Aune uviJum, nunc sudum aera^ dit Faème (vers lo
6. C*est-4.-dire aussitôt qu'il aurait ouvert la bouche, sans même avoir besoin de parler. Dans les éditions originales, ainsi que dans le Recueil de poésies chrétiennes et diverses^ Porthographe du mot est haailié\ on a donc en tort, dans quelques éditions, d'écrire M//é, et de faire venir ce participe d'an verbe baUter^ qu'on explique par passer hml^ et qu'on trouve en vieux français au sens de « donner à bail », mais non, croyons-nous, dans celui de a prendre à bail ».
7. Ce vers est ainsi ponctué dans toutes les éditions originales. Le sens est : c Le contrat est passé; et notre homme.... » Le texte de 1679 (Amsterdam) et bon nombre d'éditions modernes n*ont qu'une virgule après Contrat passé^ ce qui donne une tournure de même sens que celle du vers i5 de /a Tortue et les deux Canards (fable n du livre X), où on lit dans l'édition originale (1679) :
Marché fait, les oiseaux forgent une machine Pour transporter la pèlerine.
8. a Ces laoUpleuty vente^ pour dire fait pleuvoir ^ fait n^nter^ ne sont pas français en ce sens, dit Chamfort. Ce sont de ces verbes que les grammairiens appellent impersonnels, parce que personne n'agit par eux ; mais la Fontaine a si bien préparé ces deux expressions par ce mot : tranche du roi des airs; ces mots pleut , çente semblent en cette occasion si naturels et si nécessaires , qu'il y aurait de la pédanterie à les critiquer. L'auteur brave la langue française et a l'air de l'enrichir. Ce sont de ces fautes qui ne réussissent qu'aux grands maîtres. » — Faute n'est certes pas le vrai mot \ c'est une
i4 FABLES. [r. ir
Un climat pour lui seul : ses plus proches voisins Ne s*en sentoient non plus que les Américains*. Ce fiii leur «ranlage : ik eurent bonne annëe,
Pleine moisson, pleine vinée**. %o
Monsieur le Receveur*^ fut très-mal partagé.
L'an suivant, voilà tout changé :
Il ajuste d'une autre sorte
La température des cieuz.
Son champ ne s'en trouve pas mieux; ^s
Celui de ses voisins fructifie et rapporte. Que fait-il? Il recourt au monarque des Dieux,
Il confesse son imprudence.
Jupiter en usa comme un maître fort doux.
Concluons que la Providence 3c^
Sait ce qu'il nous faut mieux que nous".
hardiesse de tour imitée de» anciens. Les Grecs ont dit : ZiW Cei, et en latin FaCrne (vers 4 ^t 5) a donné iVxemple à la Fontaine :
Fundum eolendum Ruttieus auondam ah Jo9% Conduxit m^ua parte eum iiio frnetuum^ Hac lege, ut omnem adiptius nutum Deus^ Ad Rusttci^ inqttam^ J ****** i summut Juppiter Plueret, serena faceret^ auras mitteret.
9. Que des Américains. (1668, in-40 et in-ia, 7i| 79 Amsterdam, 8a, 1799.)
10. Finée^ récolte de vin, vendange. Vojez les exemples du seizième siècle, de Marot et d'Olivier de Serre, cités par Littré.
11. Le Becfveur, le métajer, qui, avec sa propre part, récoltait celle du Dieu, a Je suis ravie de n*avoir plus de receveur, » dit Mme de Sévigné dans un sens analogue (tome X, p. ia3).
la. « Hélas! que nous savons peu ce que nous faisons, quand nous ne laissons pas au Ciel le soin des choses qu*il nous faut I »
(MoLiias, Dom Juan, acte IV, scène iv.)
Jupiter, mieux que nous, sait bien ce qu*il nous faut ;
Prétendre le guider serait folie extrême.
Sachons prendre le temps comme il veut IVnvoyer.
(Florian, livre V, fable x, U Prêtre de Jupiter,) — De la fable iv du livre IX, te Gland et la Citrouille^ se déduit une morale qui a grand rapport avec celle-ci.
T. t] livre VI. i5