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ice quel les prêté i jus renw i et je toii
Ex illo celebratus honos , lsetique minores Servavere «liern ; primusque Potitius auctor, Et domus Herculei custos Pinaria sacri , Hanc aram luco statmt , quse maxima semper Dieetur nobis , et erit qnae maxima sernper. Quare agite , o juvenes , tantarum in munere laudum, Tingite fronde comas, et pocula porgite dexlris; Communemque vocale deum , et date vina volentes. Dixerat ; Herculea bicolor quum popuîus umbra Velavitque comas, folïisqne inexa pejjendit . Et sacer implevit dextram scyphus. Ocius omnes In mensam heti libant , divosque precantur.
Devexo interea propior fit vesper olympo : Jamque sacerdotes , primusque Potilius, ibant Pellibus in morem cincti , flammasque ferebanf. Instaurant epulas , et mensœ g rata secundae Dona ferunt , cumulantque oueratis la-ncibus aras. Tum salii ad canins, incensa altaria circum, Popuieis adsunt evincti tempora ramis.
JEneid., lib. VIII , v. 268-288.
« Depuis ce temps , nous célébrons tous les ans celte tête , et lesp uples en perpétuent la mémoire avec joie. Potitius en est lf premier instituteur ; el la famille des Pinariens , à qui appartient le soin du culte d'Hercule , a élevé au milieu de ce bois cet autel, auquel nous avons donné le surnom de très grand , et qui sera en effet , dans tous les temps , le plus l'jll grand des autels. Maintenant donc , ô jeunesse troyenne ! en Jm récompense d'un si grand service , couronnez vos tètes de ■Sl jji feuillages; prenez les coupes en main ; invoquez un dieu qui
» vous sera commun avec nous , et faites avec joie des libations » en son honneur, il dit, et une couronne de peuplier consacrée » à Hercule ceignit son front , et l'ombragea de son feuillage » de deux couleurs. Il prit à la main la coupe sacrée. Aussitôt » tous s'empressèrent de faire des libations sur la table , et d'iu- » voquer les dieux. Cependant , l'étoile du soir allait paraître , » et le ciel achevait sa révolution. Déjà les prêtres, ayant Po- » titius à leur tête, s'avançaient ceints de peaux, suivant la cou- » tume , et portant des flambeaux. Ils recommencent le ban- » quet : ils présentent sur de nouvelles tables un dess< rtagréa- » ble , et ils chargent les autels de bas' ins remp'is d'offrandes. » Alors les saliens. la tête couronnée de peuplier, viennent » chanter autour de l'autel où fume l'encens.»
Tout ce que Virgile vient de raconter ici n'est point une fiction poétique, mais une véritable tradition de l'histoire romaine. Selon Tite-Live, Tiv. 1er, Potitius et Pinarius étaient les chefs de deux familles illustres chez les Romains. Evandre les inslruisitetleschargea de l'administration du culte d'Hercule. Leurs descendants jouirent a Romo de ce sacerdoce, jusqu'à la censure d'Appius Claudius. L'autel d'Hercule, Ara Maxima, était a Rome entre le mont Aventin et le mont Palatin , dans la place appelée Forum Boarium. Lessaliens étaient des prêtres de Mars institués par Nutûâ au nombre de douze. Virgile suppose, suivant quelquescoramentaleurs, qu'ils existaient déjà du temps du roi Évandre, etqu'ils chantaient dans les sacrifices d'Hercule. Mais il y a apparence que Virgile a suivi encore ici la tradition historique, lui quia recueilli avec une sorte de religion jusqu'aux moindres augures etaux prédictions les plus frivoles, auxquelles il attache la plus grande importance dès qu'elles regardent la fondation de l'empire romain.
Rome devait donc aux Arcadiens ses principaux usages religieux. Elle leur en devait encore de plus intéressants pour l'humanité ; car Plutarque dérive une des étymologies du nom des patriciens établis par Romulus , du mot patrocinium , « qui vaut » autant a dire comme patronage ou protection , » duquel mot on use encore aujourd'hui en la » mesme signification ; a cause que l'un de ceux » qui suivirent Evandre en Italie s'appeloit Patron, » lequel, estant homme secourable et qui suppor- » toit les pauvres et les petits, donna son nom a » cest office d'humanité. »
Le sacrifice et le banquet d'Évandre se terminent par un hymne a Hercule. Je ne puis m 'empêcher de l'insérer ici , afin de faire voir que le môme peuple, qui chantait si mélodieusement les amours des bergers, savait aussi bien célébrer les vertus des héros; et que le même poëte qui, dans ses églogues , fait résonner si doucement le chalumeau champêtre, fait retentir aussi vigoureusement la trompette épique.
PREAMBULE DE L A RC A DIE
Hic juvenum chorus , ille senum , qui carminé laudes Herculeas et facïa f -runt : ut prima noverce Monstra manu geminosque prenions eliserit angues ; Ut bello egregias idem dîsjeeerit urbes , Trojamque , Œchaliamque ; ut duros mille labores , Rege sui) Eury<.lheo, fatis Junonis iniquae , Pertulerit. Tu nubigenas , invicte , bimembres, Hylaeumque Pholumque manu , tu Cresia mactas Prodigia . et va^tum Nemea cub rupe leonem. TeStygii tremuere lac us , te janitor Orci Ossa super rocubans antro semesa cruento. Nec te ullae faciès , non terruit ipse Typhœus Arduus , arma tenens ; non te ratkmis egentem Lernxus turba capitum circumstetit anguis. Salve , vera Jovis proies , decus addite divis : Et nos et tua dexter adi pede sacra secundo. Talia carraiuibus célébrant : super omuia Caci Speluucam adjiciunt , spirantemque ignibus ipsum. Consonat oinne nemus strepitu . collesque résultant.
JEneid., lib. VIII , v. 287-303.
« ici est un chœur déjeunes gens, là de vieillards, qui cé- » lèbrent par leurs chants la gloire et les actions d'Hercule ; » comment de ses mains il étoufftdeux serpents, premiers » monstres que lui suscitait sa marâtre; comment il saccagea * deux villes fameuses , Troie et Œchalie ; comment , sous le p vA Eurysthée , par les ordres de l'implacable Junon, il sup- » porta mille pénibles travaux, c'est vous, invincible héros, » qui domptâtes Hylée et Pholus , ces centaures sortis d'une » nue ; c'est vous qui avez massacré les monstres de l'Ile de » Crète, et un lion éuorme au pied de la roche de Némée. Vous » fîtes trembler les lacs du Siyx. et le portier de 1 Orcus, couché » dans s-m antre sanglant sur des os à demi rongés. Aucun » monstre ne put vous effrayer , non pas même le géant Typhée, » accourant sur vous les armes à la main. Vous n'éprouvâtes » aucun trouble lorsque le serpent horrible de Lerne vous en- » toura de ses cent têtes. 'Nous vous saluons , digue fils de Ju- » piter, nouvel ornement des cicux ; favorable à nos vœux , » abaissez-vous vers nous et vers nos sacrifices.
» Tels sont les sujets de leurs cantiques : ils y ajoutent surtout » l'horrible caverne de Cacus , et Cacus lui-même vomissant » des feux. Toute la fo êt retentit du bruit de leurs chants , et » les collines en répètent au loin les concerls. »
Voila des chants dignes des forlcs poitrines des Arcadiens :ne senible-t-il pas les entendre rouler dans les échos des bois et des collines?
Consonat omne nemus strepiîu , collesque résultant.
Virgile exprime toujours les consonnances naturelles. Elles redoublent les effets de ses tableaux, et y font passer le sentiment sublime de l'infini. Les consonnances sont en poésie ce que les reflets sont en peinture.
Cet hymne peut aller de pair avec les plus belles odes d'Horace. Il a , quoiqu'en vers alexandrins réguliers, la tournure et le mouvement des compositions lyriques, surtout dans ses transitions.
Évandre raconte ensuite à Énée l'histoire des antiquités du pays, a commencer par Saturne, qui, détrôné par Jupiter, s'y retira, et y fit régner l'âge d'or. 11 lui apprend que le Tibre, appelé anciennement Albula, avait pris le nom de Tibre du géant Tibris, qui fit la conquête des rivages de ce fleuve. Il lui montre l'autel et la porte appelée depuis Carraentale par les Romains, en l'honneur
| de la nymphe Carmen (c sa mère, par les avis de laquelle il était venu s'établir dans ce lieu, après; avoir été chassé de l'Arcadie, sa patrie. Il lui fait voir un grand bois dont Romulus Gt depuis un asile , et, au pied d'un rocher, la grotte de Pan Lupercal, ainsi nommée, lui dit-il, a l'exemple de celle des Arcadiens, du mont Lycée.
Nec non et sacri monstrat nemus Argileti , Testaturque Iocum, et lethum docet hospitis Argi. Hinc ad Tarpeiam sedem et Capitolia ducit , Aurea nunc . olim silvestnbus horrida dumis. Jam tum relligio pavidos terrebat agrestes Dira loci ; jam lum silvam saxumque tremebanf. Hoc nemus , hune , inquit , frondoso vertice collem , Quis deus , incertum est , habitat deus : Arcades ipsum Credunt se vidisse Jovem , cum saepe nigrantem .Egida concuteret dextra , nimbosque cieret. Hase duo praeterea disjectis oppida mûris , Reliqnias veterumque vides monumenta virorum : Hanc Janus pater , hancSaturnus condidit arcem; Jauiculum huic , illi fuerat Saturnia nomen.
jEnnd., lib. VIII , v. 343-338. h
« 11 lui montre encore le bois sacré d'Argilète. Il raconte la '
» mort de sou hôte Argus , et il prend le lieu à témoin de son <m
» innocence. De là , il le conduit à la roche appelée depuis,
» Tarpéienne, et ensuite au Capitole, où l'or brille maintenant,!
» mais qui n'était alors qu'une montagne hérissée de buissons
» et d'épines. Déjà le respect de ce lieu remplissait d'une sainte
» frayeur les habitantsd'alentour ; ils ne regardaient qu'en trern-
» blant le rocher et sa forêt. Un dieu , dit Évandre. habite cettel
» forêt et cette cime ombragée d'un sombre feuillage. Quel est ce1
» dieu ? ou l'ignore. Les Arcadiens croient y avoir vu souvent;
» Jupiter lui-même agiter de sa main toute puissante sa noire;
» égide , et s'environner de tempêtes. Voyez encore là-bas ces!
» deux villes dont les murs sont ren versés:ce sont les monuments;
» de deux anciens rois. Celle-ci fut bâtie par Janus, et celle-là
» par Saturne ; l'une s'appelle Janicule , et l'autre Saturnie. »
Voila les principaux monuments de Rome, ainsi que les premiers établissements religieux, dus aux Arcadiens. Les Romains célébraient les Saturnales au mois de décembre. Pendant ces fêles, les maîtres et les esclaves s'asseyaient à la même table, et ces derniers avaient la liberté de dire et de faire tout ce qu'ils voulaient, en mémoire de l'ancienne égalité des hommes qui régnait du temps de Saturne. L'autel et la porte Carmentale ont subsisté! long-temps à Rome, ainsi que la grotte de Pan Lupercal, qui était sous le mont Palatin.
Virgile oppose, en grand maître, la rusticité des anciens sites qui environnaient la petite ville arcadienne de Pallantée à la magnificence de ces mêmes lieux renfermés dans Rome; et leur autel champêtre, avec leurs traditions vénérables et re ligieuses sous Évandre , aux temples dorés d'une ville où l'on ne croyait plus à rien sous Auguste.
Il y a encore îci un antre contraste moral qui fait plus d'effet que tous les contrastes physiques, et qui peint admirablement la simplicité et la bonne foi du bon roi d'Arcadie. C'est lorsque ce prince se justifie, sans sujet, de la mort de son
PRÉAMBULE D
E L'ÀR CAD ÏE
! hôte Argus, et qu'il prend à témoin de son inno- | j cence le bois qu'il lui a consacré. Cet Argus, ou cet ( f Argien, était venu loger chez lui dans le dessein de l ! le tuer; mais ayant été découvert, il fut condamné Ta mort. Évandre lui fît dresser un tombeau , et il j proteste ici qu'il n'a point violé à son égard les ; droits sacrés de l'hospitalité. La piété de ce bon j roi, et la protestation qu'il fait de son innocence ; a l'égard d'un étranger criminel envers lui , et condamné justement par les lois, contrastent mer- I veilleusement avec les proscriptions illégales d'hôtes, de parents, d'amis, de patrons, dont Rome ! avait été le théâtre depuis un siècle, et dont aucun | citoyen n'avait jamais eu ni scrupule ni remords. ; Le quartier d'Argilète s'étendait dans Rome le long du Tibre. Janicule avait été bâtie sur le mont : Janicule, et Saturnie sur le rocher appelé depuis j Tarpéien, et ensuite Capitale, siège de la demeure I de Jupiter. Cette ancienne tradition, que Jupiter I rassemblait souvent les nuages sur la cime de ce 1 rocher couvert d'une foret, et qu'il y agitait sa ij noire égide, confirme ce que j'ai dit, dans mes ' i Etudes précédentes , de l'attraction hydraulique t des sommets des montagnes et de leurs forêts, qui ' sont les sources des fleuves. Il en était de même de j celui de l'Olympe, souvent entouré de nuages, où s | IesGrecs avaient fixé la demeure des dieux. Dansles I siècles d'ignorance, les sentiments religieux expliquaient les effets physiques ; dans des siècles de lumières, les effets physiques ramènent a des sen- 1 timents religieux. Dans tous les temps la nature 1 parle à l'homme le même langage, dans des diai lectes différents.
Virgile achève le contraste des anciens monu-
I menls de Rome par la peinture de la demeure r pauvre et simple du bon roi Évandre, dans le lieu
même où l'on bâtit depuis tant de magnifiques ' [ palais :
Talibus inter se dictis, ad tecta subibant Pauperis Evawlri , passimque armenta videbant Romanoque foro et lautis mugire Carinis , Ut ventum ad sedes : Haec, inquit, limina victor Alcides subiit ; haec illum regia cepit. Aude , hospes , contemnere opes , et te quoque dignum j Finge deo; rebusque veni non asper cgenis.