‹ ŒuvresChapitre 68 sur 72 · DIXIÈME RÉPLIQUE · texte numérisé non relu

DIXIÈME RÉPLIQUE

Le docteur Sépulvéda s’efforce de prouver qu’au pape appartient le droit d’exercer une contrainte corporelle contre ceux qui refusent d’entendre l’Evangile , parce que si Dieu lui a imposé l’obligation de le faire annoncer, il est indispensable , suivant lui , qu’il lui ait accordé les moyens de rendre les Indiens attentifs à la prédication. Mais le dpcteur raisonne ici fort mal ; premièrement , parce qu’il fait violence au principe , le droit de parler ne supposant pas celui de forcer les hommes à entendre ; secondement , parce qu’en supposant même que l’un fût une conséquence de l’autre , il n’est pas prouvé que l’emploi des moyens coactifs pût être arbitraire , et consister surtout dans la guerre contre un peuole innocent sur lequel les agresseurs pourraient commettre une foule d’attentats et de péchés abominables. Comment oserait - on prétendre concilier l’idée que ces mesures sont permises avec l’exemple et la doctrine de Jésus-Christ et de ses apôtres ? Le Sauveur des hommes ne nous a-t-il pas dit que nous devions l’imiter? Saint Paul recommande aux Ephésiens de se rendre semblables à Dieu par la charité, comme ses enfans bien-aimés : imite z-moi, écrit-il aux Philip piens , et suivez V exemple de ceux qui m’imitent. Saint Grégoire disait que les actions de Jesus-Chnst sont une leçon pour nous , et saint Augustin que ces exemples sont les préceptes que nous devons suivre. Il me serait impossible de con-

cilier cette doctrine avec celle du docteur Sépulvéd;

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