LB8 DEUX AMIS
thre Jés ImmUret ou la Conduite deê itou, p. ai4-»6. — BidpaT, tome II, p. 3o4-3o5, Uê Deux Jmis.
Cette fable te trouTe dam les Manuscrits de Trallage (Bibliothèque de PAnenal, n* 654i, soui le n* 80, fol. 177 (r* et t*). Elle est suivie immédiatement du Rai qui iegt retiré du monde (royez ci-destns, p. 106*107, la notice de la Cible m du livre VII); et au bas de cette dernière fable se lit cette date : c mai 167$ », qui semble s'appliquer à tontes les deux.
Ce conte du Lii^e des lunùères est du nombre de ceux qui ne se lisent ni dans le CalUa et Dimma^ ni dans le Panteekatantra, «- Voyes rintéressante analyse que M. Soullië a hite des Deux Jmh^ p. 3o8-3i3.
c Nul n'a parlé de f amitié comme la Fontaine, avec une émotion si Traie et si intime, dit M. Taine (p. 34-35), en rappelant cette fable et celle du Corbeau^ la Gazelle^ la Tortue^ et le Mat (la XT* du liyre XII). Nulle part elle n'a un élan si prompt et des ménagements si doux. » — Voltaire, ou, comme le dit V Avertissement des éditeurs de Kebl (p. laS), un de ses ëlèret, dans l'opuscule intitulé : Connaissance des beautés et des défauts de la poésie et de Péloquenee dans la langue fraufoise^ à l'article ÂMrriB (tome XXXIX, p. 1 54*1 55), cite les six derniers Tert de cette fable; mais c'est pour en prendre occasion de louer et de mettre bien au-dessus un endroit de la Henriade et deux passages tirés des épitres familières de son auteur. Le mot pudeur (vers s8) lui parait impropre. « H fallait honie^ dit*il ; on ne peut dire : foi la pudeur de pari» de^ 9ant vous^ au lieu de : Jf*ai honte de parler devant vous (TOjrex ciaprès la note 14); et l'on sent d'ailleurs que les derniers Ters sont faibles. Mais il règne dans ce morceau, quoique défectueux, un sentiment tendre et agréable, un air aisé et familier, propre an stjle des fables, d Bien entendu que, selon le même critique, les vers de Im Eonriade sont « dans un goût plus mllci plus élevé que le passage
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àt la Fontaine. » Mais il a du moins la bonne griee de reconnaître ^e lee « deux etylet oonnennent cliaonn k leur sujet, a Chamfort, qui n*a pu les mêmes laisons ponr mesurer la louange, ne la marehande pas : « La fin de cet apologue est au-dessus de tout âoge, dit-il ; tout le monde le sait par cœur. »
Deux vrais Amis vivoient au Monomotapa^ : L*im ne possëdoit rien qui n*appartînt à Tautre*. Les amis de ce pays-là Valent bien, dit-on, ceux du nôtre*.
Une nuit que chacun 8*occupoit au sommeil*, 5
I. Empire de TAfrique australe, habité par des Cafres d'un beau noir et bien faits. Il est tombé en dissolution par TefTet des guerres ciriles, à la fin du dix-huitième siècle et au dix-neurième. On sent qu'il y a une intention d'épigramme dans le choix de cette contrée, d*un nom étrange, si lointaine, si peu connue, bien propre à être le théâtre des merveilles et des choses peu croyables, d*un tel idéal d'amitié par exemple. Ce n'est point, cela Ta sans dire, un emprunt à l'original indien.
a. c Après ce rers qui dit tout, la Fontaine n'ajoute plus rien, a (CuAMToaT.) — « Ne nous réservant rien qui nous feust propre, nj qui feust ou sien ou mien, a a dit Montaigne (lirre I, chapitre xxm, ife r Amitié^ tome I, p. a54), parlant de lui et de la Boétie, de Punion parfaite des Imes, de Tabandon, non des biens, mais des volontés.
3. « Quelle grâce encore et quelle mesure dans ce mot : dit'on! Avec moins de goût, un autre poète aurait fait une sortie contre les amis de notre pays. C'est l'art de la Fontaine de faire entendre beaueoup plus qu'il ne dit. a (CniiiroaT.)
4. S'oeeuper à^ travailler à, et par extension, employer son temps iu On peut considérer comme transition d'un sens à l'autre le vers 594 de la satire x de Boileau :
n vaut mieux s'occuper à jouer qu'è médire ;
et comme analogue à la locution que nous avons ici : e s'occuper an sommeil, » celle-ci d'un autre ouvrage de notre auteur (Ui Cmp^ thnîé de sûint Miaie, vers Si 3) :
Dans un doitre éloigné, Malc s'occupe au silence. Conune antre complément remarquable, mais asses différent, du
FABLI8. [r. xi
Et mettoît i profit 1 abaeooe du soleil, Un de nos deux Amis tort da Kt on alarme; n court chez son intime, éreille les ralets : Morphée avoit touché le seuil de ce palais'^. L*Ami couché s*étonne ; il prend sa bourse, il s^arme', i o Vient trouver Tautre, et dit : c II vous arrive peu De courir quand on dort''; vous me paroîssiez' homme A mieux user du temps destiné pour le somme : N'auriez- vous point perdu tout votre argent au jeu? En voici. S'il vous est venu quelque querelle* 1 5
J'ai mon épée, allons*. Vous ennuyez -vous point De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle Étoit à mes côtés : voulez-vous qu'on !*appeUe ? — Non, dit l'Ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point'* :
même rerbe arec à, on peut citer en outre ce passage de Mme de S^vignë (lettre du i3 mars 1680, tome VI, p. 3o5) : « Quand nous sommes assez malheureux pour n'être point uniquement occupés à Dieu.... »
5. Sur Morphëe, fabrîcateur des songes, fils du dieu qui personnifie le sommeil et sourent le personnifiant lui-même, on peut Toir, au livre XI des Métamorphoses d*Ovide, les Ters 633 et sui- Tants. Morphée revient fréquemment chez la Fontaine, soit en rers, soit en prose, d*ordinaire comme le sommeil, deux fois seulement, crojons-nous, comme auteur des songes.