‹ Œuvres;Chapitre 223 sur 236 · S DE LA DÉCADE · texte numérisé non relu

S DE LA DÉCADE

d'autres, que c'est la lune. Il est possible que le vent ait influé sur leur navigation ; mais Pa-l-i] relardée ou accélérée? J'ignore celui qui a souffle a ces deux époques, à la hauteur des côtes d€ France et d'Espagne; mais cette chance douteuse est à l'avantage de ma théorie, si on s'en rapporte à celle des astronomes sur la direction de ce météore hors de la zone torride. Suivant le docteur Halley, le vent d'ouest souffle presque toute l'année hors des tropiques. Selon lui, ce vent est, en quelque sorte, une réaction du vent alizé de l'est qui souffle en sens contraire dans la zone torride. Certainement cela n'est pas; car, si cela était, la bouteille jetée à l'entrée de la baie de Biscaye aurait dû y rentrer; au contraire, elle a été portée au nord, puisqu'elle a été repêchée sur les côtes de Normandie ; elle a donc dû être contrariée plutôt que favorisée par le vent d'ouest. Il y avait donc un courant qui la portait au nord, malgré la résistance de ce vent. D'ailleurs, celui qui souffle contre l'embouchure d'une rivière n'en change pas le cours, quoiqu'il le retarde.

Ce courant, dira-t-on, est celui eles marées, qui portent au nord en tout temps, suivant le système astronomique; mais si ce courant existait, comment la bouteille échouée sur le cap Prior est-elle descendue vingt lieues au sud? Elle a donc vaincu à la fois la résistance des marées et celle du vent d'ouest? Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'un courant général, venant du nord, l'aura d'abord portée assez loin au sud; et qu'ensuite celui des marées, moins rapide, l'aura en partie reportée au nord le long des côtes, où elle a attéri.

Quant à ceux qui pensent que la lune, par son attraction, est le mobile principal des mouvements de l'Océan, et par conséquent de la navigation de ces deux bouteilles, je leur en demande bien par- j don, mais je crois qu'ils se trompent. Le courant I de l'océan Atlantique, qui change deux fois par i an aux équinoxes, comme celui de l'océan Indien, ne peut avoir la cause de son mouvement dans le cours permanent de la lune, qui va toujours d'Orient en Occident ; mais il en a une versatile aux deux pôles, dont le soleil, par sa chaleur, fond al- | 1 ternativement les glaces d'un équinoxe à l'autre, il ' Je le répète, il n'est pas vraisemblable que la j 1 lune soit, par sa gravitation ou son attraction, le i 1 mobile de l'Océan. Comment produirait-elle par j 1 son attraction les grandes marées de chaque mois, | qui n'arrivent sur nos côtes qu'un jour et demi ou deux après qu'elle est nouvelle ou pleine? Elles devraient avoir lieu immédiatement a son passage I à notre méridien , si elle soulevait notre mer.

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