‹ Œuvres;Chapitre 89 sur 236 · DE LA PROGRESSION · texte numérisé non relu

DE LA PROGRESSION

j mouvement dont les effusions glaciales qui se récipitent des Alpes ne nous donnent que de faites idées, malgré leurs ravages. Mais, par les cou- |iits alternatifs et opposés de nos mers, les effilons glaciales de notre pôle vont rafraîchir , en é, l'Afrique , le Brésil et les parties méridionales b l'Asie, en passant au-delà du cap de Bonneispérance, par la mousson qui porte alors vers l'oient le cours de l'Océan ; et , pendant notre hiver, s effusions du pôle sud vont vers l'occident moijrer , sur les mômes rivages, l'action du soleil , pi y est toujours constante. Par ces deux mouvements en spirale et rétrogrades des mers , semblaes à ceux du soleil dans les cieux, il n'y a pas j'oe goutte d'eau qui ne puisse faire le tour du jobe, s'évaporer sous la ligne, se réduire en uie dans le continent, et se geler sous le pôle. Ces jhrrespondances universelles sont d'autant plus dites de remarque, qu'elles entrent dans tous les lans de la nature , et se trouvent dans le reste de I ouvrages.

Iï résulterait d'un autre ordre d'autres inconscients, que je laisse chercher au lecteur. Leshypthèses ab aùsurdo sont à la fois amusantes et liles ; elles changent, à la vérité, en caricatures 1 proportions naturelles; mais elles ont cela d'amlageux , qu'en nous convaincant de la faiblesse t notre intelligence , elles nous pénètrent de la gesse de celle de la nature. Souvenons-nous de i méthode de Socrate : ne perdons point notre mps a répondre aux systèmes qui nous présendes plans différents de ceux que nous voyons, irons-en seulement des conséquences : les adleltre, c'est les réfuter.

\ Je pourrais démontrer encore que la plupart des es ont elles-mêmes des parties doubles, comme s continents, dont nous avons dit ailleurs qu'elles aient des abrégés , par leurs pitons , leurs mongnes, leurs lacs et leurs fleuves , proportionnés à ur étendue. Beaucoup de celles qui sont dans océan Indien ont, pour ainsi dire, deux hémiphères, l'un oriental, l'autre occidental, divisés pr des montagnes qui vont du nord au sud ; en )rte que, quand l'hiver est d'un côté , l'été règne |e l'autre , et alternativement : telles sont les îles je Java, Sumatra, Bornéo, et la plupart des Phi- 'Ppines et des Moluques ; en sorte qu'elles sont |videmment construites pour les deux moussons le la mer où elles sont placées. Si le temps me le iermettait, les variétés de leur construction nous ffriraient bien des remarques curieuses , qui conrmeraient en particulier ce que j'ai dit en généal sur les consonnances du gloj^e. Pour moi ? je Bernardin.

crois ces principes d'ordre si certains, que je suis persuadé qu'en voyant le plan d'une île avec l'élévation et la direction de ses montagnes, on peut déterminer sa longitude , sa latitude , et quels sont les vents qui y soufflent le plus régulièrement. Je crois encore qu'avec ces dernières données, on peut , vice versa, tracer le plan et la coupe d'une île, dans quelque partie de l'Océan que ce soit. J'en excepte cependant les îles fluviatiles, et celles qui , étant trop petites , sont réunies en archipels , comme les Maldives , pareeque ces îles n'ont pas le centre de toutes leurs convenances en ellesmêmes , mais qu'elles sont ordonnées à des fleuves, à des archipels ou a des continents voisins. On peut s'assurer que je n'avance point un paradoxe en comparant, entre les tropiques, la forme générale des îles qui sont exposées à deux moussons, et celle des îles qui sont sous le vent régulier de l'est. Nous venons de dire que la nature avait donné, en quelque sorte, deux hémisphères aux premières, en les divisant dans le milieu par une chaîne de montagnes qui court nord et sud , afin qu'elles reçussent les influences alternatives des vents d'est et d'ouest, qui y soufflent tour a tour six mois de l'année; mais dans les îles situées dans la mer du Sud et dans l'océan Atlantique, où le vent d'est souffle toujours du même côté, elle a placé les montagnes a l'extrémité de leur territoire, dans la partie la plus éloignée du vent, afin que les ruisseaux et les rivières qui se forment des nuages qui sont accumulés par ce vent sur leurs pitons pussent couler dans toute l'étendue de ces îles.

Je sais bien que j'ai rapporté ailleurs ces dernières observations; mais je les présente ici sous un nouveau jour. D'ailleurs, quand je tomberais dans quelques redites, on peut répéter des vérités nouvelles , et on doit quelque indulgence a la faiblesse de celui qui les annonce.

Page 1