e Ce Rat, dit M. Taine (p. i43), fait comme l'écolier de
s54 FABLES. [f. a
Pour moi, j'ai déjà vu le maritime empire; x5
J'ai passé les déserts» mais noils n'y bûmes point**. » D'un certain magister *' le Rat tenoit ces choses,
Et les disoit à travers champs **, N'étant pas de ces rats qoi, les livres rongeants.
Se font savants jasqnes aox dents **. ao
Parmi tant d'holtres toutes closes Une s'étoit ouverte ; et, bâillant au soleil.
Par un doux zéphir réjouie, Humoit l'air, respiioit, étoit épanouie, Blanche, grasse, et d'un goût, à la voir, nompareil. a 5
Faust*, Du haut de son expérience improTÎBëe, il contemple avec mépris la génération arriérée qui le précède, et sourit d*un air de grand homme, savant et pédant, en pensant à son père. »
10. Allusion à un passage, déjà cité en partie (p. z5x, note 17), de Tentretien de Picrochole arec ses gouyemeurs, qui commence par ces mots: c Ha, panures gens. Quoy? dircnt-ilz, que boyrons-nous par ces desers? Car Iulian Auguste et tout son oust y moururent de soif, comme Ton dict, » et finit par ceux-ci : « Nous ne beumes poinct frais, s (Rabelais, Gargantua^ chapitre xxzui, tomel, p. 116.)
11. Dont, de Tentrée de son trou, ou, en rôdant inaperçu, il avait attrapé quelques mots.
19. Quoique ici on soit tenté d'abord de prendre cette expression au sens propre, il parait bien, par les deux vers suivants, que la Fontaine lui a donné la signification d'à tori et à trapert^ au hasard. C'est ainsi que Littré (à l'article Tbavbbs, 14*) a expliqué les mêmes mots. Au vers 14 de la fable xi du dernier livre, notre fabuliste a dit encore :
L'homme d'Horace^ Disant le bien, le mal, à travers champs, n'eût su Ce qu'en ûdt de babil y savoit notre Agasse.
i3. c ladis un antique Prophète de la nation ludaSque {Èzi" chUl') mangea un liure, et fut clerc iusques aux dents : presente-
a Le BacbeUer [Bacealaureiu)^ sa début de Taete II de la a* partie du Fausi de Goethe.
* Le Fàcheax de la satire ix du I*' livre.
• Yoyex le chapitre m de ta Prophétie^ veneU i-a; et eompares VJpoea" ij/ffc, chapitre x, versets 9*10.
F. ix] LIVRE VIIL a55
D*aussi loin que le Rat volt cette Huître qui bâille : « Qtt'aperçoi»-je ? dit-il, c'est quelque victuaille ; Et, si je ne me trompe à la couleur du mets, Je dois faire aujourd'hui bonne chère, ou jamais. » Là-dessus, maître Rat, plein de belle espérance, 3o Approche de l'écaillé, allonge un peu le cou, Se sent pris comme aux lacs^* ; car l'Huître tout d'un coup Se referme ^^ : et voilà ce que fait l'ignorance.
Cette fable contient plus d'un enseignement^^ :
Nous y voyons premièrement 3 5
Que ceux qui n'ont du monde aucune expérience Sont, aux moindres objets, frappés d'étonnement ; Et puis nous y pouvons apprendre Que tel est pris qui croyoit prendre".
ment tous en boirez un, et serez clerc iusques au foye. » (RàBSLAis, livre y, chapitre xlt, tome III, p. 171.) Au lieu de Tëtymologie, plus ingénieuse que probable, qu'implique ce passage, les 2>îctioniuûres de Furetière, et, d'après lui, de Trévoux, donnent celle-ci : c Ce proTerbe rient de ce qu'autrefois on ne tenoit personne pour savant jusqu*à ce qu'il fût passe docteur : ce qui ne se faisoit point qu'après de fort grands repas, où on exerçoit ses dents. » Lâttrë rattache bien plus naturellement cette locution à celle d' « arme jusqu'aux dents, » la science étant comparée à une armure. — Scarron {Virgile travesti^ 1648-1 65 a) a dit de même a savant jusqu'aux dents, » dans la paraphrase des vers 359-36 1 du livre III.
14. -^u lacs^ au singulier, dans les textes de 1671 et de 1679 Amsterdam. Pour l'orthographe de ce nom, voyez ci-après, la note du vers 1 3 de la fable xxn de ce livre VIII.
i5. c Voyez comme ce dernier mot est rejeté au commencement du vers, par une suspension qui met la chose sous les yeux, et le naturel de la leçon qui termine la phrase. » (Chamvo&t.) — Se renferme. (1679 Amsterdam.)
x6. Voyez ci-dessus, p. a5 a, la fin de la notice.