‹ Œuvres;Chapitre 131 sur 236 · DE L A · texte numérisé non relu

DE L A

à l'île de Taïti avaient cet infâme usage , des ob- |vateurs plus attentifs ont vérifié depuis qu'il iSkait particulier , dans cette nation , qu'aux filles ci plus bas étage , et que les autres classes y cons vaienl les apparences de modestie communes a tris les hommes.

Je ne saurais trouver dans la nature de cause ieete de la pudeur. Si l'on dit que l'homme a feinte de l'acte vénérien , parcequ'il le rend semijble aux animaux , cette raison ne suffit pas ; eji le sommeil , le boire et le manger l'en rapfbchent encore plus souvent, et toutefois il n'en aucune honte. A la vérité il y a une cause de la dideur dans l'acte physique : mais d'où vient cjlle qui en occasionne le sentiment moral? Nonsalement on dérobe cet acte à la vue, mais même Mlsouvenir. La femme le regarde comme un téulignage de sa faiblesse : elle apporte une longue Jtistance aux attaques de l'homme. D'où vient mie la nature a mis dans son cœur cet obstacle, iicfi y triomphe souvent du plus doux des pendants et de la plus fougueuse des passions? i Indépendamment des causes particulières de la lifldeur qui me sont inconnues, je crois en trou- !tlr une dans les deux puissances dont l'homme t formé. Le sens de l'amour étant, pour ainsi •e, le centre auquel viennent aboutir toutes les ïé isations physiques , comme celles des parfums , gcj la musique, des couleurs et des formes agréais, du toucher, des douces températures et des

areurs, il en résulte une opposition très forte avec tkte autre puissance intellectuelle d'où dérivent j;l sentiments de la Divinité et de l'immortalité. j(/]|ur conlraste est d'autant plus tranché , que l'acte |i premier est en lui-même brut et aveugle, et Me le sentiment moral qui accompagne d'ordinaire l'amour est plus développé et plus sublime, pjiissi les amants, pour subjuguer leur maîtresse, jii manquent jamais de faire précéder celui-ci, jfi <|d' employer tous leurs efforts pour l'amalgamer i ïiec l'autre sensation. Ainsi la pudeur vient, a „ i;)n avis, du combat de ces deux puissances; et

fia pourquoi les enfants n'en ont point naturel-

I Inent, parceque le sens de l'amour n'est pas en- \i ife développé en eux ; que les jeunes gens en ont

iaucoup, parceque ces deux puissances ont en |{ <x toute leur énergie; et que la plupart de nos npillards n'en ont point du tout, parcequ'iis ont c : rdu le sens de l'amour par la défaillance de la B Hure en eux, ou son sentiment moral par la irruption de la société, ou, ce qui arrive soujnt, tous les deux ensemble , par le concours de

II j> deux causes.

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