LAMPROCLÈS
Mon père ; ne nous abandonnez pas !
SOCRATE
Non , mes enfants , vous ne serez point abandoj 111 nés ; le ciel prendra soin de vous : ma mort est se- > 111 dernier bienfait pour moi. Lampsaque, n'en pou! | suivez jamais la vengeance contre votre patrid||{,!' un peuple n'est point coupable des crimes dj factions. Ma mort est glorieuse, puisque je meu pour la justice ; elle ne répandra que trop d'écl sur ma vie commune et sur la vôtre. Mais fuyez célébrité , mes enfants : celui qui a tout créé s'ejf111' réservé la gloire pour son partage ; mais il a dist bué sur la terre une portion de bonheur a tous 1 enfants des hommes; il l'aaltachécàleur concord Vivez obscurs et unis, et vous vivrez heureu vivez entre vous comme j'ai cherché à faire viv entre eux mes concitoyens. Dieu a mis l'amit fraternelle à l'entrée de la vie humaine, pour < faire les premiers exercices, comme un péristyle l'entrée d'un grand cirque. Il a donné aux enfan des ressemblances avec leurs parents, non-seul ^ ment afin que leurs parents les aimassent, ma que les enfants s'aimassent entre eux , en retroi vaut les traits et les qualités de leurs pères et < f leurs mères dans ceux de leurs frères et de leu sœurs. L'un de vous a ma mélancolie , l'autre me humeur railleuse ; j'y démêle encore les caractèr
de vos mères : l'un a la franchise et les alTectioi
vives de Xantippe , l'autre le calme de Myrto. Qi chacun de vous les retrouve donc dans ses frèr et sa sœur. Aimez vos mères comme je les ai a mées. Oh 1 si mes fers ne me retenaient, al quel plaisir je vous presserais lous ensemble cont mon sein 1
LAMPSAQUE
Mon père , je veux mourir avec vous.