‹ Œuvres;Chapitre 227 sur 236 · LA CRITIQUE ET LES JOURNAUX · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE ET LES JOURNAUX

Un jour je vis entrer chez moi un jeune homme de mes amis, qui se destine aux lettres; il tenait à sa main un journal. Quoique naturellement gai, il avait l'air sombre.

MOI

Que m'apportez-vous là? lui dis-je.

bals

Une nouvelle méchanceté du Journal de De\

vous en êtes l'objet.

MOI

Vous me surprenez. J'ai toujours cru son rédacJ teur bien disposé pour mes ouvrages.

MON AMI

Avez-vous été le voira l'occasion de votre nou-j velle édition ?

Non liste:

MOI

, je ne l'ai même jamais vu. Il est journa- . et j'ai pour maxime que quand on donne? à un particulier le pouvoir de nous honorer,) on lui donne en même temps celui de nous desho-ji norer.

MON AMI

Lisez, lisez; vous verrez comme il parle de j vous. H dit que vous n'êtes propre qu'a faire des| romans; que votre Théorie des Marées n'est! qu'un roman; que vous avez la manie d'en par-! 1er sans cesse; que vos principes de morale sont j exagérés ; que vous n'avez aucune connaissance en politique. Pardonnez-moi si je répète ses in- 1 jures, mais je suis indigné. Ce sont des personna- ! lités dont vous devez faire justice.

MOI

Je lis rarement ce journal, parceque je trouve sa critique amère et souvent injuste. Son rédac- I teur est d'ailleurs un homme d'esprit; mais ses! satires répugnent à mes principes de morale ; voilà ; peut-être pourquoi il les trouve exagérés. Quant à mon ignorance en politique, il n'est guère ques- I tion de cette science moderne dans mes Éludes de] la Nature. Mais pourquoi en a-t-il parlé?

MON AMI

C'est peut-être que vos ennemis lui auront dit que vous ambitionnez quelque place.

MOI

Voyons donc ce redoutable feuilleton. Et après l'avoir lu tout entier : Je netrouve pas, lui dis-je, j que j'aie tant à me plaindre. D'abord il commence par me blâmer, et finit par me louer. Celui qui j veut nuire fait précisément le contraire ; il loue au commencement et blâme a la fin. Le premier j paraît un ennemi impartial, qui est forcé enfin de j reconnaître vos bonnes qualités; le second semble ï

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