DU CLERGÉ
Si nos pauvres participent quelquefois a quelque misérable distribution ecclésiastique, les secours qu'ils en reçoivent , loin de les tirer de la misère, ne font que les y entretenir. Que de fonds de terre cependant ont été légués en leur faveur a l'Eglise 1 Pourquoi n'en distribue-t-on pas les revenus en sommes assez fortes pour tirer, au moins
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chaque année , de l'indigence un certain nombre de familles ? Les gens du clergé disent qu'ils sonil les administrateurs des biens des pauvres; mais lefj pauvres ne sont ni des fous , ni des imbéciles , poutj avoir besoin d'administrateurs : d'ailleurs, on n<* pourrait prouver, par aucun passage de l'ancierl ou du nouveau Testament, que cette charge appar! tient aux prêtres : si ceux-ci sont les administra! teurs des pauvres, ils ont donc actuellement danj le royaume sept millions d'hommes dans leur ad j ministration temporelle. Je ne pousserai pas plu loin cette réflexion. 11 faut rendre à chacun ce qu lui est dû : les prêtres sont de droit divin les avocat des pauvres ; mais c'est le roi seul qui est leur ministrateur naturel.
Comme l'indigence est la principale cause de vices du peuple, l'opulence peut, comme elle, H duire à son tour des désordres dans le clergé. J ne m'appuierai pas ici des répréhensions desaii Jérôme, de saint Bernard, de saint Augustin, < des autres Pères de l'Eglise, au clergé de leur lemj et de leur pays, dans lesquelles ils leur prophét saient la destruction totale de la religion, comm une suite nécessaire de leurs mœurs et de leurs i chesses. La prophétie de plusieurs d'entre eux n pas tardé a se vérifier en Afrique, en Asie, en J dée, et dans l'empire de la Grèce, où non-seul ment la religion a disparu, mais même les gouv( nements de ces nations. L'avidité de la plupart d ecclésiastiques rend bientôt les fonctions de 1' glise suspectes : c'est un argument qui frappe to les hommes. « Je crois, disait Pascal, a des 1 )> moins qui se font égorger. » 11 y aurait cepe dant quelques objections a faire à ce raisonn ment; mais il n'y en a point contre celui-ci: « » me méfie des témoins qui s'enrichissent. » A vérité, la religion a des preuves naturelles et si naturelles, bien supérieures à celles que peuv< lui fournir les hommes. Elle ne dépend ni de no ordre, ni de notre désordre ; mais la patrie dépend.
Le monde regarde aujourd'hui avec envie, < disons-le, avechaine, la plupart des prêtres. M ils sont les enfants de leur siècle comme les aut hommes. Les vices qu'on leur reproche apparti< nent en partie à leur nation, au temps où ils vent, à la constitution politique de l'état , et ait éducation. Les nôtres sont des Français com nous; ce sontnos parents, sacrifiés souvent à noh propre fortunepar l'ambition de nos pères. Si n | étions chargés de leurs devoirs, nous nous en quitterions souvent plus mal. Je n'en connais p<|t de si pénibles et de si dignes de respect que cl