Leur appui, figure synonyme de celle des Tert 33 et
6. c Reconnoissance » est un mot charmant; nos trois Turcs couvrent leur marché d*nn mot honnête, que ranteor coirige fin»> ment par le coûioUnt du rers suirant.
7. Goûte la proposition, se laisse persuader, légère nuance de la signification è^ obéir qu*a fréquemment ce Terbe.
8. Dans cette façon de parler, le Terbe /buer se joint le plus souvent à towr^ parfois à pièce. Le Dictiotmairê de Fureiiire (1690) est le seul où nous ayons trouvé le même complément qn*ici : « On dit aussi qu'on a joué un mauTais parti à quelqu'un, lorsqu'on Ta attrapé, qu'on lui a fait quelque vilain tour, s
9. Prenant les devants sur eux, n'attendant pas qu'ils l'envoient c protéger les trafiquants qui sont en l'autre monde, » au paradis de Mahomet. Le mot est répété à dessein au vers 18. -— Comparea livre VI, &ble xx, vers 18.
3o4 Fables. [r. xtih
Pour Mahomet, droit en son paradis '*,
Et sans tarder; sinon ces gens unis
Le préviendront, bien certains qu'à la ronde ^^
Il a des gens tout ^' prêts pour le venger ^' :
Quelque poison Ten voira ^* protéger so
Les trafiquants qui sont en Tautre monde*
Sur cet avis le. Turc se comporta
0)mme Alexandre^*; et, plein de confiance.
Chez le Marchand tout droit il s'en alla,
Se mit à table. On vit tant d^assurance a S
En ses discours et dans tout son maintien,
Qu'on ne crut point qu'il se doutât de rien.
« Ami, dit-il, je sais que tu me quittes ;
Même l'on veut que j'en craigne les suites ;
Mais je te crois un trop homme de bien**; 3o
Tu n'as point l'air d'un donneur de breuvage "•
Je n'en dis pas là-dessus davantage.
Quant à ces gens qui pensent t'appuyer,
Écoute-moi : sans tant de dialogue
10. Vojrez des figures analogues au vers 19 de la ftUe m du livre VII ; et ei*après, aux deux derniers rers de la faUe xnz du livre IX.
1 1 . Alentour, près de lui, sous sa main.
is. Tout^ sans Tarehaïque accord, est bien ici le texte.
x3. Pour le renger, les envoyant dans l'autre monde, de l'injure et du tort qu*ib lui font en lui enlevant son client.
i4> Pour cette vieille forme, la plus ordinaire encore alors, voyes la plupart des Lexiques de la Collection.
i5. A qui Ton avait dénoncé son médecin Philippe comme voulant Tempoisonner, et qui, prenant de sa main la médecine, l'avala, en lui tendant la lettre ou on le dénonçait. (Plutarque, f^ie tt Alexandre ^ chapitre xix; Quinte-Curce, livre III, chapitre vi.)
16. Construction à remarquer : nous omettrions mi devant trop.
17. D'un empoisonneur. C'est peut-ôtre le lieu de remarquer que les deux mots breupage et poiton sont, à considérer l'étymologie du second, vieille forme de potion^ féminine jusqu'au seizième siècle, absolument synonymes. Le mot breuvage est employé avec poison au livre XII, fable 1, vers 3a-33.
F. xyiu] LIVRE VIII. 3o5
Et de raisons qui pourroient t'ennuyer, 35
Je ne te veux conter qa*un apologae.
n étoit un Berger, son Chien et son troupeau. Quelqu^un lui demanda ce qu'il prétendoit faire
D'un Dogue de qui l'ordinaire Étoit un pain entier. Il falloit bien et beau^' 40
Donner cet animal au seigneur du village.
Lui, Berger, pour plus de ménage ^',
Auroit deux ou trois màtineaux *^, Qui, loi dépensant moins, veilleroient aux troupeaux
Bien mieux que cette bête seule. 4 S
Il mangeoit plus que trois ; mais on ne disoit pas
Qu'il avoit aussi triple gueule
Quand les loups livroient des combats.
Le Berger s'en défait ; il prend trois chiens de taille A lui dépenser moins, mais à fuir la bataille. 5o
Le troupeau s'en sentit; et tu te sentiras
Du choix de semblable canaille ^^
18. Nous avons déjà va ce tour, que remplace d*ordînaire aujourd'hui la construction inverse : a bel et bien, » au vers ai de la fable xvx du livre II, et le reverrons au vers i5 de la fable xvi du livre IX, ainsi qu'au conte 11 de la III* partie, vers ao4 :
11 la prêcha.... si bien et si beau.