DE LA MÉ
jble , c'est lorsque le monument que nous apercevons a été le séjour d'un homme de bien. Quel est jpe petit clocher que je vois de Montmorency ? c'est celui deSaint-Gratien, où Catinat a vécu en sage, m où repose sa cendre. Mon ame, circonscrite a un petit village, part de là pour embrasser le grand siècle de Louis XI V , et se jeter ensuite dans une sphère bien plus sublime que celle du monde , qui est celle de la vertu. Quand je ne puis me procurer ces perspectives , l'ignorance des lieux me sert plus que leur connaissance. Je n'ai pas besoin de savoir que cette forêt appartient à une abbaye ou à un duché, pour la trouver majestueuse. Ses arbres antiques , ses profondes clairières, ses solitudes silencieuses, me suffisent. Dès me je n'y aperçois pas l'homme, j'y sens la Divinité. Pour peu que je veuille donner carrière a mon jjentiment , il n]y a point de paysage que je n'enpoblisse. Ces vastes prairies sont des mers ; ces coteaux embrumés sont des îles qui s'élèvent sur f horizon ; cette ville là-bas est une cité de la Grèce îonorée par les pas de Socrale et de Xénophon. }race à mon ignorance, je me laisse aller à l'in itinct de mon ame. Je me jette dans l'infini. Je prolonge la distance des lieux par celle des siècles, ;t, pour achever mon illusion, j'y fais séjourner la vertu.