‹ Œuvres;Chapitre 201 sur 236 · LES AMIS DE SOCRATE · texte numérisé non relu

LES AMIS DE SOCRATE

Ah ! Socrate, le rayon !

SOCRATE

11 a disparu; ce n'est rien : il n'est pas éteint , mes amis ; il éclaire un autre horizon : il n'a quitté notre couchant que pour une nouvelle aurore. le geôlier, portant une coupe qu'il présente en pleurant à Socrate.

Socrate, le soleil est couché.

socrate se lève, et prend la coupe d'un air assuré.

Mon ami , consolez- vous , vous m'apportez la coupe du bonheur.

le geôlier. Pour que l'effet de la ciguë soit plus promp t et vous fasse moins souffrir, quand vous l'aurez bue, vous ferez quelques tours dans la chambre ; et lorsque vous vous sentirez fatigué, vous vous reposerez sur votre lit.

socr ate, d'un air plein de joie, lève lacoupe vers le ciel.

Je le salue, coupe sacrée, honorée par les lèvres du juste Aristide et de plusieurs hommes innocents. (// boit elremet la coupe au geôlier.) Oh ! que le breuvage de l'immortalité est doux ! il me fait ou-

Page 1