‹ ŒuvresChapitre 131 sur 224 · X. Au flojet du proTerbe · texte numérisé non relu

X. Au flojet du proTerbe

Ceft le chien de Jean de NÎTdle, H s'enfuit quand on l'appelle,

on lit au tome V des Écrits inédUs de Saint-Simon^ publiés par M. Faogère*, que a les deux fils, Jean et Louis, de la première femme (de Jean II de Montmorency), furent déshérites par leur père pour aToir suiri, malgré lui, le parti du duc de Bourgogne contre Louis XI, Il fit sommer Taîné inutilement à son de trompe, le maudit, le traita de chien ; et c*est de cet aine, Jean, seigneur de Nirelle, qu'est Tenu le prorerbe du ehien de Jean de Nirelle qui s'enfuit quand on l'appelle. » Telle est l'explication le plus communément adoptée. Quitard, après l'aToir donnée, un peu modiûètj dans son Dictionnaire des Proverbes (184*9 P* >>5*)36), en cite une du Dictionnaire de Trépoux*^ qui la modifie encore plus, puis une antre qui £iit Tenir le proTcrbe du jacquemart ou homme de fer placé au haut du clocher de la Tille de NiTcUe (Brahant méridional) et nommé par le peuple : « Jean de NiTelle. » Il finit ainsi son article : « La Fontaine paraît aToir cru qu'il s'agissait d'un Téritable chien lorsqu'il a dit : a Une trattresse Toix, etc. » Si, comme en effet il paraît bien, il l'a cru, il n'était et n'est pas seul à entendre ainsi la locution. Qui, dans le peuple surtout, n'y Toit un Trai chien ? La plaisanterie, du reste, est Tieille et a cours, appliquée au chien, ailleurs que dans notre langue; pour ne citer qu'un «xenqple, les Italiens disent : Far corne U can éPjÊriotto^ ehe chiamato ce la haite*^ « fiûre comme le chien d'Arlotto, qui, appelé, décampe. »

s. On sait que le Mans est célèbre par ses Touilles. Comparei les Plaideurs^ de Racine, acte III, scène m, Ters 71a et 713-714* — Pour citoyen^ Toyes p. i36, note 5.

3, Germez, qui, trop délicat ici peut-être, ne trouTe pas la plaisanterie « d'un excellent goût, » fait remarquer que « la Fontaine

m Pag» 118, Dmekés et comtis-pairies éteints, titre MonnfoaBitGT.

S Ce dietionnaire la tire de VÊtjrmologie.,.. des proverbes franeois àt Fleory de BeUingen (lÎTre 1, chapitre tu, p. 3o, la Haye, i656), dont Pexplicatioii se termine par ces mota qui rendent bien raison du sens du proTerbe : « Tant pina on Tappeloît, tant plna il se hStoit de courir et de fuir. »

• Battersela ^nÎTant, dit le Dictionnaire délia Cnucoy è partirsi injretta^ € a'ea aller à la hâte. »

3ao FABLES. [p.

Étoit sommé de comparaître ^

Par^evant les lares" du maître, Au pied d*un tribunal que nous nommons foyer» Tous les gens lui crioient, pour déguiser la chose, « Petit, petit, petit ! » mais, loin de s'y fier, i o

Le Normand et demi* laissoit les gens crier.

aTftit dëjà fait dire à la ChauTe-sonris (lÎTre II, fable y, rers 9-10) :

Pardonnez-moi, . . .

Ce n^eit pas ma profession . »

Emplois analogues du mot métier aux livres IX, fable x, Ters Sa ; XI, fable m, yen 17; XII, fable ix, vers 34.

4. Il y a ainsi a comparaistre » et non, selon Torthographe du temps, « comparoistre », dans les deux éditions de 1678, et il 7 a de même un a, arec ou sans /, dans plusieurs autres anciens textes, pour rimer arec « maistre a ou a maître ». Celui de 1719 a a comparoitre a. «^ a Une sommation de comparaùro faite à un cbapon qu*on appelle pour le mettre à la broche, un foyer qui devient un tribunal érigé parnlevaMt les lares^ ce style nous semble bien relevé, dit Tabbé Guillon, pour un aussi petit objet, a C'est précisément ce sérieux qui est ici plaisant : il rappelle à Nodier Dandin, dans les Plaideurs de Racine, jugeant le chien Citron (acte III, scène m). La Fontaine excelle en ce genre. L'abbé Guillon a oublié d'ailleurs que ce chapon est a un citoyen du Mans, a

5. Les dieux domestiques. Ce mot du style noble, déjà tu cidessus, fable IX, vers a, est, comme nous venons de le dire, bien à sa place ici avant la sérieuse expression de a tribunal, a

6. a Les Normands sont rusés, dit Geruzez : que sera-ce qu'un Normand et demi ? » Les Manceaux partagent, chez nos vieux poètes et dans Topinion populaire, la réputation de finesse et de ruse qu'on a faite aux Normands*. Comparez un passage, significatif dans le même sens, des Mémoires de Saint-Simon, tome III (1881), p. 199 et note a, et une double citation de Guy Patin ajoutée à

« Fleury de fiellingen, dans son Éljrmologie des proverbes (p. i34), que nous venons de citer, reat qu'on inteq)rète tout autrement ces mots : « qu'un Manaeau ▼ant un Normand et demi. > « Cela se doit entendre, dit-il, en valeur, et non pas en méchanceté, • et il donne deux curieuses explications, entre les* quelles il parait nous laisser le choix. L'une est que les termes Manseau et Normand désignaient certaines pièces de monnaie ; Tautre, « qu'un Manseen valoit un Normand et demi en générosité, » c'est-à-dire en vaillance, d'après ce qui précède. Quitard, p. 5ao, répète cette double explication.

F. xxi] LIVRE VIII. 3ai

« Serviteur^, dîsoit-il; votre appât est grossier :

On ne m*y tient pas, et pour cause. » Cependant un Faucon sur sa perche ' voyoit

Notre Manceau qui s'enfuyoit. i5

Les cbapons ont en nous fort peu de confiance,

Soit instinct, soit expérience*.

Celui-ci, qui ne fut qu'avec peine attrapé, Devoity le lendemain, être d*un grand soupe, Fort à Taise en un plat, honneur dont la volaille ao

Se seroit passée aisément, L*Qiseau chasseur lui dit : « Ton peu d'entendement Me rend tout étonné**. Vous n'êtes que racaille", Gens grossiers, sans esprit, à qui l'on n'apprend rien. Pour moi, je sais chasser, et revenir au maître. a 5

Le vois*tu pas à la fenêtre ?

Il t'attend : es-tu sourd? — Je n'entends que trop bien. Repartit le Chapon ; mais que me veut-il dire ? Et ce beau cuisinier armé d'un grand couteau ?

cette note, p. 544 ^^ même tome III. — Quant au tour, fort expressif, c*est le même que dans la locution : A fripon, fripon et demi.

7. C*est, avec ellipse, la même locution qu'au vers i5 de la faible xra du livre VII : royez ci-dessus, p. 194 et note 4.

8. Mêmes mots, dans l'ordre inverse : « Sur la perche un faucon, » au conte v de la III* partie, rers 93.

9. Pour avoir tu le traitement subi par plus d'un de ses pareils : rojez ci-après les rers 34-36. — a Cela est plaisant, dit Chamfort au sujet de ce vers et du 19' ; et le Chapon qui

Deroit, le lendemain, être d'un grand soupe ! »

10. a Le discours de l'Oiseau chasseur, remarque Nodier, est du ton superbe qui convient à l'ami du maître, et la ranitë d'une demi-éducation y est exprimée avec une vérité incomparable. » — Dans Ysopet I (voyez la notice), l'Autour exprime, mais avec politesse, le même étonnement.

11. Ce mot exprime, dit Littré, un degré au-dessous de canaille. Il est appliqué dans le livre IV, fable vi, vers 33, à la plèbe des Rats.

J. DB LA FOBTAUIB. II ai

3aa FABLES. [f. xxi

Reviendrois-ta pour cet appeau^'? 3o

Lais8e*moi fiiir; cesse de rire De riadocilité qui me fait envoler*' Lorsque d*an ton si doux on s'en vient m'aj^ler.

IS ta Tojois mettre i la broche

Tons les jours autant de faucons 55

Que j'y vois mettre de chapons *\ Tu ne me ferois pas un semblable reproche. » .

II. Appttm déngne propremqit soit an cn^n lemiit k imiter le cri des oiteans, toit un oîicfta même dreiié pour attirer les aatret. Prendre le mot dans son sens primitif Rappel s*acGommodenit parfaitement an sens de ce passage : Toyez le dernier exemple cité par Littrë k THistorique de son article Âpphau.

i3. Poor cette ellipse de mê derant on infinitif r^éehi dépendant de fw€^ Toyea les dirers Letùfwê de la Collection, à l'artiele EuzpSB dans Flntroduetion grammaticale.

14. Dans Ysopet I, le même motif est allëgaë, mais a-reo compassion :

Le Chapon dit : « Fai grant angoigne {anmtse) Quant rois de mes fireres la poigne (peiae). a

— Dans la fable analysée par Benfey, à Tendroit cité dans la notice : « Je n'ai pas encore tu rutir de faucon, dit la Poule (substituée dans cette version an Chapon), ni à la broche, ni dans la poêle. »

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