I. Voyez, au tome I, la Notice biographique ^ p. cxxii
». xxj LIVRE VIII. 3i3
fin avec le passage de Sénèqae. Si Voltaire l*eût sa, il n'aurait pu dire, croyons-nous, dans son Dletionnaire phiiosopkîque^ à Tarticle ToHBSRHx (tome XXXII des Œuvres^ p. 385) : ce Je n'ai jamais bien compris la fable de Jupiter et des Tonnerres dans la Fontaine ; » ,ni ajouter, arec cette mauvaise humeur contre notre fabuliste que nous aTons eu plusieurs fois l'occasion de relever : « Avait-on donné à la Fontaine le sujet de cette mauvaise fable qu'il mit en mauvais vers si éloignes de son genre? Voulait-on dire que les ministres de Louis XIV étaient inflexibles, et que le Roi pardonnait ? > — Sur le sujet de l'apologue, la remarque de Chamfort, qui, lui, avoue comprendre, est plus fondée : « Cette fable pouvait, dit-il, avoir plus d'intérêt et plus de vraisemblance chez les anciens, qui attribuaient à difTerents dieux différents départements. Mais elle ne signifie pas grand'chose pour nous qui admettons une Providence, dispensatrice immédiate des biens et des maux. » Seulement il faut ajouter : c Idées et points de vue soit antiques, soit modernes, ne sont-ils pas tous également du domaine de la poésie? » — Pour les vers que Voltaire a appelés si lestement c mauvais, » on peut, ce nous semble, opposer hardiment à sa cri» tique cet éloge de Geruzez, appréciateur si délicat en ces matières : « Cette fable, composée tout entière de vers de sept syllabes, est un modèle de facilité élégante et harmoniebse dans le rhythme le moins favorable à l'harmonie. » On peut voir, dans la notice de la fable viii du livre VII (ci- dessus, p. 184-1 35), l'observation de M. Taine, laquelle se borne, quant au mètre, à l'uniformité qui, à ses yeux, fait tort à la pensée poétique.
Jupiter, voyant nos fautes,
Dit un jour, du haut des airs :
« Remplissons de nouveaux hôtes
Les cantons' de Tunivers
Habités par cette race $
Qui m'importune et me lasse'.
1. Les parties, les régions. Même mot dans Psyché (tome III M,-L.^ p. 43 et i58). c Qu*il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature. » (Pascal, Pensées^ édition Havet, p. 5.)
3. Ce discours rappelle ces vers de PlùUmon et Baucîs (29*3 1 et
3i4 FABLES. [v. zs
ya-t*en, Mercure, aux Enfers;
Amène-moi la Furie
La plus cruelle des trois*.
Race que j*ai trop chérie', t o
Tu périras cette fois. »
Jupiter ne tarda guère
A modérer son transport.
O vous, Rois, qu*il voulut faire
Arbitres de notre sort*, i S
Laissez, entre la colère
Et Torage qui la suit,
L^intervalle d'une nuit^.
Le Dieu dont Faile est légère.
Et la langue a des douceurs*, to
Alla voir les noires Sœurs.