i53g. — Mendoza, vice-roi de la Nouvelle- Espagne, s’occupe très sérieusement de faire exécuter les lois qui sont favorables aux Indiens; il suit le conseil de son ami Barihélemi de Las Casas , et n’envoie plus de gens de guerre à la découverte de nouveaux pays. Mais don Pedre Alvarado ayant entrepris de nouveaux voyages , Las Casas, qui est Instruit des excès et des malheurs qui en sont résultés, part avec Rodrigue de Andrade et quelques autres religieux pour réclamer auprès du roi , au nom des évêques des Indiens, en faveur de ces derniers. Sa Majesté , qui est hors de son royaume , n’y revient quen i54^.
j 54!. __ Un nouvel ordre enjoint à l’adelentado Alphonse-Louis de Lugo, gouverneur de Sainte- Marthe , de ne faire aucun Indien esclave , quoiqu’il ait été pris en état de révolte contre 1 autorité du roi, et de déclarer libres , comme de faire mettre en liberté , tous ceux qui sont actuellement esclaves, attendu que cette mesure a été expressément recommandée à son père , don Pedre Fernandez.
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i543. — Le roi veut qu’on se conforme aux ordonnances existantes relatives au plan d administration qui doit être suivi par le conseil des Indes. Parmi les chapitres dont il est composé , il s en trouve plusieurs qui ont été dressés d’après les représentations faites l’année précédente, l542 , par
Barthélemi de Las Casas. Le 19' impose au conseil 1 obligation de veiller à ce que les Indiens soient toujours bien traités , et à écouter leurs plaintes pour es juger par des voies plus abrégées que celles delà justice ordinaire. Le 20* article recommande de ne plus faire d Indiens esclaves, ni pour cause de rébellion, ni par échange , ni à quelque autre titre que ce soit, et de les regarder tous au contraire comme libres, et sujets seulement de Sa Majesté le roi d’Espagne. Il est défendu parle 21' de jamais forcer les Indiens au service de navorias ou de domestiques obliges. D après le 22% tous les Indiens esclaves actuels doivent être déclarés libres , à moins que leurs maîtres ne justifient de leur possession par des titres légitimés , comme, par exemple, d’avoir été achetés a des époques où l’acquisition en était permise. Si les circonstances obligent d’employer les Indiens au transport des effets et des marchandises il est recommandé par le n3« article de ne leur imposerque des charges modérées , et de payerexactement le juste prix de ce genre de service. Le 2/' dé- . fend de contraindre les Indiens à travailler pour les Espagnols a la pêche des perles , et permet seulement d avoir recours aux nègres, pourvu néanmoins qu.1 ny ait pour eux aucun malheur à craindre car, si le péril est réel , la pêche doit être défendue, et cesser entièrement. Par le 25% il est défendu aux vice-rois, aux gouverneurs , vice-gouverneurs, Officiers du roi, prélats, monastèL, lehgieux, hôpitaux, confréries, maisons des monnaies, tresorer.es, et aux employésdu fisc, de possé-