‹ ŒuvresChapitre 147 sur 224 · Vojez ci-des«u8, p. 164 et note i · texte numérisé non relu

Vojez ci-des«u8, p. 164 et note i

1 1 . Même locution au rers 104 du conte t de la II* partie.

19. BAme de SëTÎgnë, dans ses Lettres^ rappelle plusieiu*s fois ce passage (tome VI, p. 4 et 36o ; tome IX, p. 435 ; tome X, p. 458). C*est la contre-partie des vers a-3 de la fable Tin du livre I :

.... Quiconque a beaucoup tu Peut avoir beaucoup retenu.

— Pour aitfii, dans ce tour négatif, voyez les diTers Lexiques,

i3. a La réponse du voyageur, dit l'abbé Guillon, ne le cède point en délicatesse au discours de son ami. Il peut s*abuser, mais il ne trompe pas : il compte rapporter de son absence une ample récolte d'agréments, non pour lui, mais pour son frère. 9

i4< Ce participe est employé, sans /ou/, dans la fable vn du livre V, vers 10, et substantivement dans le conte xii de la III* partie, vers II. Nous avons vu le verbe ce se morfondit », à la fable xv . du livre VII, vers 45.

i5. Un pigeon servant d*appeau.

364 FABLES. [r. n

Il y vole, il est pris : ce blé couvroît d'un las"

Les menteurs et traîtres appas^^ 40

Le las étoit usé : si bien que, de son aile, De ses pieds, de son bec, Toiseau le rompt enfin ; Quelque plume y périt ; et le pis du destin Fut qu'un certain vautour, à la serre cruelle, Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle 4 5

Et les morceaux du las qui Tavoit attrapé ,

Sembloit un forçat échappé.

Le vautour s'en alloit le lier " , quand des nues Fond à son tour un aigle aux ailes étendues. Le Pigeon profita du conflit des voleurs, Sa

S'envola, s'abattit auprès d'une masure,

Crut, pour ce coup, que ses malheurs

Finiroient par cette aventure ; Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié'*) Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié 55

16. C'est Torthographe ici, où elle rend la rime plus exacte, et de même, sans ce motif, aux Ters 4i et 46, de rëdition de 1679, comme aussi des textes de i68a, 88, 1708, 99 : royez plus haut, p. 3a5, note 6.

17. Sur appas ^ au sens d^ appâts ^ qui rend également ici la rime plus exacte aux yeux, rojez V Essai sur la langue de la Fontaine de M. Martj-La veaux, p. i3-a7, et son Lexique de Corneille^ tome I, p. 63-64.

18. « On dît qu*un oiseau de proie.... lie le gibier, pour dire qu*il Tarréte ayec la serre, n [Dictionnaire de P Académie^ 1^40

19. Hémistiche su de tous et accusation qu*on a mainte occasion de répéter, parce que, arec inconscience souvent, l'enfance, dans sa légèreté, trop fréquemment la justifie. La Fontaine, dans une lettre écrite de Limoges à sa femme, le 19 septembre i663, aroue qu'il a peu de goût pour cet âge : a De vous dire quelle est la famille de ce parent, et quel nombre d'enfants il a, c'est ce que je n'ai pas remarqué, mon humeur n'étant nullement de m'arréter à ce petit peuple'. >» — Nous trouvons aussi un enfant artisan, mais inconscient, de malheur, dans Us Filles de Minée ^ vers 438-44 1« Comme

« Voyex, au tome I, la Notice hiograpkiqmef p. zi.vi-zi.vu.

r. Il] LIYRB IX. 365

La volatile*^ malheureuse, Qui, maudissant sa curiosité,

Traînant Taile*^ et tirant le pie,

Demi-morte et demi-boiteuse,

Droit au logis s*en retourna : 60

Que bien, que mal^, elle arriva

Sans autre aventure fâcheuse. '

Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.

Amants, heureux amants*^, voulez- vous voyager? 65

traits pen indulgents, on peut comparer les premiers Ters de la fable ▼ du livre IX et le rers 4 de la fable n du livre XI.

ao. L*Académie, qui n'indique pas le genre de ce mot dans sa i** édition (1694) et le fait masculin dans toutes les suivantes, dit, dans sa dernière seulement, qu*il c est aussi quelquefois féminin. 1» Riclielet (1679) ne donne que polatiiU^ par deux /, qu'il qualifie de « mot burlesque 9 signifiant c tout animal qui vole, > tandis que l'Académie, qui, dans toutes ses éditions, a aussi cette forme en i//r, conjointement avec Tautre en 1/0, entend la première seule des c oiseaux bons à manger. » Nous trouverons la forme çolaiille au livre XII, faible xii, vers 87, et au vers 90 de PhiUmon et Batteit,

91. Ces mots reviennent au vers ai de la fable xi du livre X; et, avec de : a traînant de l'aile », dans le Discours à Mme de la SabUère à la suite du livre IX, vers 81. — A la fin du vers, pU^ pour la rime, dans les anciennes éditions (1679-1729)9 comme au vers 5 de la fable xiv du livre III.

sa. Que bien, que mal, selon nos fantasies,

Nous escrivons souvent des poésies.

(Chabubs Fobtaihb, épitre à Sagon, vers 6i-6a, tome I, p. 349, des Œuvres de Clément Marot^ édition P. Jannet, 1873.)

— Même location au vers 43 du conte m de la III* partie. L'efTet imitatif qu'elle produit ici suggère à Geruzez la remarque suivante : a Mettez à la place tant bien que mal^ dont le sens est le même (le sens et la mesure), le charme est détruit, l'image s'efface, on ne voit plus la démarche demi-boiteuse de la volatile, s

a3. Voyez plus haut, la note i, et, dans la notice, p. 359-36o, la remarque de Chamfort sur ce passage. — Dans un endroit analogue

3d6 FABLES. [r. u

Qae ce soit aux mes prochainefl.

Soyez-YOïu Tun à l^aatre un monde toujours bean,

Toujours dnrers**, toujours nouveau ; Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien* le reste. Tai quelquefois* aimé : je n*auroîs pas alors 70

Contre le Louvre et ses trésors, G>nlre le firmament et sa voûte céleste,

CSiangé les bois, changé les lieux Honorés par les pas, éclairés par les yeux *

De Taimable et jeune Bergère 75

des FiUet de Minée (tcts 33o-33i), où il s*agit égalemeot du danger qae Ton court en Toyage, la Fontaine, employant la même épithète, appelle la mer : c L^élément

Qoi doit être ^ritë de tout heureux amant. »

24. An Ters 37 de la ùàAe xtn do litre II, noas avons eet mêmes mot» opposés à a toujours égal ».

95. Mien pour jm.... rÎM. L'ancien nom r«0t, sortoat dans le langage fiiimilier, passe ainsi soorent, employé sans ite, de son sens positif originaire, an sens négatif.

a6. Quelquefois^ an sens archaïque d*aii« /W#, comme le montre la suite : la « jeune Bergère a et le temps du verbe « servis s, vers 75-77. Littré cite de ce sens deux vieux exemples, et nous disons encore quelque jour pour un jour. Toutefois il ne faut pas entendre c une seule fois, » mais a une fois entre autres ; > il s^agit d'un fait déterminé ; rauteur du sonnet Peur Mademoiselle de Pous^ say* {Amaranie)^ publié en 167 1 (tomeV M,'L,, p. 63), ne peut, ni ne veut hypocritement, le donner pour un fait unique dans sa vie :

Pavois brisé les fers d'AmInte et de Sylvie, J'étois libre, et vivois content et sans amour... ! Quand du milieu d*un cloître Amarante est sortie.

Nous ne chercherons pas à lire le nom propre qui se cache, cinq vers plus bas, sous le nom commun Bergère : ce serait perdre sa peine. Les mots : c premiers serments », du vers 77, marquent, ce semble, un très-ancien souvenir, un premier amour.

97. Le poète a pris ce vers entier dans une lettre en prose et en

• Voyes la Hhiiee hiograpkiquej p. lzxxxx.

w. Il] LIVRE IX. 367

Pour qui, sous le fils de Cythère^, Je servis, engagé par mes premiers serments. Hélas I quand reviendront de semblables moments ? Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants Me laissent vivre au gré de mon àme inquiète** ? So Ah I si mon cœur osoit encor se renflammer^ ! Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?

Ai-je passé le temps d'aimer^^ ?

Terty adressée par lui, en juin 167 1, à la duchesse de Bouillon :

Peut-on s*ennuyer en des lieux Honorés par les pas, éclairés par les yeux Diine aimable et vire princesse?

Voyez aussiy pour les premiers mots : et honorés par les pas, » conte II de la V* partie, yen 70; et Voltaire, NuU blanche de Sully ^ tome XIV des ORwreSy p. Si5. -^ L*abbé Guillon juge cet hémistiche : éclairés par les jeux^ « trop hyperbolique, bon pour les Églé de Ronsard et de Voiture, b Geruzez trouTe tout le rers M délicieux », et nous sommes de son aTis. — a La princesse [de Tarente] éclaire ces bois comme la nymphe Galatée, » dit Mme de Se- ▼igné dans une lettre du 29 septembre 1680 (tome VII, p. 90).

s 8. Cjrihère pour Cythérée^ c'est-à-dire Vénus, la déesse adorée à Cythère, dans cette île du golfe laconique où elle avait d*abord abordé à sa naissance. Même forme au rers loa du conte xti de la IV" partie, et dans une épître(tome V ^.-Z., p. i8a). Dans le Fvf^le travesti de Scarron (livre IV, traduction du vers latin 9s), Junon, s'adressant à Vénus, dit pareillement : « Dame Cythère. »

39. C'est-à-dire, comme le veut mon a humeur inquiète » (vers 9o), n*osantf ne pouvant rester arrêté, attaché à aucun. Sens identique d'inquiet au vers 7 de ki 11'* élégie.

3o. Voyez de vieux exemples de ce composé dans le Dictionnaire de lÀttré, — Corneille, à Tacte IV, scène i, vers 109a, de Mélite, s'est servi, au mdme sens, du verbe rembraser.

3i. En 1679, date où parut cette fable, le poète avait cinquantehuit ans. Dans la lettre à la duchesse de Bouillon, de 1671, que nous citions tout à Theure (note 27)^ il répondait franchement oui à sa question.

Pour moi le temps d'aimer est passé, je Tavoue. — « La Fontaine, dit Sainte-Beuve, est notre seul grand poète

a68 FABLES. [f. ii

personnel et réTeur arant André Chénier. Il se met rolontiers dans ses rers, et nous entretient de lui, de son ame, de ses caprices et de ses faiblesses. Son accent respire d'ordinaire la malice, la gaieté, et le conteur grirois nous rit du coin de Tail, en branlant la tête. Mais souTent aussi il a des tons qui Tiennent du cœur et une tendresse mélancolique qui le rapproche des pdêtes de notre âge. Ceux du seizième siècle araient bien eu déjà quelque aTant-gout de r6verie; mais elle manquait chez eux d'inspiration indiTiduelle, et ressemblait trop à un lieu commun uniforme, d'après Pétrarque et Bembo. La Fontaine lui rendit un caractère primitif d'expression vive et discrète ; il la débarrassa de tout ce qu'elle pouvait aroir contracté de banal ou de sensuel ; Platon, par ce côté, lui fut bon à quelque chose, comme il Tarait été à Pétrarque; et quand le poète s'écrie dans une de ses fables délicieuses :

Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête? Ai -je passé le temps d'aimer?

ce mot charmé^ ainsi employé en un sens indéfini et tout métaphysique, marque en poésie firançaise un progrès noureau qu'ont relevé et poursuivi plus tard André Chénier et ses successeurs. » (Portraits littéraires, i86s, tome I, p. 59-60.)

r. ui] LIVRE IX. 369

FABLE III

Page 1