LB CHAT BT LB RAT
A la page 608 du Speeimen sapîentm Indorum veterum du P. Poiusines (Rome, 1666 : Toyez ci-deMus, p. 146 et 184)1 on lit, dans la Tiu* dissertation, Tapologue du Chat et le Hat. C'est probablement là qne la Fontaine l'a pris, comme plasieurs autres (livre X, fables XI, XII et XT ; voyez en outre les notices des fables x et xti du livre Vil). La fable est aussi dans la traduction grecque par Siméon Seth, publiée, avec version latine, à Berlin, en 1697, par Stark, et mentionnée plus haut, p. i83, note 9 (Spécimen sapientm Indorum peterum^idest^ liber ethico-politicus pervetustus^etc,^ p. 383- 893). £Ue est donnée également par Cardonne, continuateur de Galland, dans les Contes et fables indiennes de Bidpai et de Lokman^ 1778, tome m, p. 62-91, sous ce titre : Histoire du Rat et du Chat; par Doni, la Filosofia morale (Trente, 1594)9 fol. x43; et par Malespini, livre II, nouvelle 91, Discorso gustepole di un Topo ed un Gattone selvatico, — M. Loiseleur Deslongchamps (p. 66, note i) fait observer que l'existence du Spécimen sapientim (de 1666) a pu être révélée à notre fabuliste par les détails que le docte évèque Huet, dans sa Lettre sur rorigine des romans^ donne sur la version grecque de Siméon Seth et sur la traduction latine du P. Poussines. Dans les Deux livres de Filosofie fabuleuse de Pierre de la Rivey (Paris, iSyy) se trouvent les mêmes fables que dans le Spécimen; « mais, ajoute Loiseleur Deslongchamps, Texamen de cet ouvrage m*a convaincu que la Fontaine n*y a pas puisé, d — Une autre source orientale où il n*a pu puiser non plus (elle était alors inconnue de l'Europe), mais curieuse â signaler, c'est le vaste poëme sanscrit le Mahdbhdrata^ où le même sujet est traité (an livre XII, stances 4980 et suivantes) de la manière la plus raffinée, comme dit M. Albrecht Weber (JnJUehe Studien, tome III, p. 846-347), par on subtil et madré politique indien.
« Le résultat de cette fable n'est pas une leçon de morale, remarque Cbamfort, mais elle est un conseil de prudence, et cette
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pradence n*a rien dont U morale soit hleatét. Ainsi Tapologue est tràs-bean. » — Quelques traits, quelques pieuses et mielleuses paroles du Chat rappellent à diTers commentateurs le Tartuffe de Molière, et en outre, à M. Taine (p. 129), le Joseph Surface de Sheridan (Toyez, ci-après, les notes 9, ii, i5, 17).
Quatre animaux divers, le Chat Grippe-fromage, Triste-oiseau le Hibou, Ronge-maille le Rat\
Dame Belette au long corsage ',
Toutes gens * d'esprit scélérat, Hantoient le tronc pourri d'un pin vieux et sauvage. 5 Tant y, furent, qu'un soir à Tentour de ce pin L'Homme tendit ses rets. Le Chat, de grand matin,
Sort pour aller chercher sa proie.
Les derniers traits de l'ombre empêchent qu'il ne voie Le filet ^ : il y tombe, en danger de mourir; xo
Et mon Chat de crier; et le Rat d'accourir^,
I. Ce sont là de Traies ëpithètes à la façon d*Homère, comme le remarque M. Taine (p. 3o3-3o4), et particulièrement, ajouterons-nous, de Ronsard, qui en cela imite Homère. La troisième rerient comme nom propre, au vers Sg, et cinq fois dans la fahle xt do livre Xn, aux vers xos, loS, 117, ia5, i3i, dont le premier est :
Rongemaille (le Rat eut à bon droit ce nom).
A tous ces Ters, Rongemaille^ sans trait d^union, dans les textes originaux. — « Le triste oiseau » désigne déjà le Hibou, non comme nom propre, au vers 6 de la fable xrin du livre V.
s. Vojrez ci-dessus, p. 186, note 11. Pour le mot corsage ^ comparez le conte iv de la III" partie, vers a85, le vn« de la IV* partie^ vers 37, et le vers a de VÉp^re au Boipour iMlli. fifalherbe a dit, dans VOiiê à Monsieur le grand éeujrer de France :
Achille étoit haut de corsage;
et Ménage, à propos de ce vers, fait cette remarque : « Ce mot est vieux, mais il est beau, et je ne sais pourquoi on ne s*en sert plus, s
3. A remarquer, devant le mot gens^ ce féminin, conforme an reste à la règle, d*un adjectif qui n'exprime pas qualité, mais nombre.
4. « Ce rejet, dit très-justement Geruzez, dérobe, pour ainsi dire, le filet, comme les derniers traits de V ombre qui le couvre. »