Comparez la fable xi du lirrt II, vers ii
11. Cest la doctrine sur Futilité du luxe que Ton peut voir dé- Teloppée par Voltaire dans le Mondmn et dans la DifetuB du, Mtmdtûn ou Apologie du luxe {ORuvret^ tome XTV, p. ia6 et i35)*
II. Pour « Dieu le sait, Dieu sait combien I » — c User du luxe B n'est pas une locution courante, mais cela n'empécbe qu'elle ne soit juste et claire.
1 3. L'ouvrier, le marchand, le tailleur pour femmes, trèt-oommun alors, et qui l'est, dit-on, redevenu.
i4- Vojea ci-dessus, p. a49 ^ note 6.
i5« On se souvient des noms du surintendant Fouoquet, de Montauron, trésorier de l'Épargne ; les gens de lettres durent alors à plus d'un homme de finance des bîen&its qui n'étaient pas toujours gâtés par l'insolence. Voyes dans Corneille V Apure dédi'eatoire de CUuta à M. de Montauron, et le sévère jugement qu'en porte Voltaire, dans ses Commentaires sur Coraeille^ tome XXXV des Œuvres^ p. 19$, et dans le Dictionmahre phUoeophique^ ihidem^ tome XXVU, p. 209 et 54s« M. d'Hervart, qui recueillit la Fontaine après la mort de Mme de la Sablière, et ches qui il mourut, était aussi un financier, un ancien contrôleur général. — Comparez les derniers vers de la fable xiv du livre !•
r. xdl] livre VIII. 3ii
Eurent le sort qu'ils mérîtoient. So
L^homme lettré se tut, il avoit trop à dire. La guerre le vengea bien mieux qu'une satire. Mars détruisit le lieu que nos gens habitoient :
L'un et l'autre quitta'* sa ville.
L'ignorant resta sans asile : 3 5
n reçut partout des mépris ; L'autre reçut partout quelque faveur nouvelle ^'' :
Cela décida leur querelle.
Laissez dire les sots : le savoir a son prix**.
i6. L* Académie, dans un exemple de ses denx dernières éditions, autorise aussi bien le singulier que le pluriel, pour Taccord avec Pun et Fautre. Dans sa quatrième (1763), elle parait n'admettre que le pluriel. D est curieux que dans les trois précédentes elle n*ait aucun exemple Tobligeant à prendre parti au sujet de Taccord.
17. Comme, au rapport de Plutarque {Fie de Nie'uu^ chapitre xxxx), les athéniens, après leur déroute en Sicile, reçurent bon accueil des Siciliens, en leur récitant des vers d'Euripide. — A Fexemple choisi par le fabuliste de a PAvantage de la science », •^appliquent surtout bien directement les derniers mots : a ravage de la guerre, o de ce récit fait par Vitrure du naufrage d'Aristippe, où il nous le montre comblé de présents à la suite de ses leçons à Rhodes : Namque ea pera prmsidîa sont vitm quibut neque fortunm tem^ pestas miqua^ neque puhliearum rerum muiatio, neqtie Mil vasiatio pthtest noeere. {De /irchiteetura, livre VI, commencement de la prélace.)
18. Cette très-sage affirmation nVmpéche pas le poète, nonseulement de blâmer, dans la fable xxt de ce livre (vers 37), Taspiration exagérée à la science, mais même de s*écrier ailleurs, dans son Épure à Monseigneur Civéque de Soissons (Huet), vers 75-76 :
.... Hélas! qui sait eneor Si la science k Phomme est un si grand trésor?
et, dans son Poëme du Quinquina^ de faire suivre un morceau (vers iii-iaS) où il nous vante, en parlant des Sauvages, « le secours de l'ignorance, » de cette boutade qui implique très-médiocre estime de la science :
Pour nous, fils du savoir, ou, pour en parler mieux, Esclaves de ce don que nous ont fiait les Dieux....
3ia FABLES. [r.
FABLE XX
JUPITER ET LES TOntTERBES.
Sénèque, dans ses Questions naturelles (IWre II, chapitre xx.i), nous apprend qa*il y arait, diaprés la science augurale, trois sortes de tonnerres lances par Jupiter : Prima (manubia), ut aiunt (Etmsci), monet^ et plaeata est^ et tps'ius consilîo Jovîs mtttitur, Seeundam mittît quUfem Jupiter^ sed ex consUil sententia : dtiodeelm enim JDeos advoeat ; qum prodest quidem, sed non impune, Tertiam manubiam idem Jupiter mittît; sed adhlbitis in eonsilium Dits quos superiores.,,. vacant. Quss çastat,,,^ et inique mutât statum privatum et puhlieum, quem invenit,,,. Plus loin il ajoute (chapitre xuii) : Quare ergo id fulmen quod solus Jupiter miitit^ placabile est; perniciosum idy de quo deliberavit^ et quod aliis quaque Diis auetorihus misit ? Quia Jopem^ id est^ regem^ prodesse etiam solum oportet; nocere non nisi quum pluribus pisum est, Diseant a quicunqne magnam potentiam inter homines adepti sunt^ sine eonsilio nec fuimen quidem mitti; adjacent, considèrent muUorum sententias^ plaeita tempèrent ^ et hoc sibi proponant ^ ubi aliquid pereuti débet ^ ne Jovi quidem suum satis esse eonsilium. Dans le chapitre suivant, il cite les vers d^Ovide [Métamorphoses^ livre III, vers 3o5-3o7) où le poète décrit cette foudre moins redoutable, lepius, avec laquelle Jupiter se présente devant Sémélé, et il fait du mythe, inventé, dit-il, par des hommes d'une • haute sagesse, l'application suivante : lUos vero altiuimos viros error iste non tenuity ut existimarent Jovem modo levioribus fulminibus et lusoriis telis uti ; sed voluerunt odmonere eos quibus adversus peccata hominitm fulminandum est^ non eodem modo onmia esse percutienda .- qumdam frangi debere^ quÊsdam allidi et destringi^ qumdam admoveri, — La Fontaine, qui devait, peu d*années après (1681), &ire imprimer la traduction deêÉpitres de Sénèque par Pintrèl, en la revoyant lui-même', pouvait bien en ce moment lire avec son anii les ouvrages du philosophe. Toujours est-il que c^est là qu'est pris le sujet de cette fable : on n'en saurait douter quand ou compare les vers 14-18 et ceux de I«