Voyez la fable xii du livre VII, vers 26-^j et note
9. La preuve de sagesse la plus propre sans doute à le faire passer pour fou fut Tabandon de ses richesses : Democritus dipitias projecit^ onus illas honm mentis exîstimans, (SÉiriQTTE, de Providentia^
34a FABLES. [f. xxti
L^erreur alla si loin qa* Abdère *^ députa
Vers Hippocrate et l'invita, lo
Par lettres et par ambassade, A venir rétablir la raison du malade : « Notre concitoyen, disoient-ils en pleurant**, Perd Tesprit : la lecture a gâté Démocrite; Nous Testimerions plus s'il étoit ignorant**. x5
« Aucun nombre, dit-il, les mondes ne limite*' :
chapitre ti, $ i.) ~* Démocrite, à la suite de Tentrerae qui ti être racontée, écrit à Hippocrate (lettre i8, p. 38i) : cTu rins.... tcts moi comme Ters an aliéné, prêt à m^administrer Thellébore, anr la foi d*homme8 insensés auprès de qui le labeur de la Tertu passe pour folie. »
xo. Petite rille de Thrace, dont les habitants n'aTaient paa, pour l'esprit, meilleure réputation que les Béotiens. G*est au sujet d^Abdère et de Démocrite, qui y était né«, que Jurénal a dit, dans la satire x, ren 49-^0 :
Summot poue Ptros et magna esempla datunu F'erpteum in pmtria erauoqu» iub €ter€ natci,
Gicéron dit que les doctrines de Démocrite, en tant que physicien (11/ phyiieus^ Toyez les Ters i6-ao), doctrines qu*il nomme c jeux 1 {migas) et ailleurs c débauches i d*esprit {flagiim)^ sont c plus dignes de la patrie de Démocrite que de Démocrite 3 {de la Divin»' tion^ livre II, chapitre xiii ; de la Nature des Dieux, lifre I, chapitres xxiT et XLm).
II. Disaient les Abd^tains dans leurs lettres et parleurs ambassadeurs, en s*apitoyant sur leur concitoyen. La lettre, citée, à Damagète, revient plusieurs fob sur la pitié, la tristesse de tonte la yille, et montre les habitants près de pleurer (p. 35 1). ^ Le pluriel s* explique par le sens collectif du mot Abdire qui précède, et Chamfort a tu dans ces vers une obscurité qui n^y est pas. S*ii n*y a point parfaite relation entre les mots, Taccord aTec Tidée est bien clair.
19. « Ce Ters est dWe naiTcté charmante, ditTabbé Guillon, comme Tingt autres répandus dans cet apologue. »
i3. C'est le système si spirituellement développé par Fontenelle
• Qoelquet-mis poortaat, dit Diogène de Lsërte, % i, le ibnt naître è Blilit.
F. zxTiJ LIVRE VIII. 343
« Peut-être même ils sont remplis
« De Démoerites infinis^^. »
Non content de ce songe, il y joint les atomes» Enfants d*un cerveau creux ^', invisibles fantômes** ; ao Et, mesurant les deux sans bouger d^id-bas, Il connott TuniverSt et ne se connoit pas".
dini YEmirêtUn sur la plunlké dêê moruiet. On peut lh« l'exposé def idées de Démocrite à Tendroit de Diogène cite en tête de la notice, et dans le chapitre xxx du Voyage du Jeune Anaeharsîs^ de Tabbë Baithëlemy ; et sa théorie des atomes, en particulier, dans les deux premiers lirres du poème de Naiura rerwn de Lucrèce, ou est mise en beaux Ters la philosophie d'Épicure, empmntëe, nous FaTons dit (note 6), pour tout ce qui est physique, à Démocrite.
i4* « Je ne sais pourquoi la Fontaine ajoute ces deux rers, dit Chamfort. Il n*est pas absurde de dire quUl y a im nombre infini de mondes; mais qn'ib soient pleins de Démoerites, je ne sais ce que cela Teut dire. » Chamfort ne le sait parce qu*il ignore, et plus d*on comme lui, conrenons-en, la Traie doctrine, ou rêverie, si Ton veut, de Démocrite. Notre auteur Ta trouvée dans la x*" des Lettres à Hippocrate (p. 3s3) : « (Démocrite) raconte qu*il voyage dans Tespace infini et qu*il j a d'innombrables Démoerites semblables à lui. » Elle est clairement développée, dans les jieadénùqueê de Cicëron, livre II, chapitre xni : D^ocrite dit qu^il y a des mondes innombrables et qu'il n'y a pas entre eux la moindre différence, que tous contiennent donc mêmes choses, mêmes hommes ; et Cicéron, terminant par une plaisanterie semblable à celle du fabuliste, dont ici l'exactitude est vraiment étonnante, applique à son interlocuteur Lutatius Gitulus ce que les Abdéritains disent de Démocrite: Quiuh.... in hU„„ innumeraèilièus (mundu) innumerabiUs Q, Lutatu Catuli non modo poss'mt eue^ sed etiam tint. Tout ce qu^il y aurait peut-être à reprendre en cet endroit de l'apologue, c'est que les lecteurs y sont supposés plus instruits qu'ils ne le sont pour la plupart.
x5. Voyez ci-dessus, la fin de la note 9.